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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2114599

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2114599

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2114599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantCABINET GENTILHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 22 novembre 2021, 1er avril 2022 et 15 novembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Investia, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 24 juin 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de cette commune, ensemble la décision du 22 septembre 2021 de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de rejet de son recours gracieux a été prise par une autorité incompétente ;

- la délibération en litige été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ainsi que de la délibération du 15 février 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme de la commune dès lors que le rapport de présentation, le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation, le plan de zonage et le règlement ont fait l'objet de modifications postérieurement au dépôt du rapport du commissaire enquêteur, traduisant une " nouvelle phase d'évolution " du plan local d'urbanisme qui devait, en conséquence, être soumise, en application de la délibération du 15 février 2018, à une nouvelle réunion publique ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ainsi que celles des articles R. 151-1 à R. 151-5 du même code, eu égard à l'insuffisance du rapport de présentation ; en particulier, d'une part, le rapport de présentation ne comporte pas l'exposé des motifs du changement entre les anciennes dispositions du règlement de la zone UR et les nouvelles, plus particulièrement concernant la création de la bande d'inconstructibilité, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-5 du code de l'urbanisme ; à cet égard, le schéma de la page 85 du rapport de présentation exposant la situation après la révision ne fait état que de la règle relative aux constructions implantées sur la même propriété, et non à la règle interdisant toute construction principale au-delà de 30 mètres comptés depuis l'alignement ; en outre, il n'est pas fait état des motifs dans le rapport de présentation, au sens des dispositions de l'article R. 151-5 du code de l'urbanisme, relatifs à la création de cette nouvelle règle ; d'autre part, le rapport de présentation est insuffisant en ce qui concerne l'inventaire des capacités de stationnement, tel qu'imposé par les dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ; il ne présente pas un inventaire détaillé des places de stationnement disponibles dans la commune, en termes de quantité, de localisation et de type de stationnement ; ainsi, si le rapport de présentation présente " 16 stations de vélos " et " 4 bornes de recharge pour les véhicules électriques ", il ne localise pas l'emplacement de ces installations ; il n'est pas davantage précisé si ces bornes ou " stations vélos " font partie de parcs ouverts au public ; le nombre de places de stationnement pour les " véhicules motorisés " n'est pas plus renseigné, le rapport se contentant d'exposer qu'il y aurait plus de 7000 places, dont 70 pour les personnes à mobilité réduite dans les " parkings ouverts " au public ;

