Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2116251

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2116251
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantIVANOVIC FAUVEAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B, demandeur d'asile guinéen, pour contester le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a constaté que la décision initiale du 28 juillet 2021 avait été implicitement abrogée par une nouvelle décision du 5 octobre 2021, rendant sans objet les conclusions en annulation. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions et rejeté le surplus de la requête, incluant la demande d'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Fauveau Ivanovic, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision de la directrice territoriale de l'OFII de Versailles en date du 28 juillet 2021 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ensemble la décision précitée ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui verser rétroactivement l'allocation pour demander d'asile à compter du 28 juillet 2021, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'examen suffisant de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance n° 2111513 du 29 septembre 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité guinéenne, a présenté une demande d'asile enregistrée le 28 juillet 2021. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'OFII a rejeté son recours administratif préalable obligatoire, en date du 9 septembre 2021, dirigé contre la décision de la directrice territoriale de l'OFII de Versailles du 28 juillet 2021 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait déposé une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance, la demande tendant à ce qu'il soit admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 5 octobre 2021, qui n'est pas contestée dans la présente instance, la directrice territoriale de l'OFII de Montrouge a refusé l'octroi des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. B au motif qu'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France. Eu égard à son objet, et alors que, le 5 octobre 2021, le directeur général de l'OFII n'avait pas statué ni explicitement ni implicitement sur le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 28 juillet 2021, la décision du 5 octobre 2021 doit être regardée comme ayant, implicitement mais nécessairement, abrogé la décision du 28 juillet 2021. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation de la décision implicite du directeur général de l'OFII dirigées contre cette décision sont donc devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

5. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'OFII la somme demandée par M. B sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur général de l'OFII.

Fait à Cergy-Pontoise, le 25 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.