lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 janvier 2022 et 5 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Zhubert Toihiri, demande au tribunal :
A titre principal :
1°) d'annuler la décision du 22 janvier 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté explicitement sa demande de remise gracieuse concernant un solde d'indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 789, 03 euros concernant la période d'août 2018 à janvier 2020, et implicitement sa demande concernant des un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2595 euros concernant la période de septembre 2018 à mai 2019 ;
A titre subsidiaire :
2°) de lui accorder une remise totale de ces dettes et donc de lui accorder cette décharge totale ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise à lui rembourser les sommes déjà perçues au titre de l'indu de RSA ;
A titre très subsidiaire :
4°) de lui accorder la remise de dette la plus large possible ;
5°) de condamner la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise à lui rembourser les sommes déjà perçues au titre de l'indu de RSA ;
6°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise une somme de 1 500 euros à verser à Me Zhubert Toihiri sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État.
Elle soutient que :
- la décision attaquée émane d'une autorité incompétente ;
- la commission de recours amiable n'a pas été saisie de sa demande ;
- elle ne dispose pas des ressources nécessaires pour régler les sommes qui lui sont demandées.
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu :
- la décision attaquée
- la décision en date du 13 septembre 3021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Pontoise a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 15 mai 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a notifié à Mme B un indu de revenu de solidarité active (RSA) et d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant total de 5 820, 48 euros. Mme B a sollicité une remise gracieuse de cette dette. Par une décision du 22 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté sa demande de remise gracieuse concernant le solde d'indu de RSA d'un montant de 789, 03 euros. Par la présente requête, la requérante demande l'annulation de cette dernière décision en tant qu'elle rejette explicitement sa demande de remise gracieuse du solde d'indu de RSA et implicitement sa demande de remise gracieuse de sa dette d'aide personnalisée au logement et demande une remise totale de sa dette.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
3. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4. En premier lieu, sont sans incidence sur le litige la circonstance que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente, ou qu'elle serait intervenue au terme d'une procédure irrégulière. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige et de ce qu'elle serait irrégulière faute d'avoir été précédée de l'avis de la commission de recours amiable doivent être écartés comme inopérants.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du mémoire en défense produit par la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise que les indus en litige résultent de ce que Mme B a perçu des salaires issus d'activités professionnelles qu'elle a omis de déclarer pendant les années 2018 et 2019. Ce point n'est pas contesté par la requérante qui ne discute pas l'absence de bonne foi et se borne à soutenir que ses revenus ne lui permettent pas de régler la somme restant due dès lors qu'elle serait sans emploi, reconnue travailleur handicapée et rencontrerait des difficultés à s'acquitter de son loyer. Dans ces conditions, les dispositions de l'article L. 262-46 précitées du code de l'action sociale et des familles font obstacle à ce que soit accordée une remise gracieuse de l'indu mis à la charge de la requérante, quelle que soit la précarité de sa situation.
6. En troisième et dernier lieu, dans son mémoire en date du 5 décembre 2023, la requérante se prévaut d'un nouveau moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration et soutient que la caisse d'allocations familiales, qui aurait admis dans deux courriers en date des 13 août et 20 septembre 2020, que les déclarations à l'origine des indus en litige étaient des erreurs excluant ainsi leur caractère intentionnel, ne pouvait plus ultérieurement retenir leur caractère frauduleux. Toutefois, et en tout état de cause, la lettre par laquelle la caisse d'allocations familiales notifie un indu à l'allocataire et, à cette occasion, indique qu'elle considère qu'il s'agit d'une première erreur de déclaration, ne constitue pas une décision individuelle créatrice de droits. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée, par les moyens qu'elle invoque, à demander l'annulation de la du 22 janvier 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a rejeté explicitement sa demande de remise gracieuse.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont Mme B demande le versement à son avocat au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens qu'il aurait exposés s'il n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Zhubert Toihiri, au département du Val-d'Oise.
Copie en sera faite à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2200524
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026