lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2200694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | GRANADOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 janvier 2022 et 7 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Granados, demande au tribunal:
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 16 août 2021 en tant que le directeur de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a fixé à 30 % son taux d'invalidité en liquidant ses droits à pension, ensemble la décision du 29 octobre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant-dire droit afin de déterminer son taux d'invalidité ;
3°) d'enjoindre au directeur de la CNRACL de modifier son brevet de pension en lui allouant a minima un taux de 60 % d'invalidité;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au directeur de la CNRACL de modifier son brevet de pension en lui allouant le taux retenu par l'expert désigné par le tribunal ou, à défaut, de réexaminer sa situation en réévaluant son taux d'invalidité à de plus justes proportions ;
5°) de condamner la caisse des dépôts et consignations aux dépens ;
6°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de procédure, dès lors que l'avis de la commission de réforme a été rendu dans des conditions irrégulières, puisqu'aucun médecin spécialiste de ses pathologies n'a siégé alors que le dossier dont a disposé la commission de réforme était incomplet ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen, dès lors que la CNRACL a agi comme si elle était liée par l'avis de la commission de réforme ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation, dès lors que le taux d'invalidité de 30 %, qui correspond uniquement à son syndrome dépressif, ne couvre pas les autres pathologies ayant conduit à son admission à la retraite pour invalidité, soit le SIDA dont elle est atteinte depuis 2002, période où elle était déjà affiliée à la CNRACL, l'insuffisance thyroïdienne et l'hépatite C dont elle est atteinte depuis 2015.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 9 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 janvier 2023.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 68-756 du 13 août 1968 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Me Granados, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 16 août 2021, le directeur de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a concédé à Mme A, rédactrice territoriale, employée à la mairie de Sèvres, une pension pour invalidité au taux global de 30 %. Par un courrier du 12 octobre 2021, Mme A a contesté cette décision en tant qu'elle fixait son taux d'invalidité. Par une décision du 29 octobre 2021, la CNRACL a confirmé les conditions d'admission à la retraite de Mme A. Par la présente requête, cette dernière conteste ces deux décisions en tant que son taux d'invalidité a été fixé à 30 %.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pension, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. Aux termes de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. La commission de réforme compétente est celle du département où le fonctionnaire exerce ou a exercé, en dernier lieu, ses fonctions. La composition et le fonctionnement des commissions de réforme sont fixés par arrêté conjoint des ministres chargés de la sécurité sociale, des collectivités territoriales, de la santé et du budget, pris après avis du conseil supérieur compétent ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière: " La commission de réforme prévue par l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 susvisé : 1. Donne son avis, dans les conditions fixées par le titre II du présent arrêté, sur la mise à la retraite pour invalidité des agents affiliés à la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales ; () ". Aux termes de l'article 3 du même arrêté : " () Cette commission comprend : 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; () ". Enfin, aux termes de l'article 19 de cet arrêté : " La commission de réforme doit se prononcer dans chaque cas soit au vu des pièces médicales contenues dans les dossiers ou de toutes nouvelles attestations médicales qui pourraient être demandées aux intéressés, soit en faisant comparaître devant elle l'agent lui-même.
4. Il résulte de ces dernières dispositions que la commission de réforme n'est pas tenue de s'adjoindre systématiquement un médecin spécialiste, mais peut décider de s'attacher un tel concours si elle l'estime utile pour émettre son avis en toute connaissance de cause, en fonction des éléments portés par ailleurs à sa connaissance et de la complexité du dossier.
5. Il est constant qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé au sein de la commission de réforme lors des différentes séances où cette instance a examiné le cas de Mme A, atteinte du VIH depuis 1988, soit avant son affiliation à la CNRACL, et ayant connu de multiples complications en lien avec cette affection pendant sa période d'affiliation. De plus, il résulte de l'instruction que Mme A n'a été examinée à la demande de la commission de réforme que par un médecin psychiatre, ayant apprécié l'invalidité induite par son état dépressif, et par un médecin généraliste agréé, afin que l'ensemble des pathologies dont elle est atteinte soit listé et évalué. Il résulte de cette même instruction que le médecin généraliste expert mandaté n'a pas chiffré le taux d'invalidité associé à chacune de ces pathologies, qui sont toutes liées au VIH, ne permettant pas d'éclairer la commission de réforme sur l'aggravation de l'état de Mme A au regard de l'immunodéficience dont elle souffrait au cours de la période d'affiliation. De plus la commission de réforme n'a pas retenu l'ensemble des pathologies listés par le médecin généraliste expert dont elle avait sollicité l'avis et a estimé, contre l'avis de ce dernier et sans qu'un médecin spécialiste en maladie infectieuse ne soit consulté, que l'hépatite C dont était atteinte Mme A avait été contractée au même moment que le VIH, soit avant la période d'affiliation à la CNRACL. Dans ces circonstances, la commission de réforme doit être regardée comme n'ayant pas disposé de tous les éléments médicaux nécessaires pour rendre son avis sans s'adjoindre l'assistance d'un médecin spécialiste en maladie infectieuse ainsi qu'elle en avait la faculté en vertu des dispositions précitées de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004. Par suite, Mme A, ayant été privée d'une garantie, les décisions attaquées sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière et doivent, pour cette raison, être annulées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les conclusions présentées à titre subsidiaire, que la décision du 16 août 2021 en tant que le directeur de CNRACL a fixé à 30 % le taux d'invalidité de Mme A en liquidant ses droits à pension ainsi que la décision du 29 octobre 2021 portant rejet de son recours gracieux doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, implique nécessairement que la CNRACL soumette à nouveau à l'examen de la commission de réforme la situation de Mme A, s'agissant seulement du taux d'invalidité retenu pour liquider ses droits à pension, en s'assurant que cette dernière soit éclairée par la participation d'un médecin spécialiste en maladie infectieuse. Il y a lieu de lui enjoindre d'agir en ce sens dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. L'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requérante visant à mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations les entiers dépens.
9. Il y a lieu de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations au bénéfice de Mme A le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La décision du 16 août 2021 en tant que le directeur de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a fixé à 30 % le taux d'invalidité de Mme A en liquidant ses droits à pension et la décision du 29 octobre 2021 portant rejet du recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la CNRACL de soumettre la situation de Mme A à un nouvel examen de la commission de réforme dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : La caisse des dépôts et consignations versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la caisse des dépôts et consignations.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
M. CLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026