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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2200377

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2200377

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2200377
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantEL HAILOUCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 janvier 2022, M. A B, représenté par Me El Hailouch, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, qui la fonde ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

- elle est entachée d'insuffisance de motivation.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cour de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 23 mai 1988, demande l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, il ressort de l'arrêté n° 21-038 du 21 octobre 2021, régulièrement publié, que Mme E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration et signataire de l'arrêté litigieux, s'est vue déléguer la signature du préfet du Val-d'Oise aux fins de signer les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour, de sorte que le moyen tiré de son incompétence ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ". Ces dispositions, qui ne portent que sur la procédure à suivre avant de refuser de délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " à un ressortissant marocain à titre exceptionnel, sur le fondement du pouvoir propre de régularisation du préfet, et non sur les conditions de cette délivrance, sont applicables à la situation de M. B nonobstant les stipulations des articles 3 et 9 de l'accord franco-marocain.

4. Toutefois, les pièces versées à l'instance par M. B n'établissent pas sa présence habituelle et continue en France à partir de décembre 2011, notamment s'agissant de l'année 2015. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces produites par M. B qu'il travaille comme boulanger. Il a d'abord été embauché à temps plein, d'avril 2019 à octobre 2020, par la société " Les saveurs d'Asnières ", puis à compter du 5 octobre 2020, par la société " Good Time ", pour environ 87 heures par mois jusqu'au 1er décembre 2021, puis à temps plein à compter de cette date. Eu égard à la durée pendant laquelle il a occupé ces emplois, au fait qu'il a occupé un de ces postes à temps partiel durant plus d'un an et à son absence d'expérience ou de qualification particulière en tant que boulanger, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer, sur le fondement de son pouvoir propre de régularisation, un titre de séjour.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise sur son fondement.

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

7. L'arrêté litigieux vise l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. B est de nationalité marocaine. La décision litigieuse est ainsi suffisamment motivée au regard des exigences qui découlent des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

Sur les conclusions accessoires :

8. Par voie de conséquence du rejet de ses conclusions à fin d'annulation, les conclusions de M. B à fin d'injonction et tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient

Mme Van Muylder, présidente,

Mme C et M. D, premiers conseillers,

assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

G. DLa présidente,

signé

C. Van MuylderLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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