mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante : Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 13 janvier et 15 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Levy, demande au tribunal : 1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ; 2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise : - à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour en application du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; - à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : S'agissant de la décision portant refus d'un titre de séjour : - elle a été signée par une autorité incompétente ; - elle est insuffisamment motivée ; - elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ; - elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle méconnait les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; - elle est entachée d'une erreur de droit ; - elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire : - elle a été prise sur le fondement d'une décision portant refus d'un titre de séjour illégale ; - elle est illégale dès lors qu'elle remplissait les conditions pour se voir délivrer de plein droit une carte de séjour en application du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; - elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ; - elle entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Par ordonnance du 15 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2022. Le préfet du Val-d'Oise a produit un mémoire enregistré le 27 septembre 2022. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. C, - et les observations de Me Levy pour Mme A. Considérant ce qui suit : 1. Mme A, ressortissante algérienne née le 26 juillet 1976, entrée en France le 1er juillet 2013, selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre de sa vie privée et familiale. Par la présente requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement. Sur les conclusions à fin d'annulation : 2. Si les conditions de délivrance d'un titre de séjour aux ressortissants algériens sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il est toujours loisible au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit, en faisant usage du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, et d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. 3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que Mme A, arrivée en France le 1er juillet 2013, y réside de manière continue depuis lors et, d'autre part, qu'à la suite de son mariage avec un ressortissant français, elle a été munie d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français valable jusqu'au 24 février 2020. S'il est constant qu'il n'existe plus de communauté de vie entre la requérante et son époux et que le divorce de ces derniers a été prononcé le 20 décembre 2021 par le tribunal judiciaire de Pontoise, Mme A soutient qu'elle est désormais insérée professionnellement au sein de la société française et, pour le justifier, verse aux débats le contrat à durée indéterminée qu'elle a conclu le 25 mars 2019 avec la société Boucherie Kamal pour une durée de travail de 17 heures 30 par semaine et une rémunération mensuelle brute de 828,17 euros ainsi que le contrat à durée indéterminée conclu le 1er juillet 2019 avec la SASU Boucherie A pour une durée de travail de 76 heures par mois et une rémunération mensuelle brute de 762,30 euros. La requérante produit également 30 fiches de paie émanant de la société Boucherie Kamal à compter d'avril 2019 ainsi que 29 bulletins de salaire émanant de la SASU Boucherie A couvrant la période du 1er juillet 2019 au 1er janvier 2022. Enfin, il ressort des avis d'imposition versés aux débats que l'intéressée a déclaré 15 062 euros de revenus au titre de l'année 2020 et 10 156 euros au titre de l'année 2019. Il ressort enfin des pièces du dossier que Mme A réside chez son frère qui est titulaire d'un certificat de résidence et il n'est pas contesté qu'un autre membre de la fratrie réside également régulièrement en France. Dans ces conditions, compte tenu de sa durée de présence en France et de l'ancienneté de son activité professionnelle, Mme A est fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle de la requérante. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté en litige doit être annulé en toute ces dispositions. Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte : 4. Le motif d'annulation retenu implique nécessairement, en l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait, qu'il soit enjoint d'office au préfet du Val-d'Oise, ou à l'autorité préfectorale compétente, de délivrer à Mme A un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige : 5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 1 000 euros à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ces motifs, le tribunal décide :Article 1er : L'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 13 décembre 2021 est annulé. Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme A un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Val-d'Oise.Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :Mme Coblence, présidente,Mme Fléjou, première conseillère,et M. Goupillier, conseiller, assistés de Mme Charleston, greffière.Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.Le rapporteur,signéC. CLa présidente,signéE. CoblenceLa greffière,signéD. CharlestonLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.- 2 -No 2200417
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026