mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114976 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | STUART |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2021 sous le n° 2114976, et un mémoire complémentaire, enregistré le 1er septembre2022, M. B A, représenté par Me Stuart, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 23 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Bois-Colombes s'est opposé, au nom de la commune, à la déclaration préalable ayant pour objet des travaux d'aménagement d'une toiture terrasse, ensemble le rejet implicite de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la commune de délivrer à M. A un certificat d'autorisation dans un délai d'un mois à compter de la publication du présent jugement et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa déclaration préalable dans un délai d'un mois sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été notifié le 10 juin 2021, postérieurement à la naissance d'un permis de construire tacite le 8 juin 2021, si bien que l'arrêté du 4 juin 2021 doit être regardé comme un retrait sans avoir respecté la procédure contradictoire imposée par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur de droit en ce que le projet ne méconnait pas l'article UD 10.2 du plan local d'urbanisme de la ville de Bois-Colombes ; il améliore par ailleurs la conformité du bâtiment existant avec les dispositions du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la commune de Bois-Colombes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'arrêté a été signé dans le délai d'instruction, si bien que la décision attaquée n'est pas un retrait mais une décision d'opposition à déclaration préalable ;
- en tout état de cause, les moyens tirés du vice de procédure ne sauraient prospérer, en ce que le maire se trouvait en situation de compétence liée ;
- aucun autre moyen de la requête n'est fondé.
II- Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022 sous le n°2206243, et un mémoire complémentaire enregistré le 10 mai 2024, M. B A, représenté par Me Stuart, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 10 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Bois-Colombes s'est opposé, au nom de la commune, à la déclaration préalable ayant pour objet des travaux d'aménagement d'une toiture terrasse, ensemble la décision du 8 mars 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la commune de délivrer à M. A un certificat d'autorisation dans un délai d'un mois à compter de la publication du présent jugement et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa déclaration préalable dans un délai d'un mois sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2114976, et soutient, en outre, que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait, les travaux projetés prévoyant de réduire la hauteur de l'édicule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, la commune de Bois-Colombes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient les mêmes arguments que dans le mémoire enregistré sous le n° 2114976, et fait valoir en outre qu'aucun élément du dossier ne permet de connaitre précisément la hauteur totale de la construction projetée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- et les observations orales de Me Reis, substituant Me Stuart, representant la commune de Bois-Colombes.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé en mairie de Bois-Colombes, le 25 mai 2021, une déclaration préalable pour des travaux d'aménagement d'une toiture terrasse d'un immeuble situé 51 rue Jean-Jaurès sur le territoire de la commune. Par un arrêté du 23 juin 2021, notifié le 29 juin, le maire de Bois-Colombes s'y est opposé au motif que la réalisation du projet méconnait les dispositions de l'article UD 10.2 du plan local d'urbanisme de la commune. Après le rejet implicite de son recours gracieux, par une requête enregistrée sous le n° 2114976, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Le 12 novembre 2021, M. A a déposé auprès de la commune de Bois-Colombes un nouveau dossier de déclaration préalable, auquel la commune s'est opposée par un arrêté du 10 décembre, notifié le 24 suivant au requérant. Le 27 janvier 2022, le requérant a formulé un nouveau recours gracieux qui a été rejeté par une décision du 8 mars 2022. Par une requête enregistrée sous le n° 2206243, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 10 décembre 2021, ensemble la décision de rejet du recours gracieux du 8 mars 2022.
3. Les requêtes n° 2114976 et n° 2206243 présentées pour M. A sont relatives à la situation d'un même requérant et présentent à juger des questions similaires. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la date de notification des arrêtés des 23 juin et 10 décembre 2021 et la nature des décisions en litige :
4. Aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. ". Selon l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ". Aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : a) Décision de non opposition à déclaration préalable () ".
5. Selon l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme, et sous réserve des exceptions prévues par ce code, le silence gardé par l'autorité compétente au terme du délai d'instruction sur une déclaration préalable ou une demande de permis au titre du code de l'urbanisme vaut, selon les cas, décision tacite de non-opposition à cette déclaration ou permis tacite de construire, d'aménager ou de démolir. Il en résulte que l'auteur d'une déclaration préalable ou d'une demande de permis est réputé être titulaire d'une décision de non opposition ou d'un permis tacite si aucune décision ne lui a été notifiée avant l'expiration du délai réglementaire d'instruction de son dossier. Lorsque la décision refusant le permis ou s'opposant au projet ayant fait l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, ainsi que le prévoit le premier alinéa de l'article R. 424-10 du même code, le demandeur est, comme l'indique explicitement l'article R. 423-47 de ce code s'agissant de la notification de la liste des pièces manquantes en cas de dossier incomplet et de la notification de la majoration, de la prolongation ou de la suspension du délai d'instruction d'une demande, réputé avoir reçu notification de la décision à la date de la première présentation du courrier par lequel elle lui est adressée. Il incombe à l'administration, lorsque sa décision est parvenue au pétitionnaire après l'expiration de ce délai et qu'elle entend contester devant le juge administratif l'existence d'une décision implicite de non opposition préalable ou d'un permis tacite, d'établir la date à laquelle le pli portant notification sa décision a régulièrement fait l'objet d'une première présentation à l'adresse de l'intéressé.
