jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | THOMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2021 et des pièces complémentaires enregistrées le 16 février 2022, M. A B, représenté par Me Thomas, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour " salarié " ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et en tout état de cause de le munir d'une autorisation provisoire de séjour valide jusqu'à ce qu'il ait été statué à nouveau sur sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du refus de délivrance du titre de séjour :
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 5221-3 du code du travail ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à son insertion professionnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité entachant la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juillet 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé cette dernière de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure ;
- et les observations de Me Thomas, représentant de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 11 mars 1973 à Touissit (Maroc), est entré sur le territoire français en dernier lieu en 2017 selon ses dires. Le 2 mars 2021, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié et son admission exceptionnelle au séjour en se prévalant de son insertion professionnelle. Par un arrêté du 27 octobre 2021, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il ressort de l'examen de la décision attaquée que le préfet a mentionné les textes sur lesquels cette décision repose et notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, l'accord franco-marocain, les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin les dispositions applicables du code du travail. En outre, il décrit la situation personnelle et professionnelle de l'intéressé en des termes non stéréotypés et précise les motifs pour lesquels il n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé, et cette motivation révèle un examen personnalisé de la situation du requérant.
4. En second lieu, l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente :1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail.
5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour au requérant, le préfet s'est fondé sur le fait qu'il ne justifiait ni de la production d'un visa de long séjour ni de celle d'un contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail. Le préfet a pu légalement, pour ces seuls motifs, refuser de délivrer un titre de séjour à M. B. En outre, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions du 8° de l'article R. 5221-3 du code du travail dès lors que n'étant pas en possession d'une carte de séjour temporaire au moment de sa demande de titre de séjour, il n'entrait pas dans le champ d'application de cet article. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit sera écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a travaillé au sein de la société l'Epi d'or entre juillet 2015 et avril 2016 puis en qualité de responsable de magasin au sein de la boulangerie " Le Moulin d'Ermont " entre avril 2018 et décembre 2020. Toutefois, il ne produit aucun document de nature à établir qu'il aurait exercé une activité professionnelle à compter de décembre 2020. Aussi, si les éléments produits au dossier et notamment ses bulletins de salaire attestent de ses efforts d'insertion par le travail, ils ne sont pas de nature à caractériser un motif exceptionnel justifiant une régularisation sur le fondement du pouvoir discrétionnaire du préfet. Par ailleurs, les pièces qu'il produit ne permettent pas d'établir qu'il aurait créé en France des relations personnelles et familiales d'une particulière intensité. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à la régularisation de sa situation dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire.
7. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant doit également être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, M. B n'établit pas que la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
9. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision que le préfet n'aurait pas procédé à un examen approfondi et particulier de la situation du requérant. Le moyen ainsi soulevé contre cette décision doit donc être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
11. M. B fait valoir sa durée de présence sur le territoire français depuis 2017, son expérience professionnelle en qualité de responsable de magasin depuis avril 2018 et son insertion sociale et professionnelle dans la société. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille sur le territoire et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa mère et une partie de sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans. En outre, il ne justifie pas, par les pièces versées, de l'intensité de son insertion sociale dans la société française. Par suite, nonobstant ses efforts d'insertion professionnelle, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur la situation personnelle de M. B doivent être écartés.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Bellity, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
assistés de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
T. Debourg
La présidente,
Signé
H. Le Griel
La greffière,
Signé
D. Bonfanti
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
POUR AMPLIATION, LE GREFFIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026