vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPLANTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2021 et 12 juillet 2022, Mme E C, épouse D, représentée par Me Laplante, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Beauchamp a refusé d'accorder un permis de construire à M. et Mme B, sur un terrain situé 43 chemin de la Butte de la Bergère à Beauchamp ;
2°) d'enjoindre à la commune de Beauchamp de délivrer le permis de construire sollicité ou, à défaut, de réexaminer la demande de permis de construire, le tout dans un délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la partie défenderesse la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué fait à tort application des règles édictées par le plan local d'urbanisme édicté postérieurement à l'obtention par l'intéressée d'un certificat d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 février 2022 et 26 juillet 2022 (non communiqué), la commune de Beauchamp, représentée par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que l'intéressée est dépourvue d'intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à M. et Mme B qui n'ont pas transmis d'observations.
Par une ordonnance du 11 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet suivant.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Probert, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public.
- et les observations de Me Laplante, représentant Mme C, épouse D et de Me Estellon substituant Me Lamorlette, représentant la commune de Beauchamp.
Une note en délibérée présentée pour Mme C, épouse D, a été enregistrée le 26 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, épouse D a contracté avec les époux B en vue de la cession d'un bien dont elle est propriétaire situé 43, chemin de la Butte de la Bergère à Beauchamp. Par la présente requête, l'intéressée demande l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Beauchamp a refusé de délivrer aux époux B un permis de construire pour un projet de construction situé sur ce même terrain.
Sur la légalité de l'arrêté :
En ce qui concerne les dispositions applicables au litige :
2. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause, à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ". Aux termes de l'article L. 424-1 de ce code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " l'autorité compétente () peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan [local d'urbanisme] dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU). Lorsque le plan en cours d'élaboration, et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'un certificat d'urbanisme positif a été délivré pour le terrain d'assiette du projet, le 27 janvier 2020, et que la délibération de la commune de Beauchamp approuvant la révision du plan local d'urbanisme a été approuvée le 6 février 2020. D'une part, cette délibération a été approuvée dans le délai de dix-huit mois prévu par l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme et d'autre part, la commune avait approuvé le débat sur le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) par une délibération du 28 juin 2018. Ce PADD comprend trois axes majeurs, le premier consistant à limiter les impacts du développement urbain sur les milieux naturels et préserver un cadre de vie de qualité. Cet axe se décline en plusieurs objectifs, notamment celui d'assurer le maintien et la protection des éléments favorables à la nature en ville, tels que des cœurs d'îlot, ou celui de renforcer la qualité paysagère des quartiers résidentiels, en préservant le patrimoine arboré des jardins et fonds de parcelle, identifiés comme des espaces de respiration au sein du tissu urbain. L'article UB 4 du règlement du PLU issu de la révision du plan, en limitant la bande de constructibilité à 20 mètres de profondeur depuis l'alignement des voies, participe à la réalisation de ces objectifs. Compte tenu de la géométrie particulière de la parcelle du terrain d'assiette, dont la totalité de l'emprise susceptible d'être construite est située à près de 50 mètres de la voie publique, l'application des nouvelles règles du plan empêche toute construction, contribuant ainsi à préserver des espaces paysagers en fond de parcelle. Au regard des objectifs précités du PADD, traduits notamment dans le nouvel article UB 4 du PLU, le projet était de nature, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan. Les conditions du sursis à statuer étant ainsi réunies, c'est à bon droit que l'autorité administrative a fait application des dispositions du nouveau PLU pour instruire le permis de construire sollicité. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L 410-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens :
5. En premier lieu, la motivation des décisions par lesquelles l'administration compétente rejette une demande d'autorisation de construire est intégralement régie par les dispositions spéciales du code de l'urbanisme. Au surplus, la décision attaquée comportait les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et était suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui est inopérant, doit être écarté.
6. En second lieu, il résulte du point 4 que la décision attaquée ne procède pas au retrait du certificat d'urbanisme délivré à la requérante. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2021 du maire de Beauchamp doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
8. Il résulte du point précédent que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Beauchamp, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante une somme à verser à la commune de Beauchamp sur ce même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Beauchamp sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, épouse D, à M. et Mme B et la commune de Beauchamp.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme L'Hermine, conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
L. Probert
Le président,
signé
L. BuissonLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026