LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2116327

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2116327

mercredi 10 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2116327
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGARCIA AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 23 décembre 2021, le président du Tribunal administratif de Melun a renvoyé le dossier de la requête de M. B, enregistrée le 17 décembre 2021 au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Par cette requête, M. A B, représenté par Me Garcia, avocat, demande au Tribunal :

1°) la communication de son dossier par le préfet des Hauts-de-Seine, sur le fondement de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) d'annuler la décision du 16 décembre 2021 du préfet des Hauts-de-Seine, portant remise aux autorités espagnoles et interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- il a droit à la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise, sur le fondement de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'absence de communication le prive par ailleurs d'un droit à un procès équitable ;

l'arrêté dans son ensemble :

- méconnaît son droit à être entendu, le caractère contradictoire de la procédure, l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'article 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que l'article 6 du Traité sur l'Union européenne ;

- a été pris sans qu'il ait pu être assisté d'un conseil ;

la décision portant remise aux autorités espagnoles :

- est entachée d'une erreur de base légale ;

- a été prise sans l'accord de réadmission des autorités espagnoles ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

la décision d'interdiction de circulation sur le territoire national :

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de remise aux autorités espagnoles.

La requête a été communiquée le 6 janvier 2022 au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'écritures en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de nationalités équatorienne et espagnole, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire national. Suite à son audition par les services de police le 16 décembre 2012, le préfet des Hauts-de-Seine a pris le même jour à son encontre un arrêté portant décision de remise aux autorités espagnoles et interdiction de circulation sur le territoire français pendant douze mois. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'État. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix. ". Aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un État membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet État, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. ".

3. Pour prendre la décision portant remise aux autorités espagnoles de M. B, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur les articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en estimant que l'intéressé s'était maintenu sur le territoire français plus de trois mois au-delà de la validité de son titre de séjour.

4. M. B soutient que, ce faisant, le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur de droit, ces articles lui étant inapplicables.

5. D'une part, il résulte des termes mêmes des dispositions du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile que les citoyens de l'Union européenne et les membres de leurs familles sont soumis à des dispositions spécifiques, à savoir celles du livre II de ce code, qui ne prévoient pas qu'une décision de remise puisse être prise à l'encontre d'un citoyen de l'Union européenne. D'autre part, il est constant que M. B est titulaire d'une carte d'identité espagnole. Dès lors, en tant que citoyen européen, le requérant ne pouvait pas faire l'objet d'une décision de remise aux autorités espagnoles sur le fondement des articles L. 621-1 et L. 621-2 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin ni de se prononcer sur les autres moyens de la requête, ni d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de communiquer le dossier sur la base duquel la décision contestée a été prise, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 décembre 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa remise aux autorités espagnoles, ainsi, par voie de conséquence, que de la décision du même jour par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

7. Le présent jugement n'implique pas que le requérant soit mis en possession d'un titre provisoire de séjour ni que le préfet des Hauts-de-Seine réexamine sa situation administrative quant à son droit au séjour en France, dès lors que le requérant est citoyen de l'Union européenne. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 (mille) euros à verser à M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé la remise de M. B aux autorités espagnoles et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de douze mois, est annulé.

Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Viain, premier conseiller et Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le10 janvier 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

K. KELFANI

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions