vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2116072 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Brochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 24 juin 2020 par laquelle la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant à voir reconnue comme prioritaire et urgente au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation sa demande de logement social, ensemble la décision en date du 16 septembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à ladite commission de déclarer prioritaire et urgente sa demande de logement social ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit dès lors qu'ils sont hébergés et que la commission de médiation aurait dû en tirer les conséquences pour reconnaitre sa demande de logement social prioritaire et urgente ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est capable d'être locataire d'un logement.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer et fait valoir que, par une décision en date du 9 novembre 2022, M. B a été déclaré prioritaire pour se voir proposer un logement.
Par un mémoire en réplique enregistré le 5 juin 2024, M. B conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et informe le tribunal de ce qu'il entend maintenir ses demandes.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, (), est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. () ". L'article L. 441-2-3 du même code dispose que : " () II. -La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. () IV.-Lorsque la commission de médiation est saisie d'une demande de logement dans les conditions prévues au II et qu'elle estime, au vu d'une évaluation sociale, que le demandeur est prioritaire mais qu'une offre de logement n'est pas adaptée, elle transmet au représentant de l'État dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'État dans la région cette demande pour laquelle doit être proposé un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale.". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; / -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; / -avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; / -être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. Par la décision du 24 juin 2020 attaquée, la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine, après avoir visé les dispositions du code de la construction et de l'habitation applicables, a rejeté le recours amiable de M. B tendant à voir reconnue comme prioritaire et urgente sa demande de logement social au motif que si le demandeur était dépourvu de logement, la commission estimait qu'une demande d'hébergement était plus adaptée à sa situation. Par sa décision du 16 septembre 2020, la commission de médiation a rejeté le recours gracieux présenté par M. B au motif qu'il ressortait de l'examen du formulaire de recours amiable ainsi que des pièces et éléments apportés dans le cadre du recours gracieux que la décision de la commission de médiation n'avait pas à être modifiée.
5. En premier lieu, si M. B soutient que ces décisions seraient insuffisamment motivées, il ressort des pièces du dossier et notamment de ce qui a été rappelé au point précédent, que ce moyen doit être écarté comme manifestement infondé.
6. En deuxième lieu, M. B soutient que les décisions attaquées seraient entachées d'erreur de droit dès lors qu'avec sa famille, ils sont hébergés et que la commission de médiation aurait dû en tirer les conséquences pour reconnaitre leur demande de logement social prioritaire et urgente. Il ressort toutefois des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation que lorsque la commission de médiation, au vu d'une évaluation sociale, estime que le demandeur est prioritaire mais qu'une offre de logement n'est pas adaptée, elle doit transmettre au représentant de l'État dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'État dans la région cette demande pour laquelle doit être proposé un accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Ainsi, la circonstance que le requérant ait été, à la date des décisions attaquées, en situation de mal logement, ne lui ouvrait pas nécessairement droit à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de son dossier pour une proposition de logement plutôt que pour une proposition d'hébergement. Le moyen doit donc être écarté comme inopérant.
7. En dernier lieu, M. B soutient que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. A l'appui de ce moyen, il soutient être en capacité d'être locataire d'un logement dès lors qu'il travaille en tant que locataire gérant de taxi depuis plusieurs années. Il précise que s'il n'a pas immédiatement retiré des revenus conséquents de son activité, sa demande de logement social, renouvelée le 15 septembre 2020 fait état de revenus mensuels à hauteur de 3 306 euros et qu'il " pourrait également percevoir de la caisse d'allocations familiales une allocation logement lui permettant de payer un loyer résiduel ". Il ajoute que sa famille est socialement bien intégrée. Toutefois, par ses allégations, certes confortées par les documents qu'il produit, le requérant de démontre pas qu'à la date des décisions attaquées, sa situation lui permettait de prétendre à un logement social plutôt qu'à un hébergement. Notamment, si sa demande de logement social renouvelée le 15 septembre 2020 fait effectivement état d'un niveau de ressources estimé à 3 306 euros mensuels, elle ne fait état d'aucun revenu pour les années 2018 et 2019. Par les éléments qu'il invoque, M. B ne conteste donc pas utilement l'appréciation portée par la commission de médiation sur sa situation. La circonstance que sa famille soit bien intégrée est également sans incidence sur la légalité de ces décisions. Le moyen est donc, dans ses différentes branches, inopérant et doit être écarté.
8. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet des Hauts-de-Seine en défense, la requête de M. B, par les moyens qu'il invoque, soit un moyen de légalité externe manifestement infondé et des moyens de légalité interne inopérants, doit être rejetée par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Brochard et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 28 juin 2024.
La vice-présidente,
signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026