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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2200772

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2200772

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2200772
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2022, M. A E, représenté par Me Selmi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour pour raisons médicales, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour et de supprimer son inscription au sein du système d'information " Schengen " ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avis régulier du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; il n'est pas établi que cet avis ait été valablement signé par les membres du collège de médecins ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de cette même convention ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu tel que garanti par les articles L. 121-1 et L. 121-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que par les principes généraux du droit de l'Union européenne ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 24 du règlement (CE) n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 ;

- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête n'appelle aucune observation de sa part.

Par une ordonnance du 5 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juin 2022.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le règlement (CE) n° 1987/2006 du 20 décembre 2006 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Selmi, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E, ressortissant bangladais né le 3 février 1974, est entré en France le 1er septembre 2011, selon ses déclarations. Il s'est vu délivrer un titre de séjour pour soins. L'arrêté du 29 janvier 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a, notamment, refusé de renouveler ce titre de séjour a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise n°2002096 en date du 3 juin 2021. Par un arrêté du 7 décembre 2021, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a de nouveau refusé de renouveler le titre de séjour sollicité, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les moyens communs à l'encontre des décisions :

2. Par un arrêté n° 2021-064 du 13 octobre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'État dans le département des Hauts-de-Seine du 15 octobre suivant, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. F C, sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt et signataire de la décision attaquée, pour signer notamment les décisions de refus de délivrance de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français assorties d'une interdiction de retour sur le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré du vice de compétence doit être écarté.

Sur la légalité de la décision de refus de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté en litige vise notamment les dispositions

des articles L. 425-9, L. 611-1 et L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionné à sa situation personnelle et familiale et que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. La décision de refus de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État ".

5. Il ressort des pièces du dossier que l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 29 septembre 2021 comporte les noms, prénoms et qualités des trois médecins composant le collège ainsi que leur signature manuscrite. L'identification de ces médecins est ainsi suffisamment établie. Le requérant soutient néanmoins que les signatures des trois médecins du collège de l'OFII figurant sur cet avis présenteraient un caractère irrégulier dès lors qu'il aurait été recouru à des signatures électroniques sans que les prescriptions du décret du 28 septembre 2017 relatif à la signature électronique et celles du règlement (UE) n° 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l'identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur et abrogeant la directive 1999/93/CE, aient été respectées. Toutefois, aucun élément du dossier ne permet d'établir que l'avis aurait fait l'objet de signatures électroniques par les trois médecins concernés et de douter de l'authenticité des signatures apposées sur l'avis en litige. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort de l'avis du collège de médecins de OFII en date du 29 septembre 2021 que ce collège a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait des soins dont le défaut était susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par ailleurs, ni les dispositions citées au point 4 ni aucune autre disposition légale ou réglementaire ne font obligation au collège de médecins de OFII d'indiquer la nature du traitement suivi par l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de OFII doit être écarté.

7. En quatrième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour refuser à M. E le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions citées au point 4, le préfet des Hauts-de-Seine s'est notamment fondé sur l'avis du 29 septembre 2021 rendu par le collège de médecins de l'OFII, qui a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et y voyager sans risques. Pour établir qu'il ne peut bénéficier de soins appropriés pour sa pathologie dans son pays d'origine, l'intéressé, qui indique souffrir d'un diabète de type 2, fait valoir que le système de soins est défaillant au Bangladesh en raison du nombre limité d'hôpitaux publics, du coût des soins, de la pénurie de médicaments et de personnel médical, de l'instabilité politique et de la corruption. Toutefois, ces allégations, non étayées et insuffisamment circonstanciés, ne permettent pas d'établir que l'intéressé ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié pour sa pathologie dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. Il résulte des points 2 à 8 que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, le moyen tiré par un ressortissant étranger des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine est inopérant à l'encontre de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En deuxième lieu, M. E, qui n'a pas la qualité de réfugié, ne peut donc utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen, qui est inopérant, doit être écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Si M. E fait valoir qu'il vit en couple et est le père de deux enfants en très bas âge, il n'en justifie pas, alors qu'il ressort des termes de l'arrêté en litige que l'intéressé est le père d'un seul enfant, né en 2003, qui réside, avec l'épouse de l'intéressé, dans son pays d'origine. Par ailleurs, les circonstances que M. E justifie d'un contrat à durée indéterminée, conclu le 1er septembre 2018, pour un emploi de commis de cuisine et qu'il dispose d'une expérience professionnelle antérieure en France, ne sont pas, à elles seules, de nature à constituer des attaches personnelles d'une particulière intensité. Par suite, la décision en litige ne porte pas à la vie privée et familiale du requérant une atteinte excessive au regard des buts qu'elle poursuit. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

15. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 13 que la décision en litige ne porte pas une atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

16. Il résulte des points 2 et 10 à 15 que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et

L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". Aux termes de l'article L. 612-8 de ce même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

19. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

20. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état de la situation familiale de M. E et indique que ses liens ne sont pas anciens, intenses et stables et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.

21. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne (10 septembre 2013, aff. C-383/13) qu'une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.

22. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E ait été mis en mesure, à un moment de la procédure, de présenter des observations sur le principe ou le quantum de la décision contestée. Toutefois, ainsi qu'il a déjà été dit, l'intéressé ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale en France et ne se prévaut d'aucun élément qu'il aurait pu porter à la connaissance du préfet. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la procédure administrative n'aurait donc pas pu aboutir à un résultat différent du fait des observations ou éléments que M. E a été privé de faire valoir. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

23. En quatrième lieu, ainsi qu'il a déjà été dit, M. E ne justifie d'aucune attache personnelle et familiale en France. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de fait que l'autorité préfectorale a décidé de prononcer l'interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an à l'encontre de l'intéressé. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

24. En cinquième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porterait une atteinte excessive à sa vie privée et familiale.

25. En dernier lieu, M. E ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 24 du règlement (CE) n°1987/2006 du 20 décembre 2006, relatives aux conditions auxquelles sont soumis les signalements introduits aux fins d'interdiction de retour, qui concernent les modalités d'exécution de la décision en litige et sont par suite sans incidence sur sa légalité. Le moyen, qui est inopérant, doit être écarté.

26. Il résulte des points 2 et 17 à 25 que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.

27. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président,

M. Probert, premier conseiller,

Mme Garona, conseillère

Assistés par Mme Galan, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.

Le rapporteur,

signé

L. D

Le président,

signé

L. BuissonLa greffière,

signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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