- le plan local d'urbanisme de la commune méconnaît les dispositions de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme en ce qu'il est incompatible avec le plan de déplacements urbains d'Île-de-France, dès lors que son règlement de la zone UA impose des obligations minimales en matière de places de stationnement pour les constructions à usage de bureaux, en exigeant que soit créée a minima une place de stationnement pour 45 m2 de surface de plancher d'une construction à usage de bureaux située à moins de 500 mètres d'une gare, alors que le plan de déplacements urbains d'Île-de-France fixe une norme maximale en n'autorisant la construction que d'une seule place de stationnement " à moins de 500 mètres d'un point de desserte " pour 45m2 de surface de plancher s'agissant des constructions à destination de bureaux ; le règlement de la zone UA ne fixe ainsi aucune limite maximale d'aire de stationnement à ne pas dépasser s'agissant des constructions à usage de bureaux ; par ailleurs, le règlement applicable à la zone UC, définie comme étant à destination " commerciale " dans le règlement, ne mentionne pas cette limite du nombre de places de stationnement à réaliser pour les constructions à usage de bureaux ; de même, le règlement de la zone UI, zone dédiée, aux bureaux et bâtiments industriels, ne comporte pas davantage de limite quant au nombre de places de stationnement à réaliser ; ainsi, 50 % des zones urbaines de la commune ne contiennent aucune disposition transposant la limitation du nombre de places issue du plan de déplacements urbains d'Île-de-France ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, en particulier l'article 1.1.1 du règlement de la zone UR interdisant les constructions à destination d'industrie, d'entrepôt ou encore d'exploitation et l'article 1.1.2 en autorisant les constructions à usage de commerces et de service dans le respect de conditions strictes, n'est pas cohérent avec les objectifs de développement de l'activité économique définis et identifiés dans le projet d'aménagement et de développement durables ; d'une part, l'interdiction faite, par le règlement de la zone UR d'implanter des activités économiques paraît méconnaître l'objectif de renforcement des pôles d'activités en " apportant une réponse aux besoins du quotidien ", le projet d'aménagement et de développement durables précisant qu'il faut " maintenir les logements, les équipements, les services et les commerces existants ", tout en " permettant la création de logements, le développement des équipements, services et commerces " ; d'autre part, la création d'une zone urbaine, destinée exclusivement à un usage d'habitation apparaît méconnaître l'objectif B fixé au chapitre III du projet d'aménagement et de développement durables visant à " mettre en adéquation les équipements et les services publics avec l'évolution démographique et assurer le développement économique " et l'orientation prise pour atteindre cet objectif consistant à encourager le développement économique et la " proximité habitat/emploi " ; enfin, l'article 1.1.1 du règlement de la zone UR méconnaît donc plusieurs objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, à savoir ceux fixés au chapitre I visant à " Affirmer une centralité fédératrice pour la commune et l'articuler avec les polarités de proximité ", et au chapitre III tendant à " Organiser le développement de la commune en termes résidentiels et économiques " ;

- le classement de ses terrains en zone UR, définie comme une zone à vocation principalement résidentielle, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 janvier 2022 et 30 octobre 2023, la commune de Montigny-Lès-Cormeilles, représentée par Me Brault, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS Investia au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas accompagnée de la décision attaquée en méconnaissance des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par la SAS Investia ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 novembre 2023, la clôture d'instruction a été reportée en dernier lieu au 30 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Saïh, rapporteure ;

- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public ;

- les observations de Me Guranna, substituant Me Gentilhomme, représentant la SAS Investia ;

- et les observations de Me Brault, représentant la commune de Montigny-Lès-Cormeilles.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 24 juin 2021, le conseil municipal de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles a approuvé le plan local d'urbanisme de cette commune. La SAS Investia a présenté le 21 août 2021 un recours gracieux, tendant au retrait de cette délibération, qui a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 22 septembre 2021. Par la présente requête, la SAS Investia demande l'annulation de la délibération du 24 juin 2021, ensemble la décision du 22 septembre 2021 par laquelle la commune de Montigny-Lès-Cormeilles a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.

3. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré d'un vice d'incompétence entachant la décision du 22 septembre 2021 du maire de Montigny-Lès-Cormeilles rejetant le recours gracieux de la SAS Investia est inopérant et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L.L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. / La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ". Aux termes de l'article L. 103-2 du même code : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° Les procédures suivantes : / a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ; / b) La modification du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme soumise à évaluation environnementale ; / c) La mise en compatibilité du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme soumise à évaluation environnementale ; / d) L'élaboration et la révision de la carte communale soumises à évaluation environnementale ; / 2° La création d'une zone d'aménagement concerté ; / 3° Les projets et opérations d'aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie, notamment ceux susceptibles d'affecter l'environnement, au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, ou l'activité économique, dont la liste est arrêtée par décret en Conseil d'Etat ; / 4° Les projets de renouvellement urbain. ". Aux termes de l'article L. 600-11 du même code : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution. ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme doit être précédée d'une concertation associant les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées. L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public doit, avant que ne soit engagée la concertation, délibérer, d'une part, et au moins dans leurs grandes lignes, sur les objectifs poursuivis par la commune ou l'intercommunalité en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme, et, d'autre part, sur les modalités de la concertation. Si cette délibération est susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir, son illégalité ne peut, en revanche, eu égard à son objet et à sa portée, être utilement invoquée contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation, au regard des modalités définies par la délibération prescrivant la révision du document d'urbanisme, demeurent par ailleurs invocables à l'occasion d'un recours contre le plan local d'urbanisme approuvé.

