lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2115862 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | ALIMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2021 et le 15 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Alimi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 1er octobre 2021 par laquelle l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP-CUP) a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il manque des pièces probantes dans son dossier administratif et que les pièces y figurant ne sont pas numérotées ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire, ainsi que les droits de la défense, dès lors que son dossier administratif individuel ne contient pas l'intégralité des pièces intéressant sa situation administrative ;
- elle méconnaît le droit au procès équitable garanti par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;
- Et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;
- Et les observations de Me Gandon, substituant Me Alimi représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative, est employée en tant que secrétaire médicale au sein de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris à l'Hôpital Corentin Celton. Par une décision du 1er octobre 2021, le directeur du groupe hospitalo universitaire centre Université de Paris a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire des fonctions d'une durée de trois jours. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire de préciser, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
3. La décision attaquée du 1er octobre 2021 vise la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires et la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière. Elle vise également les rapports établis par sa hiérarchie en date des 7 mai et 21 juin 2021. Elle mentionne les éléments de faits sur lesquels s'est fondé l'administration et notamment les manquements qui lui sont reprochés, à savoir un refus de respecter les horaires du service, un refus de respecter l'organisation du service, un non-respect de la validation des cadres, un non-respect des procédures mises en place, un comportement inadapté avec ses collègues de travail, une utilisation fréquente du téléphone portable personnel et de ses accessoires ayant entrainé une désorganisation du service. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse est insuffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, Mme A se prévaut de l'absence de plusieurs pièces au sein de son dossier individuel administratif, à savoir une demande de mutation en 2019, le bordereau listant ses pièces ainsi que les différentes convocations relatives à la procédure. Toutefois, d'une part, l'absence dans le dossier communiqué à la requérante de la demande de mutation en 2019, du bordereau listant les pièces, et des différentes convocations, n'a pas été de nature à priver l'intéressée des garanties dont elle bénéficiait, dès lors que ces documents ne contenaient aucun fait, ni aucun élément dont elle n'ait eu connaissance par les autres pièces qui lui ont été communiquées. D'autre part, la circonstance que les pièces du dossier communiqué à Mme A n'étaient pas numérotées ne constitue pas par elle-même un vice de procédure de nature à entraîner l'annulation de la mesure disciplinaire attaquée. Ainsi, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, ni qu'elle a violé le principe du contradictoire et les droits de la défense. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En troisième lieu, si Mme A se prévaut que la décision litigieuse méconnaît l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et libertés fondamentale, la contestation par un fonctionnaire de la sanction disciplinaire qui lui a été infligée n'est relative ni à un droit ou une obligation de caractère civil, ni au bien-fondé d'une accusation en matière pénale. Dès lors, un tel litige n'entre pas dans le champ d'application des stipulations de l'article 6 susvisé. Le moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / Deuxième groupe : / la radiation du tableau d'avancement ; / l'abaissement d'échelon ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ; / Troisième groupe : / la rétrogradation ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans ; / Quatrième groupe : / la mise à la retraite d'office ; / la révocation () ". Par ailleurs, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont établis, s'ils constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de la direction des ressources humaines du 24 juin 2021, que Mme A a adopté un comportement inadapté depuis son entrée dans le service en janvier 2020. Le rapport énonce un refus de respecter les horaires du service et de s'adapter à son organisation. Il lui est reproché notamment de ne pas tenir compte du planning communiqué, et de refuser certaines tâches de secrétariat. Il est aussi évoqué une modification des horaires avec des collègues sans en avertir l'encadrement, un non-respect des procédures en place dès lors qu'elle n'effectue pas de traçabilité sur la prise et fin de service, un manquement aux règles d'hygiène, dans la mesure où il lui est reproché de se servir de ses pieds pour déplacer du mobilier. Aussi, le rapport évoque un comportement inadapté avec ses collègues de travail, Mme A ayant fait l'objet d'une déclaration d'événement indésirable de la part d'un brancardier. Enfin, il lui est reproché une utilisation fréquente du téléphone portable personnel et de son oreillette pendant les heures de service.
8. Si Mme A, soutient qu'elle n'a commis aucun des faits qui lui sont reprochés et se prévaut de deux témoignages de médecin, attestant de ses compétences techniques et humaines, ces circonstances ne sont pas de nature à contredire la réalité des faits qui fondent la décision attaquée et qui sont issus d'un rapport de la direction des ressources humaines du groupe hospitalo-universitaire centre Université de Paris s'appuyant sur des éléments circonstanciés et non sérieusement contredits par la requérante. Par ailleurs, l'intéressée n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations, selon lesquelles, d'une part, la sanction aurait un lien avec une procédure concernant la diffusion d'un document prouvant l'implication d'un médecin dans le camouflage du décès d'un patient, et d'autre part, qu'elle ferait l'objet d'une campagne de harcèlement. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
9. Mme A s'est vue infliger une sanction d'exclusion temporaire des fonctions de trois jours qui relève des sanctions du premier groupe. Eu égard à la nature des griefs et à leur répétition, qui ont contribué à des tensions au sein du service au point de créer des dysfonctionnements, et alors même que sa manière de servir par ailleurs aurait donné satisfaction, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire n'a pas, dans les circonstances de l'espèce et au regard du pouvoir d'appréciation dont elle dispose, pris une sanction disproportionnée en lui infligeant, en raison des faits mentionnés au point précédent qui constituent une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire, la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois jours.
10. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, la requérante n'établit pas que la sanction aurait un lien avec une procédure concernant la diffusion d'un document prouvant l'implication d'un médecin dans le camouflage d'un décès d'un patient. Dès lors, le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'AP-HP, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une somme demandée par Mme A au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°211586
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026