jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2116332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2021, Mme A Lemoine demande au tribunal d'annuler la décision du 30 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Val d'Oise lui a retiré son agrément d'assistante maternelle, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 23 août 2021.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation alors qu'elle bénéficie de la présomption d'innocence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, le département du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en tant qu'elle n'identifie pas clairement la décision attaquée et qu'elle ne contient aucun moyen ;
- les autres moyens soulevés par Mme Lemoine ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ausseil ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- et les observations de Me Benmerad, pour le département du Val d'Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A Lemoine a bénéficié d'un agrément en qualité d'assistante maternelle du 5 avril 2017 jusqu'à l'intervention de la décision attaquée. Le 19 mars 2021, un enfant de 13 mois qu'elle accueillait à son domicile, a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire avant de décéder le lendemain. A la suite de cet évènement, le président du conseil départemental du Val d'Oise a, par une décision du 5 mai 2021, suspendu l'agrément de Mme Lemoine et, par une décision du 30 juin 2021, la même autorité a procédé au retrait de l'agrément de Mme Lemoine. Par un courrier du 23 août 2021, Mme Lemoine a formé un recours gracieux contre cette décision. Par la présente requête, Mme Lemoine demande l'annulation de cette décision, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil offertes par un assistant maternel garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de faits ou suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.
4. Pour retirer l'agrément d'assistante maternelle de Mme Lemoine, le président du conseil départemental du Val d'Oise s'est fondé sur le fait qu'un jeune enfant, âgé de 13 mois, se trouvait au domicile de Mme Lemoine lorsque, le 19 mars 2021, il a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire qui a abouti à son décès à l'hôpital le lendemain. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêt cardio-respiratoire aurait été consécutif à un traumatisme crânien non-accidentel résultant de fortes secousses subies, également connues sous le terme de " syndrome du bébé secoué ", qui seraient intervenues dans les quarante-huit heures précédant son décès, période pendant laquelle il a notamment été accueilli au domicile de Mme Lemoine. Compte-tenu de la gravité des faits constatés, et en l'absence d'éléments versés au débat par la requérante sur ces faits et la procédure pénale en cours à la date de la décision attaquée, le président du conseil départemental du Val d'Oise a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que les conditions d'accueil, garantissant notamment la sécurité et la santé d'enfants mineurs au domicile de Mme Lemoine, n'étaient plus remplies.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme Lemoine doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Lemoine est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme A Lemoine et au département du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Buisson, président ;
- M. Ausseil, conseiller ;
- Mme L'Hermine, conseillère ;
assistés de Mme Duroux, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Ausseil
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°211633
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026