vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | LESAGE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2022 sous le n° 2200235, M. B A, représenté par Me Lesage, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 27 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions constatées les 14 août 2015, 15 avril 2018, 5 février 2019, 9 mai 2019, 19 novembre 2019, 4 mai 2020 et 13 octobre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés, de rétablir le capital de points sur son permis de conduire et de lui restituer son titre de conduite ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 380 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant l'intervention des décisions de retrait de points qui ne lui ont pas été notifiées.
Par deux mémoires en défense, enregistré les 28 février 2022 et 18 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision " 48 SI " du 27 juillet 2021 a été retirée ; les conclusions dirigées contre cette décision sont donc devenues sans objet ;
- les décisions de retraits de points relatives aux infractions constatées le 4 mai 2020, le 9 mai 2019 et le 19 novembre 2019 ne figurent plus sur le relevé d'information intégral ; les conclusions dirigées contre ces décisions sont donc sans objet pour celle du 4 mai 2019 et irrecevables pour les autres ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 26 août 2022 sous le n° 2212261, M. B A, représenté par Me Lesage, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 12 mars 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et sa décision du 30 juin 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions constatées les 4 mai 2020, 13 octobre 2020 et 19 septembre 2021 à 10 heures 13 et 10 heures 16 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points sur son permis de conduire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 380 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant l'intervention des décisions de retrait de points et que la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les décisions de retraits de points relatives aux infractions constatées le 4 mai 2020, le 9 mai 2019 et le 19 novembre 2019 ne figurent plus sur le relevé d'information intégral ; les conclusions dirigées contre ces décisions sont donc sans objet pour celle du 4 mai 2020 et irrecevables pour les autres ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
III. Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2023 sous le n° 2309387, et un mémoire complémentaire enregistré le 20 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Lesage, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 12 mars 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et d'annuler la décision de rejet née le 2 juillet 2023 du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur sa demande de rétablissement sur le solde de son permis de conduire des sept points retirés à la suite des infractions des 9 mai et 19 novembre 2019 en raison de l'annulation des deux titres exécutoires d'amende forfaire majorée correspondant ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points sur son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les décisions de retraits de points relatives aux infractions constatées les 9 mai 2019, 19 novembre 2019 et 4 mai 2020 ne figurent plus sur le relevé d'information intégral ; les conclusions dirigées contre ces décisions sont donc sans objet pour celle du 4 mai 2020 et irrecevables pour les autres ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Drevon-Coblence a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'infractions au code de la route, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré des points au capital affecté au permis de conduire de M. A. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l'intérieur a, par une première décision " 48 SI " 27 juillet 2021 et une deuxième du 12 mars 2022, prononcé l'invalidation de ce permis et ordonné à M. A de restituer son titre de conduite. M. A demande l'annulation des retraits de points prononcés suite aux infractions constatées les 14 août 2015, 15 avril 2018, 5 février 2019, 9 mai 2019, 19 novembre 2019, 4 mai 2020, 13 octobre 2020 et 19 septembre 2021 à 10 heures 13 et à 10 heures 16, des décisions " 48 SI " susmentionnées et des décisions de rejet de ses recours gracieux.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2200235, 2212261 et 2309387 sont relatives à la situation d'une même personne, présentent à juger des questions semblables et connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre et de statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte tant des écritures du ministre de l'intérieur que des mentions du relevé d'information intégral édité le 18 octobre 2023 que les mentions relatives à la décision " 48SI " du 27 juillet 2021 ont été supprimées, ainsi que celles relatives aux infractions constatées les 9 mai 2019, 19 novembre 2019 et 4 mai 2020. Ainsi le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant retiré la décision " 48 SI " du 27 juillet 2021 et il doit en être déduit que le ministre de l'intérieur n'a tiré aucune conséquence des trois infractions précitées sur le capital de points affecté au permis de conduire de M. A. Il doit ainsi être regardé comme ayant retiré les décisions portant retrait de points correspondant à ces infractions. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces quatre décisions sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité des décisions successives de retrait de points :
S'agissant du moyen tiré du défaut de notification de ces décisions :
4. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. M. A ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés avant l'intervention de la décision constatant la perte de validité de son permis de conduire. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré du défaut d'information préalable :
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
6. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public.
Quant à l'infraction commise le 14 août 2015 (4 points) :
7. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que cette infraction a été relevée par radar automatique. Il résulte également des mentions de ce relevé que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que M. A a payé l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à cette infraction. Dans ces conditions, le ministre n'apporte pas la preuve qui lui incombe que le contrevenant aurait reçu l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. M. A est, dès lors, fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de quatre points à la suite de cette infraction.
Quant à l'infraction commise le 5 février 2019 (4 points) :
8. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.
9. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral produit en défense par le ministre de l'intérieur, que l'infraction commise par M. A le 5 février 2019 a été constatée au moyen d'un procès-verbal électronique, signé du seul agent verbalisateur et qui ne comporte pas la mention " refus de signer ". Si le ministre produit aussi un bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires établi le 18 février 2022 par la trésorerie " Val-d'Oise amendes " indiquant que l'amende forfaitaire majorée correspondante a été recouvrée, ce bordereau démontre que cette créance a fait l'objet d'un recouvrement forcé. Ce seul paiement n'est pas, par suite, de nature à établir que l'intéressé aurait reçu les avis d'amende et d'amende forfaitaire majorée permettant de prouver qu'il a effectivement été informé de la perte de points encourue en raison de l'infraction commise. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'établit pas que le requérant aurait été destinataire d'un document écrit reprenant l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. M. A est, dès lors, fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de quatre points à la suite de cette infraction.
Quant à l'infraction commise le 15 avril 2018 (3 points) :
10. Il résulte de l'instruction, notamment des écritures du ministre de l'intérieur et du relevé d'information intégral versé à l'instance, que l'infraction commise par M. A le 15 avril 2018 a donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire. Si l'administration ne produit, s'agissant de cette infraction, ni le procès-verbal électronique ni l'attestation de paiement établie par la comptable public, l'indication du paiement de l'amende forfaitaire sur le relevé intégral de M. A, formalisé pour cette infraction par la mention " AF amende forfaitaire ", suffit à établir que l'intéressé a nécessairement été mis en possession d'un avis de contravention et d'une carte de paiement, dont la détention est indispensable pour payer les amendes forfaitaires. Par suite, alors que M. A n'apporte aucun élément tendant à démontrer que les documents qui lui ont été envoyés seraient inexacts ou incomplets au regard des dispositions précitées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve que les informations pertinentes lui ont été délivrées. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable ne peut être qu'écarté.
Quant à l'infraction constatée le 13 octobre 2020 (3 points) :
11. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.
12. Le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique établi le 13 octobre 2020, signé par le requérant. Il suit de là que la preuve de la délivrance de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est rapportée par le ministre s'agissant de cette infraction. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable ne peut être qu'écarté.
Quant aux infractions commises le 19 septembre 2021 à 10 heures 13 (4 points) et 10 heures 16 (3 points) :
13. Il ressort des pièces produites par le ministre en défense que les infractions commises par M. A le 19 septembre 2021 ont été constatées par un procès-verbal électronique. Ce procès-verbal comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, sous lesquelles le requérant n'a pas pu apposer sa signature en raison des règles sanitaires mise en œuvre pour lutter contre l'épidémie de covid-19. Dans ces conditions, les mentions " N/A " pour non apposition, portées sur ces procès-verbaux, doivent être regardées comme possédant la même valeur probante que la signature de M. A. Il suit de là que la preuve de la délivrance de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est rapportée par le ministre s'agissant des infractions constatées le 19 septembre 2021. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.
S'agissant de la réalité des infractions :
14. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, que le requérant s'est acquitté de l'amende forfaitaire à la suite de l'infraction commise le 15 avril 2018 et que les infractions des 13 octobre 2020 et 19 septembre 2021 à 10 heures 13 ainsi que 10 heures 16 ont donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée établissant ainsi, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité des infractions.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 14 août 2015 et 5 février 2019.
En ce qui concerne la légalité de la décision " 48 SI " en date du 12 mars 2022 en tant qu'elle constate la perte de validité du permis de conduire :
16. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Ainsi, dès lors que, par le présent jugement, il est procédé à l'annulation des décisions de retrait de points précitées, pour un total de 8 points, le solde de points rattaché au permis de conduire de M. A est redevenu positif. Dès lors, la décision du 12 mars 2022 doit aussi être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. L'annulation contentieuse d'une décision portant invalidation d'un permis de conduire à raison de l'illégalité d'un ou de plusieurs des retraits de points qui la fondent implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.
18. Dans ces circonstances, et compte tenu des motifs de l'annulation retenus, si l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le ministre de l'intérieur prenne une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement, elle n'implique en revanche pas nécessairement que le ministre procède à la reconstitution du capital de points affecté au permis de conduire de M. A et qu'il restitue à ce dernier son titre de conduite. Dès lors, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur, après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement qui annule les décisions de retrait de 8 points, de prendre une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux demandes de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation de la décision référencée " 48 SI " du ministre de l'intérieur en date du 27 juillet 2021 et des décisions de retrait de points liées aux infractions commises les 9 mai 2019, 19 novembre 2019 et 4 mai 2020.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points au capital du permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 14 août 2015 et 5 février 2019 sont annulées.
Article 3 : La décision référencée " 48 SI " du 12 mars 2022, en tant qu'elle constate que le permis de conduire de M. A a perdu sa validité, est annulée.
Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. A le bénéfice des points retirés à la suite des infractions mentionnées à l'article 2 ci-dessus, sous réserve qu'ils aient déjà été restitués, et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation du requérant pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à B A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La vice-présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2200235, 2212261 et 2309387
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026