6. Il est constant que la délibération du 15 février 2018 prescrivant l'élaboration d'un plan local d'urbanisme, définissant les objectifs poursuivis et fixant les modalités de la concertation, prévoyait l'organisation d'une réunion publique pour chaque grande phase d'évolution du plan local d'urbanisme et sur le projet d'aménagement et de développement durable communal, la mise à disposition du public, durant toute la phase de concertation, d'un dossier contenant, au fur et à mesure de son avancement, les éléments du projet, ainsi qu'un registre, et l'information des Ignymontains sur le projet via des bulletins d'informations dans le journal municipal et sur le site internet de la ville. Il n'est pas contesté que ces modalités ont été respectées. Si la société requérante se prévaut des différentes modifications apportées au projet après l'enquête publique, une telle circonstance ne traduit, en tout état de cause, pas une insuffisance des modalités de la concertation, dès lors que ces différentes modifications sont postérieures au projet de plan local d'urbanisme arrêté par la délibération n°20.098 du conseil municipal du 3 décembre 2020. Dès lors, le moyen tiré de ce que la concertation n'aurait pas été suffisante ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ". Aux termes de l'article R. 151-1 du même code : " Pour l'application de l'article L. 151-4, le rapport de présentation : / 1° Expose les principales conclusions du diagnostic sur lequel il s'appuie ainsi que, le cas échéant, les analyses des résultats de l'application du plan prévues par les articles L. 153-27 à L. 153-30 et comporte, en annexe, les études et les évaluations dont elles sont issues ; / 2° Analyse les capacités de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis identifiés par le rapport de présentation en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 151-4 ; / 3° Analyse l'état initial de l'environnement, expose la manière dont le plan prend en compte le souci de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement ainsi que les effets et incidences attendus de sa mise en œuvre sur celui-ci. ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; / 3° La complémentarité de ces dispositions avec les orientations d'aménagement et de programmation mentionnées à l'article L. 151-6 ; / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ; / 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 ; / 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. / Ces justifications sont regroupées dans le rapport. ". Aux termes de l'article R. 151-5 dudit code : " Le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés lorsque le plan local d'urbanisme est : / 1° Révisé dans les cas prévus aux 2° et 3° de l'article L. 153-31 ; / 2° Modifié ; / 3° Mis en compatibilité. ".

8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les modifications du règlement du plan local d'urbanisme de Montigny-Lès-Cormeilles consistent notamment en l'interdiction de toute construction principale au-delà de 30 mètres comptés depuis l'alignement au sein de la zone UR initialement classé en zone UC. Le rapport de présentation, qui présente les modifications apportées aux règles d'implantation des bâtiments au sein de cette zone, indique que l'enjeu est de " maîtriser l'évolution des espaces d'habitat de type " pavillonnaire " pour en préserver les caractéristiques environnementales (). " Le rapport de présentation précise également que " Le changement des règles réduit le potentiel constructible de la zone mais cette réduction est compensée par les logements accueillis dans les sites de projet (ZAC de la gare, abords du boulevard Victor Bordier). Elles contribuent à maintenir une qualité du cadre de vie dans ces espaces fortement exposés au phénomène de densification dans le contexte francilien. ". Dans ces conditions, les modifications apportées aux règles d'implantation des bâtiments doivent être regardées comme suffisamment motivées par le rapport de présentation.

