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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2201015

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201015

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2201015
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGUEZ GUEZ SEFIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et des mémoires, enregistrés les 17 janvier, 10 août et 22 novembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine demande au tribunal sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2021 par lequel la maire de la commune de Bagneux a délivré à l'association de Bienfaisance de la mosquée Omar du sud des Hauts-de-Seine un permis de construire modificatif relatif à un centre culturel et cultuel musulman dont la construction au 1-3 avenue Louis Pasteur avait été autorisée par un permis de construire le 3 août 2018, ainsi que de la décision du 15 décembre 2021 par laquelle cette maire a refusé de retirer ce permis modificatif.

Il soutient que ces décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 422-5-1 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 octobre 2022 et le 24 avril 2023, la maire de la commune de Bagneux conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros.

Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Baude, rapporteur,

-les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,

-et les observations de Mme A et de M. B C, représentant le préfet des Hauts-de-Seine, et de Me Samandjeu,, représentant la commune de Bagneux.

Considérant ce qui suit :

1. La maire de la commune de Bagneux a délivré le 3 août 2018 à l'association de Bienfaisance de la mosquée Omar du sud des Hauts-de-Seine un permis de construire portant sur la construction d'un centre culturel et cultuel musulman 1-3 avenue Louis Pasteur. Par la présente requête, le préfet des Hauts-de-Seine sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2021 par lequel la maire de la commune de Bagneux a délivré à cette association un permis de construire modificatif, ensemble la décision du 15 décembre 2021 par laquelle la maire a refusé d'en prononcer le retrait.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 422-5-1, inséré dans le code de l'urbanisme par l'article 7 de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis du représentant de l'Etat dans le département si le projet porte sur des constructions et installations destinées à l'exercice d'un culte ".

3. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 24 août 2021 dont elles sont issues, que la consultation qu'elles prévoient n'est requise que lorsque la demande dont le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est saisi porte sur un projet ayant pour effet de créer ou d'étendre significativement une construction ou une installation destinée à l'exercice d'un culte.

4. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé par le permis modificatif litigieux emporte la réduction respectivement de 24 m2 et 8 m², des salles de prière pour les femmes et pour les hommes situées au rez-de-chaussée, la création au rez-de-jardin d'une salle de prière de 134 m² pour les femmes et la réduction corrélative de 171 m² de la taille de la salle de prière réservée aux hommes, la création au rez-de-chaussée d'un espace commercial de 105 m² et l'aménagement de coursives extérieures, d'escaliers, d'une sortie de secours et l'installation d'un ascenseur. Ni la réorganisation des espaces de prière, se traduisant par la réduction globale des surfaces qui leur sont réservées, ni la création d'un espace commercial, non destiné à l'exercice du culte, ni les autres modifications résultant de ce permis modificatif ne peuvent être regardées comme créant des constructions ou installations destinées à l'exercice du culte ou comme étendant significativement celles dont la création a été autorisée par le permis de construire initial délivré le 3 août 2018. Dès lors, le projet n'entre pas dans le champ de la consultation obligatoire du préfet prévue à l'article L. 422-5-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que le préfet des Hauts-de-Seine n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait dû être consulté préalablement à la délivrance du permis de construire contenu dans l'arrêté querellé.

5. Il résulte de ce qui précède que le déféré du préfet des Hauts-de-Seine doit être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Elle peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros que la commune de Bagneux demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er :Le déféré du préfet des Hauts-de-Seine est rejeté.

Article 2 :Les conclusions présentées par la maire de la commune de Bagneux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié au préfet ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commune de Bagneux.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

M. Baude, premier conseiller,

Mme Chaufaux, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

Le rapporteur,

signé

F. -E. Baude

La présidente,

signé

S. Edert La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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