vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MOROSOLI |
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 16 décembre 2021, Mme C A, épouse D, représenté par Me Morosoli, demande au tribunal : 1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un certificat de résidence pour raisons de santé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ; 2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ; 3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, en cas d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou de la décision fixant le pays de renvoi, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ; 4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, en cas d'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, de procéder à la suppression du signalement dont elle a fait l'objet dans le système d'information Schengen ; 5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 440 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Mme A soutient que : S'agissant du refus de séjour : - la décision est entachée d'incompétence ; - elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avis régulier du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; - le préfet s'est cru à tort lié par ce même avis; - la décision méconnaît les stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français : - elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ; - elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi : - elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'éloignement.S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français : - elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'éloignement ; - elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé. Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 avril 2022. Vu : - les décisions attaquées ; - les autres pièces du dossier. Vu : - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. Mme C A, épouse D, ressortissante algérienne née le 20 septembre 1969, est entré en France le 9 novembre 2018. Elle s'est vue délivrer un certificat de résidence algérien en raison de son état de santé du 14 septembre 2020 au 13 septembre 2021, dont elle a sollicité le renouvellement. Par un arrêté du 24 novembre 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer le certificat de résidence sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Sur la légalité de l'arrêté du 24 novembre 2021 : 2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé: " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". 3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays d'éloignement, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. 4. Pour refuser à Mme A, épouse D, la délivrance du titre de séjour qu'elle sollicitait sur le fondement de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, le préfet des Hauts-de-Seine, au vu de l'avis rendu le 22 octobre 2021 par le collège de médecins de l'OFII, a estimé que l'interruption de la prise en charge médicale, dont bénéficiait l'intéressée, l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que les soins et les traitements requis par son état de santé étaient disponibles dans son pays d'origine. 5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, épouse D, est atteinte d'une insuffisance rénale chronique terminale ayant nécessité une transplantation rénale réalisée en novembre 2018. Il ressort des attestations de mars et mai 2020 et 10 décembre 2021 d'un néphrologue praticien hospitalier de l'hôpital Saint-Louis, médecin traitant de l'intéressée, que cette opération a suscité l'apparition d'anticorps dits " anti-donneur " nécessitant une prise en charge spécifique par des cures d'immunoglobuline, la réalisation d'une biopsie rénale du greffon, une surveillance médicale et immunologique stricte, ainsi qu'un traitement médicamenteux anti-rejet comportant l'association de l'Adoport, du Cellcept, et du Prednisone. Ce même médecin indique que ce type de traitement est inexistant en Algérie. L'intéressée soutient en outre, sans être contredite sur ce point, que ni l'Adoport ni le Cellcept, immunodépresseurs prescrits dans le cadre de son traitement " anti-rejet ", ne figurent dans la liste des produits pharmaceutiques disponibles en Algérie. Le préfet des Hauts-de-Seine ne produit aucun élément permettant d'établir que, contrairement à ce qui ressort des certificats médicaux versés au débat par l'intéressée, la prise en charge spécifique, décrite de manière précise et circonstanciée par le médecin néphrologue qui la suit depuis sa transplantation rénale, serait disponible dans son pays d'origine. Il n'est donc pas établi que Mme A, épouse D, peut accéder à un traitement approprié pour sa pathologie en Algérie. Il s'ensuit que les stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ont été méconnues. 6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Sur les conclusions à fin d'injonction : 7. Les motifs d'annulation du présent jugement impliquent, en l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Sur les frais liés au litige : 8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : L'arrêté du 24 novembre 2021 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A, épouse D, un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.Article 3 : L'État versera à Mme A, épouse D, une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse D, et au préfet des Hauts-de-Seine.Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :M. Buisson, président,M. Probert, premier conseiller,Mme L'Hermine, conseillère,Assistés par Mme Galan, greffière.Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.Le rapporteur,signéL. E Le président,signéL. BuissonLa greffière,signéM. B La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.- 2 -No 2115630
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026