9. D'autre part, le diagnostic du rapport de présentation comprend un inventaire des capacités de stationnement des véhicules. Cet inventaire indique le nombre total de places de stationnement disponibles dans les parkings ouverts au public, le nombre de stations de vélos et de bornes de recharge pour les véhicules électriques. Il mentionne également les zones dans lesquelles le stationnement est gratuit, limité à 30 minutes et géré par un disque horaire. Si la société requérante critique l'absence de précision sur les capacités de stationnement selon le " type " de véhicules, elle ne démontre pas que des capacités de stationnement propres à différents types de véhicules existaient sur le territoire communal à la date de la délibération attaquée et auraient été omises. En outre, si la société requérante fait valoir que le rapport de présentation n'apporte aucune précision quant à la localisation des aires de stationnement, des stations de vélos ou des bornes de recharge, les dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme n'impose pas d'indiquer l'emplacement des stationnements et installations existants sur les espaces publics. Enfin, la circonstance que le rapport de présentation ne précise pas que les stations de vélos et les bornes de recharges pour les voitures électriques sont situés dans les parcs ouverts au public n'est pas irrégulière dès lors que l'autorité compétente n'est tenue de recenser, en application des dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, les capacités de stationnement des parcs ouverts au public. Par suite, eu égard en particulier à la taille de la commune, le rapport de présentation n'est pas insuffisant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation sur ce point doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; / 2° Les schémas de mise en valeur de la mer prévus à l'article 57 de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l'Etat ; / 3° Les plans de mobilité prévus à l'article L. 1214-1 du code des transports ; / 4° Les programmes locaux de l'habitat prévus à l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation. / Le plan local d'urbanisme n'est pas illégal du seul fait qu'il autorise la construction de plus de logements que les obligations minimales du programme local de l'habitat n'en prévoient. ". Aux termes de l'article L. 1214-1 du code des transports : " Le plan de mobilité détermine les principes régissant l'organisation de la mobilité des personnes et du transport des marchandises, la circulation et le stationnement dans le ressort territorial de l'autorité organisatrice de la mobilité. Il est élaboré par cette dernière en tenant compte de la diversité des composantes du territoire ainsi que des besoins de la population, en lien avec les collectivités territoriales limitrophes. Le plan de mobilité vise à contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre liées au secteur des transports, selon une trajectoire cohérente avec les engagements de la France en matière de lutte contre le changement climatique, à la lutte contre la pollution de l'air et la pollution sonore ainsi qu'à la préservation de la biodiversité. ". Aux termes de l'article L. 1214-4 du même code : " Le plan de mobilité délimite les périmètres à l'intérieur desquels les conditions de desserte par les transports publics réguliers permettent de réduire ou de supprimer les obligations imposées par les plans locaux d'urbanisme et les plans de sauvegarde et de mise en valeur en matière de réalisation d'aires de stationnement, notamment lors de la construction d'immeubles de bureaux, ou à l'intérieur desquels les documents d'urbanisme fixent un nombre maximum d'aires de stationnement à réaliser lors de la construction de bâtiments à usage autre que d'habitation. / Il précise, en fonction, notamment, de la desserte en transports publics réguliers et, le cas échéant, en tenant compte de la destination des bâtiments, les limites des obligations imposées par les plans locaux d'urbanisme et les plans de sauvegarde et de mise en valeur en matière de réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés et les minima des obligations de stationnement pour les véhicules non motorisés. ".

