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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2200013

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2200013

vendredi 7 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2200013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 janvier et 6 mai 2022, M. A C, représenté par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de ce même accord ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 juillet suivant.

Vu :

- les décisions attaquées,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au court de l'audience publique :

- le rapport de M. Probert, premier conseiller ;

- et les observations de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 3 juillet 1993, est entré en France le 25 septembre 2017, selon ses déclarations. Il a sollicité le 29 septembre 2021 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6.2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 1er décembre 2021, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'expiration de ce délai.

Sur la légalité de la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté préfectoral du 21 octobre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, pour signer notamment les décisions relatives à la délivrance des titres de séjour, les décisions d'obligation de quitter le territoire assorties ou non d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi, en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, directeur des migrations et de l'intégration. Il n'est pas établi que ce dernier n'aurait pas été absent ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il indique notamment que l'intéressé ne remplit pas les conditions exigées par cet article dès lors qu'il ne justifie pas d'une entrée régulière en France et qu'il ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à permettre sa régularisation au titre de la vie privée et familiale. La décision de refus de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.

4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière () ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C serait entrée régulièrement sur le territoire français. Par suite, faute pour l'intéressé de remplir les conditions permettant la délivrance d'un certificat de résidence en qualité de conjoint de français, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes des stipulations du même article : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale est délivré de plein droit : () / 5°) () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

6. Si l'intéressé est marié depuis septembre 2020 avec une ressortissante française, les documents produits ne permettent pas d'établir une vie commune antérieure à janvier 2021.

Au vu de la faible durée de vie commune à la date de l'arrêté attaqué, la décision en litige ne porte pas une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts qu'elle poursuit. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

7. Il résulte de ce que vient d'être dit que la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :

8. En premier lieu, il résulte des points 2 à 7 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision d'éloignement du fait de l'illégalité du refus de séjour doit être écarté.

9. En deuxième lieu, pour les motifs indiqués au point 6, la décision d'éloignement ne porte pas une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. En dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences des décisions contestées sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président,

M. Probert, premier conseiller,

Mme L'Hermine, conseillère,

Assistés de Mme Galan, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé

L. Probert Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2200013

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