lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 janvier 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 17 juin 2022, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " en date du 2 octobre 2021 du ministre de l'intérieur et portant invalidation de son permis de conduire pour solde de point nul ;
2°) d'annuler les décisions portant retrait de point consécutives aux infractions commises les 31 juillet, 14 août, 16 août, 22 août, 3 septembre, 23 octobre, 1er et 11 novembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté d'un capital de points reconstitué dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir.
Il soutient qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route avant l'intervention des décisions de retrait de points contestées ; que la réalité des infractions ne peut être regardée comme établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés n'étaient pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Drevon-Coblence a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'infractions au code de la route, le ministre de l'intérieur a retiré des points au capital affecté au permis de conduire de M. A. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l'intérieur a, par décision du 2 octobre 2021, prononcé l'invalidation de ce permis et ordonné à M. A de restituer son titre de conduite. M. A demande l'annulation des retraits de points prononcés suite aux infractions constatées les 31 juillet, 14 août, 16 août, 22 août, 3 septembre, 23 octobre, 1er et 11 novembre 2020 et de la décision du 2 octobre 2021 susmentionnée.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions successives de retrait de points :
En ce qui concerne le défaut d'information :
2. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant de la décision de retrait de consécutive à l'infraction constatée le 11 novembre 2020 (un point) :
3. Il résulte de l'instruction que M. A a désigné, par une contestation en date du 9 janvier 2021 produite en défense, un autre conducteur comme auteur de l'infraction commise le 11 novembre et qu'il a, pour ce faire, utilisé nécessairement l'avis de contravention n° 3781620121 correspondant à cette infraction, également produit en défense, indispensable pour former cette contestation, qui a donc été en sa possession et qui mentionne expressément la décision de retrait d'un point qu'elle entraîne. Il ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce qu'il n'aurait pas reçu les informations prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant de la décision de retrait de consécutive à l'infraction commise le 22 août 2020 (un point) :
4. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral que l'infraction commise le 22 août 2020 a été relevée par un radar automatique et a donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à l'émission d'un avis d'amende forfaitaire majorée. Toutefois, si le ministre en défense produit cet avis d'amende forfaitaire majorée et le pli n° 2D 044 775 4206 3, correspondant à son envoi, présenté au domicile de M. A, ce pli ne fait aucune mention de la date à laquelle il a été présenté et ne suffit dès lors pas à établir que cet avis aurait été régulièrement notifié à l'intéressé. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction du 22 août 2020 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et à demander, pour ce motif, son annulation.
S'agissant des décisions de retrait de consécutives aux infractions commises les 14 août 2020 (1 point), 16 août 2020 (1 point), 23 octobre 2020 (1 point) et 1er novembre 2020 (2 points) :
5. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral de M. A que les infractions mentionnées ont été relevées par un radar automatique et ont donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à l'émission d'un avis d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur ne produit pas d'attestation du trésorier principal du contrôle automatisé relative à l'encaissement du montant des amendes forfaitaires majorées afférentes à ces infractions. Toutefois, il produit en défense la copie de l'avis d'amende forfaitaire majorée et du pli n° 2D 044 843 8566 0, présenté au domicile de M. A, correspondant à l'infraction commise le 1er novembre 2020, ainsi que la copie de l'avis d'amende forfaitaire majorée et du pli n° 2D 044 843 856 7, également présenté à son domicile, correspondant à l'infraction commise le 23 octobre 2020, tous deux revêtus de la mention " pli avisé, non réclamé " le 4 juin 2021. Le ministre produit également en défense la copie de l'avis d'amende forfaitaire majorée et du pli n° 2D 044 763 8275 2, présenté au domicile de M. A, correspondant à l'infraction commise le 16 août 2020, ainsi que la copie de l'avis d'amende forfaitaire majorée et du pli n° 2D 044 763 8274 5, également présenté à son domicile, correspondant à l'infraction commise le 14 août 2020, tous deux revêtus de la mention " pli avisé, non réclamé " le 14 avril 2021. Ces quatre plis indiquent comme adresse de retour celle du centre automatisé de constatation des infractions routières de Rennes alors que les copies desdits avis produites comportent les informations prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route. Dans ces conditions, M. A, qui n'établit ni même n'allègue que ces plis ne contenaient pas les avis d'amende forfaitaire majorée relatifs aux infractions concernées, n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route s'agissant de ces infractions.