11. La société requérante fait valoir que le règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UA est incompatible avec le plan de déplacements urbains d'Ile-de-France qui prévoit que lors de la construction d'immeubles de bureaux situés " A moins de 500 mètres d'un point de desserte de transport en commun structurante, il ne pourra être construit plus d'une place pour 45 m2 de surface de plancher (). ", dès lors qu'il prévoit de créer a minima une place de stationnement pour 45 m2 de surface de plancher s'agissant des constructions à usage de bureaux situées à moins de 500 mètres d'une gare. Toutefois, le plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles s'assure du respect des orientations du plan de déplacements urbains d'Ile-de-France au regard en particulier du rapport de présentation qui précise que " Il sera réalisé une place de stationnement automobile maximum pour 45 m2 de surface de plancher pour les constructions situées à moins de 500 mètres d'une gare. ". En outre, le règlement de la zone UA exige lors de la construction d'immeubles de bureaux " une place de stationnement automobile pour 45 m2 de surface de plancher pour les constructions situées à moins de 500 mètres d'une gare ". En outre, contrairement à ce qui est soutenu, le règlement applicable à la zone UC et à la zone UI, mentionne bien l'obligation similaire de créer " une place de stationnement automobile pour 45 m² de surface de plancher " pour les constructions à usage de bureaux " situées à moins de 500 mètres d'une gare ". La circonstance que ce règlement ne prescrit pas une obligation maximale de réalisation d'aire de stationnement pour les constructions d'immeubles de bureaux n'est pas de nature à établir que le plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles serait incompatible avec le plan de déplacements urbains d'Ile-de-France. Dans ces conditions, la société requérante ne démontre aucune incompatibilité du plan local d'urbanisme avec les orientations du plan de déplacements urbains d'Ile-de-France. Le moyen doit, ainsi, être écarté.

12. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles. ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

13. D'autre part, aux termes de l'article 1.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UR, relatif aux occupations et utilisation du sol interdites : " Sont interdits : / - Les constructions et installations à destination : / o D'exploitation agricole, / o D'exploitation forestière ; / o D'industrie ; / o D'entrepôt ; / o De centre de congrès et d'exposition ; / - Les constructions et installations présentant un danger grave ou des risques d'insalubrité pour le voisinage ; / - Les dépôts de matériaux ou de déchets à l'air libre ; / - Les carrières ; / - La pratique du camping, en dehors des terrains aménagés à cet effet ; / - L'aménagement de terrains de camping et de parcs de résidences légères de loisirs ; / - Les installations de caravanes ou habitations légères de loisirs en dehors des terrains aménagés à cet effet ; / - Les garages collectifs de caravanes et de résidences légères de loisirs ; / - L'aménagement d'aires de stationnement pour les gens du voyage ; / - Les installations et travaux divers suivants : / o Les parcs d'attraction ; / o les dépôts de véhicules (véhicules neufs ou usagés) ; / Implantation par rapport à l'A15 : / - Zone non aedificandi : toutes occupations ou utilisations du sol soumises à autorisation sont interdites, à l'exception des équipements publics liés à la voirie et aux réseaux divers. Sont également autorisées les aménagements et extensions limitées des constructions existantes, leur reconstruction en cas de sinistre. / - Première marge de recul : toutes les constructions nouvelles à usage d'habitation sont interdites. Ces dispositions ne s'appliquent pas à l'aménagement, l'extension d'une construction existante ou à la reconstruction d'un bâtiment sinistré. ". Aux termes de l'article 1.1.2. du même règlement, relatif aux occupations et utilisations du sol admises sous condition : " Sont admis sous condition : / - A condition que les nuisances et dangers soient maîtrisées eu égard à la présence d'équipements et d'habitations : / o Les constructions et installations à destination de commerce ou activités de service. / - A condition que celles-ci n'entraînent pas de nuisance incompatible avec le caractère résidentiel de la zone, sont autorisés : / o L'agrandissement et la transformation de constructions à usage agricole existante à la date d'approbation du PLU ; / o Les constructions et installations dans la limite de 20m² à usage d'exploitation agricole, liée à une exploitation existante ; / - La réalisation d'outillages nécessaires à l'exploitation ferroviaire dont l'implantation est commandée par des impératifs techniques ; / - Les batteries de garages à rez-de-chaussée sous réserve de ne pas présenter plus de deux box en front à rue ; / - Le stationnement de caravane sur le terrain où est implantée la construction constituant la résidence de l'utilisateur ; / Les affouillements et exhaussements du sol, s'ils sont liés à des travaux autorisés et si les exhaussements ne conduisent pas à créer une surélévation de plus de 60 cm par rapport au niveau du terrain avant travaux en cas de réutilisation des terres issues des affouillements réalisés sur le terrain ; / Les constructions et installations à destination de commerce ou activités de service, d'équipements d'intérêt collectif et services publics ou de bureau, à condition : / - qu'elles soient implantées au-delà d'une bande de 50 mètres, comptée à partir de la limite d'emprise de la RD 14 ; / - que toutes les dispositions soient prises pour limiter les risques d'incendie ou d'explosion et pour que l'environnement n'ait pas à en souffrir ; / - qu'elles n'apportent pas une gêne qui excède les inconvénients normaux du voisinage ; / - qu'ils soient implantées en sous-sol, rez-de-chaussée ou au premier étage des constructions ; / En dérogation à l'article R151-21 du Code de l'urbanisme, et sauf exception mentionnée ci-après, dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles du PLU s'appliquent à chaque lot issu de la division. / La division d'une construction en plusieurs logements devra faire l'objet d'une déclaration préalable. / Dans les secteurs repérés sur le plan de zonage du Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN), les projets de constructions devront respecter le règlement du PPRN. ".