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable de travaux, déposée le 25 mai 2021 à la mairie de Bois-Colombes, a fait naître à l'égard de M. A une autorisation tacite de non-opposition à déclaration préalable le 25 juin suivant. Par suite, l'arrêté en date du 23 juin notifié au pétitionnaire le 29 juin, a eu, implicitement mais nécessairement, pour effet de retirer la décision implicite de non-opposition à déclaration préalable intervenue le 25 juin.
7. En second lieu, la deuxième déclaration préalable déposée à la mairie de Bois-Colombes le 12 novembre 2021, a également fait naitre une décision implicite de non-opposition à l'issue du délai d'instruction d'un mois, soit le 12 décembre suivant. Ainsi, l'arrêté d'opposition à déclaration préalable en date du 10 décembre 2021, en tant qu'il n'a été notifié que le 24 décembre au demandeur, doit être regardé comme un retrait de l'autorisation implicite de travaux dont il est bénéficiaire depuis le 12 décembre 2021.
En ce qui concerne la légalité des arrêtés attaqués :
8. D'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. () ". Il résulte de ces dispositions que le retrait d'une décision de non-opposition à la déclaration préalable constitue une faculté et non une obligation pour l'administration, dès lors que l'autorité d'urbanisme compétente n'est pas saisie par un tiers d'une demande en ce sens.
10. Si la commune de Bois-Colombes fait valoir que l'illégalité des décisions de non-opposition à déclaration préalable la plaçait en situation de compétence liée pour retirer les décisions tacites nées le 25 juin et 12 décembre 2021, il résulte des dispositions citées ci-dessus que le maire de Bois-Colombes pouvait retirer cette non-opposition à déclaration préalable, à supposer qu'elle ait été illégale, dans les délais prévus par ces dispositions, mais que ce retrait constituait une faculté, et non une obligation, dès lors que le maire n'était pas saisi d'une demande en ce sens. Il s'ensuit que, contrairement à ce que fait valoir en défense la commune de Bois-Colombes pour opposer l'inopérance des moyens de la requête, la maire de Bois-Colombes n'était pas en situation de compétence liée pour retirer les décisions de non-opposition à déclaration préalable tacite nées le 25 juin 2021 et le 12 décembre 2021.
11. Il est constant que M. A n'a pas été informé de l'intention de la commune de procéder au retrait des décisions tacites dont il était titulaire et n'a pas été en mesure de faire valoir ses observations. Dans ces conditions, l'absence d'une procédure contradictoire régulière, antérieure à la prise de la décision de retrait du 29 juin 2021 comme celle du 24 décembre, a privé M. A d'une garantie et est susceptible d'avoir eu une influence sur le sens de la décision prise. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le maire de Bois-Colombes, qui ne se trouvait pas en situation de compétence liée, a prononcé les retraits litigieux à la suite d'une procédure irrégulière.
12. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'ensemble des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Lorsqu'une décision créatrice de droits est retirée et que ce retrait est annulé, la décision initiale est rétablie à compter de la date de lecture de la décision juridictionnelle prononçant cette annulation.
15. Le présent jugement qui prononce l'annulation des décisions de retrait du 29 juin et du 24 décembre 2021 implique nécessairement que le maire de la commune de Bois-Colombes délivre à M. A un certificat de non-opposition à la déclaration préalable dans chacune des requêtes en application de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au maire de Bois-Colombes de délivrer ce certificat.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
17. Sur le fondement des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bois-Colombes qui est la partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros au bénéfice de M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du maire de la commune de Bois-Colombes en date du 23 juin 2021 et du 10 décembre 2021 et les décisions du 3 octobre 2021 et du 8 mars 2022 rejetant les recours gracieux à leur encontre sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Bois-Colombes de délivrer à M. A un certificat de non-opposition à déclaration préalable, dans chacune des requêtes, en application de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme.
Article 3 : La commune de Bois-Colombes versera à M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la commune de Bois-Colombes.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Eustache, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le président-rapporteur,
signé
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
Z. Saïh
La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision., 2206243
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026