mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PETIT MARCOT HOUILLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2022, la SCCV du Goulot, représentée par son gérant, ayant pour avocat la société civile professionnelle Petit - Marçot - Houillon et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 28 octobre et 5 novembre 2021 par lesquels la commune de Groslay a retiré le permis de construire tacite dont le pétitionnaire était titulaire ;
2°) d'enjoindre à la commune de Groslay de lui délivrer un certificat attestant de l'obtention d'un permis de construire tacite ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Groslay la somme 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué du 28 octobre 2021 est entaché d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration en tant que son adoption n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- ils méconnaissent l'article UG 6 du plan local d'urbanisme de la commune ;
- l'arrêté du 5 novembre 2021 est illégal en tant qu'elle retire une décision qui avait déjà été retirée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2022, la commune de Groslay conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la SCCV du Goulot aux entiers dépens de l'instance.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 juin 2022.
Un mémoire produit par la commune de Groslay a été enregistré le 4 mars 2024 postérieurement à la clôture d'instruction.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article L. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur la décision du 28 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Ausseil.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 juillet 2021, la SCCV du Goulot a déposé auprès de la commune de Groslay une demande de permis de construire pour une maison individuelle sur la parcelle située 7 rue du Château des Blots. Cette demande a été complétée le 30 juillet 2021. Le 28 octobre 2021, la commune de Groslay a pris un arrêté de " refus de permis de construire ". Par un nouvel arrêté du 30 novembre 2021, notifié le 3 décembre 2021, la commune a décidé de rapporter " le permis de construire accordé tacitement le 30 septembre 2021 ". La SCCV du Goulot demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". L'article R. 424-l du code de l'urbanisme dispose que : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ". Aux termes de l'article R. 423- 23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes. Il résulte de ces dispositions combinées que, faute pour le pétitionnaire de se voir notifier une décision expresse de refus dans un délai de deux mois, celui-ci doit être regardé comme titulaire d'un permis de construire tacite.
3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de donner aux décisions administratives qui lui sont déférées leur exacte qualification. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire, déposée le 7 juillet 2021, a été complétée le 30 juillet 2021. Dans ces conditions, le pétitionnaire était titulaire d'un permis de construire tacite à compter du 30 septembre 2021. L'arrêté de " refus de permis de construire " pris par la commune de Groslay le 28 octobre suivant doit dès lors être analysé comme une décision de retrait de ce permis de construire tacite. Enfin, l'arrêté du 30 novembre 2021 retirant formellement ce permis de construire, doit lui-même être regardé comme retirant l'arrêté du 28 octobre 2021.
4. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2021 :
5. L'arrêté du 30 novembre 2021 a été signé par M. A B, premier adjoint au maire, qui bénéficiait d'une délégation de signature pour l'instruction et la délivrance des autorisations d'occupation des sols en vertu d'un arrêté n°2020-13 du 17 juillet 2020, transmis au contrôle de légalité le même jour et certifié exécutoire par le maire de la commune. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
6. L'article UG 6 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Si aucun recul ne figure au plan, les constructions neuves ne peuvent être édifiées à moins de 4 m et à plus de 40 mètres de l'alignement des voies publiques ou de la limite d'emprise des voies privées ou chemins ruraux existants ou à créer constituant la desserte du lot à bâtir ". Aux termes de l'annexe du règlement du plan local d'urbanisme précise : " Constitue une voie privée pour l'application du présent règlement, tout passage desservant au moins deux terrains et disposant des aménagements nécessaires à la circulation tant des personnes que des véhicules, sans distinction de son régime de propriété ".
7. La commune a fondé sa décision sur le motif tiré de ce que la construction sera édifiée à plus de 42 mètres de la voie publique, soit au-delà de la distance maximale de 40 mètres autorisée par le règlement du plan local d'urbanisme. Contrairement aux allégations de la société requérante, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le terrain d'assiette est desservi par la voirie publique et que, d'autre part, le passage aménagé pour le projet constitue une servitude de passage desservant un seul lot voisin enclavé qui ne saurait être regardée comme une voie privée. Dans ces conditions la commune de Groslay a fait un exacte applications des dispositions de l'article UG6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
8. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que l'arrêté du 30 novembre 2021 a implicitement retiré l'arrêté du 28 octobre et que, par conséquent, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 30 novembre était irrégulier en tant qu'il retirait un permis de construire implicite qui avait déjà été retiré doit être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, d'une part, la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2021 et que, d'autre part, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Groslay qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 octobre 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCCV du Goulot est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié la SCCV du Goulot et à la commune de Groslay.
Délibéré après l'audience du 22 mars, à laquelle siégeaient :
- M. Buisson, président ;
- Mme Garona, première conseillère ;
- M. Ausseil, conseiller ;
assistés de Mme Duroux, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Ausseil
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200203
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026