14. Enfin, le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles tend à " Affirmer une centralité fédératrice pour la commune et l'articuler avec les polarités de proximité ". Dans ce cadre, il a notamment pour objectif de " Renforcer les pôles d'attractivité en apportant une réponse aux besoins du quotidien ", lequel se décline par le maintien des logements, des équipements, des services et des commerces existants d'une part et par la création de logements, le développement des équipements, services et commerces. Le PADD du plan local d'urbanisme de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles vise également à " Organiser le développement de la commune en termes résidentiels et économiques ". Dans ce cadre, il fixe également comme objectif de " mettre en adéquation les équipements et les services publics avec l'évolution démographique et assurer le développement économique ". A cette fin, le PADD entend " Encourager le développement économique et la proximité habitat/emplois ".

15. En l'espèce, la société requérante soutient que le règlement du plan local d'urbanisme de la commune applicable à la zone UR, en interdisant les constructions à destination d'industrie, d'entrepôt ou encore d'exploitation et en autorisant sous conditions les constructions à usage de commerces et de service, n'est pas cohérent avec les objectifs de développement de l'activité économique définis et identifiés dans le projet d'aménagement et de développement durables. Toutefois, il ressort du PADD que la commune de Montigny-Lès-Cormeilles s'est engagée dans une démarche de valorisation de l'environnement. A cette fin, le PADD s'est fixée trois objectifs consistant d'une part à affirmer une centralité fédératrice pour la commune et l'articuler avec les polarités de proximité, d'autre part à développer la biodiversité et l'écologie urbaine qui constituent des leviers pour améliorer la qualité de vie et enfin, à organiser le développement de la commune en termes résidentiels et économiques. A cette fin, les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu définir la zone UR en une zone correspondant aux espaces urbanisés à vocation principalement résidentielle. Selon le rapport de présentation, " les dispositions applicables dans cette zone ont pour objectif de préserver le caractère paysager de ces espaces afin de maintenir une diversité de forme d'habitat " au sein de la commune. Pour prendre en compte la préservation et la mise en valeur de l'environnement, la densité de construction autorisée est réduite dans cette zone pour imposer la création d'espaces végétalisés, inciter à la création de toitures et façades végétalisées et assurer une meilleure qualité du paysage urbain. A cet égard, le rapport de présentation justifie le choix des dispositions applicables en zone UR en indiquant qu'elles " visent à préserver les caractéristiques des espaces d'habitat de type " pavillonnaire ", ce qui contribue à une diversité de type de logements sur la commune. Ces dispositions mettent en œuvre l'orientation du PADD visant à permettre aux Ignymontains de suivre leur parcours résidentiel sur la commune. Et les orientations du PADD visant à mettre en valeur l'environnement. / Pour mettre en œuvre l'orientation du PADD visant à mettre en valeur l'environnement, les dispositions du règlement applicables en zone UR complètent les orientations de l'OAP dite " trame verte et bleue " notamment en imposant une végétalisation des espaces non bâtis. (). ". Par suite, alors le règlement de la zone UR n'interdit notamment pas les constructions et installations à destination de commerce ou activités de service, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le règlement du plan local d'urbanisme serait incohérent avec les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ".

17. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

18. La SAS Investia est propriétaire d'un ensemble industriel cadastré sur les parcelles AV 54, 67, 79, 85, 87, 90, 151, 170, 171, 172, 230, 217, 231, au lieudit " Sous le Bois " et des parcelles cadastrées AV 271, 278, 290, 296 au lieudit " Rue de Conflans ". Elle soutient que le classement de ses parcelles en zone UR identifiée comme une zone " à vocation principalement résidentielle " est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et de faits matériellement inexacts aux motifs que de nombreux complexes commerciaux se trouvent dans cette zone, plus de 25 % de la surface de cette zone accueille des entreprises disposant d'entrepôts, et que sont ainsi présentes des constructions à vocation non-résidentielle.

19. Aux termes du règlement du plan local d'urbanisme, la zone UR " correspond aux espaces urbanisés à vocation principalement résidentielle ". Cette zone UR est liée au pôle commercial de la route départementale 14. Or, ainsi qu'il a été dit, la commune de Montigny-Lès-Cormeilles s'est engagée dans une démarche de valorisation de l'environnement et, dans ce cadre, le PADD de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles s'est fixé trois objectifs consistant en particulier à affirmer une centralité fédératrice pour la commune et l'articuler avec les polarités de proximité. Précisément, le PADD entend développer une nouvelle centralité le long de la route départementale 14, après avoir constaté que " Du fait du nombre de grands ensembles commerciaux qu'elle accueille, à l'origine d'un fort impact paysager, la RD14 se cantonne à un usage commercial qui ne lui permet pas de faire centre-ville. Sa situation centrale à l'échelle communale doit être valorisée en restructurant son tissu dans une perspective de mixité d'usages et de fonctions. Pour pérenniser son attractivité et garantir sa fonction de centralité, conférer un caractère urbain à l'axe avec un partage convenable de la voirie entre cheminements doux et véhicules motorisés doit être une priorité. ". Le PADD entend ainsi d'une part accueillir une diversité de fonctions : commerces, équipements, logements, en accueillant de nouveaux équipements, en diversifiant le parc de logements existant pour permettre un parcours résidentiel complet à l'échelle de la commune et en créant une offre d'activité diverses en rez-de-chaussée le long de la route départementale 14 et d'autre part, assurer une bonne qualité de l'espace public aux abords de la route départementale 14 pour créer et accompagner la nouvelle attractivité du centre-ville. Ainsi, les parcelles en cause, si elles se situent à proximité de grands ensembles commerciaux, font également partie d'un espace comprenant des habitations à l'ouest. En outre, il ressort des pièces du dossier que les auteurs du plan local d'urbanisme, ainsi qu'il ressort des mentions du projet d'aménagement et de développement durables, ont eu pour intention, compte tenu de la situation centrale de la zone à l'échelle communale, de valoriser cet espace en restructurant son tissu dans une perspective de mixité d'usages et de fonctions. Dans ces conditions, en classant en zone UR les parcelles en cause, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas commis, compte tenu des orientations du projet d'aménagement et de développement durables, une erreur manifeste d'appréciation et ne se sont pas fondés sur des faits matériellement inexacts.

20. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête doit être rejetée.

Sur les frais d'instance :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montigny-Lès-Cormeilles, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SAS Investia la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Montigny-Lès-Cormeilles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Investia est rejetée.

Article 2 : La SAS Investia versera à la commune de Montigny-Lès-Cormeilles la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Investia et à la commune de Montigny-Lès-Cormeilles.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.

La rapporteure,

Signé

Z. Saïh

Le président,

Signé

T. Bertoncini La greffière,

Signé

K. Nabunda

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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