S'agissant de la décision de retrait de consécutive à l'infraction commise le 3 septembre 2020 (un point) :
6. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral que l'infraction commise le 3 septembre 2020 a été relevée par un radar automatique et a donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à l'émission d'un avis d'amende forfaitaire majorée. Toutefois, si le ministre de l'intérieur fait valoir en défense qu'un avis de contravention et un avis d'amende forfaitaire majorée, réputés comporter l'ensemble des informations requises, ont été envoyés à l'adresse de M. A, il n'en justifie par aucune pièce. Dans ces conditions, le ministre ne démontre pas que l'information exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aurait été dispensée au requérant préalablement au retrait de point consécutif à cette infraction. Par suite, M. A est fondé à soutenir que cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et à en demander, pour ce motif, l'annulation.
S'agissant de la décision de retrait de consécutive à l'infraction commise le 31 juillet 2020 (un point) :
7. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral que l'infraction commise le 31 juillet 2020 a été constatée par l'intermédiaire d'un procès-verbal électronique n° 6023637050. Sur cette base, l'agent verbalisateur a constaté les infractions sur un outil dédié, avant de télétransmettre les données correspondantes au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA). Il résulte de l'instruction, et notamment du bordereau de transmission qui porte le même numéro que le procès-verbal électronique, que le CNT-CSA a envoyé automatiquement au domicile de M. A un avis de contravention, lequel n'a pas été retourné avec la mention " n'habite pas à l'adresse indiquée " et est réputé comporter l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dans ces conditions, alors que M. A n'établit pas, ni même n'allègue, que l'avis de contravention qu'il a reçu serait incomplet ou inexact, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant dispensé l'information préalable requise par les dispositions susmentionnées. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant retrait d'un point consécutive à l'infraction du 31 juillet 2020 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que les infractions commises les 31 juillet, 14 août, 16 août, 23 octobre, 1er et 11 novembre 2020 ont donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée établissant ainsi, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité des infractions.
9. Il résulte de tout ce qui précède que seules les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 22 août 2020 (un point) et 3 septembre 2020 (un point) doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " en date du 2 octobre 2021:
10. La décision du ministre constatant l'invalidation du permis de conduire de M. A récapitule les décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. Or, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Ainsi, dès lors que, par le présent jugement, il est procédé à l'annulation de décisions de retrait de points précitées, pour un total de deux points, le solde de points rattaché au permis de conduire de M. A est redevenu positif. Dès lors, la décision du 2 octobre 2021 doit aussi être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'annulation contentieuse d'une décision portant invalidation d'un permis de conduire à raison de l'illégalité d'un ou de plusieurs des retraits de points qui la fondent implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.
12. Dans ces circonstances, et compte tenu des motifs de l'annulation retenus, si l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer prenne une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement, elle n'implique en revanche pas nécessairement que le ministre procède à la reconstitution du capital de points affecté au permis de conduire de M. A et qu'il restitue à ce dernier son titre de conduite. Dès lors, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement, de prendre une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
DECIDE :
Article 1er : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 20 août et 3 septembre 2020 sont annulées.
Article 2 : La décision référencée " 48 SI " du 2 octobre 2021, en tant qu'elle constate que le permis de conduire de M. A a perdu sa validité, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconnaître à M. A le bénéfice des points retirés à la suite des infractions mentionnées à l'article 1er ci-dessus, sous réserve qu'ils aient déjà été restitués, et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation du requérant pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026