jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201143 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | PARTOUCHE-KOHANA STÉPHANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2022, ainsi que des pièces enregistrées le 12 septembre 2022 qui n'ont pas été communiquées, M. C, représenté par Me Partouche-Kohana, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mai 2020 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de quinze jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de réexaminer sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de le munir, dans l'intervalle, d'une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- le préfet s'est cru en situation de compétence liée au regard de l'avis de la commission du titre de séjour ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision lui faisant obligation de quitter le territoire :
- cette décision est illégale pour être fondée sur une décision lui refusant un titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale pour être fondée sur des décisions elles-mêmes illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique du 14 septembre 2022 qui s'est tenue en présence de Mme Lefebvre, greffière, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant sénégalais né le 4 janvier 1964, entré en France, selon ses déclarations, le 28 juin 2007, a sollicité le 18 octobre 2018 une admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 14 mai 2020, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise lui a refusé le titre de séjour sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision refusant à M. C un titre de séjour mentionne les dispositions conventionnelles, législatives et réglementaires sur lesquelles elle se fonde et indique les considérations de fait qui ont conduit à son édiction, notamment que l'intéressé a déclaré être entré sur le territoire français le 28 juin 2007 et établit s'y être maintenu depuis plus de dix ans, que la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable à sa demande le 31 janvier 2020, qu'il a été invité vainement à fournir une promesse d'embauche et qu'il ne démontre aucune perspective d'emploi. Elle précise également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors que s'il est marié, son épouse réside dans son pays d'origine avec leurs quatre enfants, sa mère et sa fratrie, pays dans lequel il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 43 ans. Par suite, la décision comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté en litige rappelées au point précédent, que le préfet du Val-d'Oise a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C avant de lui refuser la délivrance du titre de séjour sollicité. Par suite le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas davantage de l'examen de la décision attaquée que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée à l'égard de l'avis de la commission du titre de séjour.
6. En quatrième lieu, en vertu des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public : " À l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (). L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. M. C n'apporte aucun élément permettant d'apprécier l'intensité, l'ancienneté et la stabilité des attaches personnelles créées durant son séjour en France, alors même qu'il présente une durée de séjour importante, remontant à 2007, selon ses déclarations. Il ressort en outre des pièces du dossier, notamment de la fiche de salle dûment remplie par le requérant et du procès-verbal de la réunion de la commission du titre de séjour retranscrivant ses propos, que ce dernier n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 43 ans et où résident son épouse et leurs quatre enfants, ainsi que sa mère et sa fratrie. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de la commission du titre de séjour que M. C a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français en 2016 qu'il n'a pas exécutée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par l'arrêté attaqué, des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ".
9. Pour rejeter la demande de régularisation exceptionnelle de M. C le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur le fait que d'une part, celui-ci, invité à produire notamment une promesse d'embauche, n'a pas été en mesure de produire le document demandé et ne justifie d'aucune perspective d'emploi et que, d'autre part, il ne démontre pas l'existence de liens affectifs ou familiaux intenses, stables et anciens sur le territoire français. A cet égard, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait exercé durant son séjour en France une quelconque activité professionnelle dès lors qu'il ressort du procès-verbal de la commission du titre de séjour qu'il a bénéficié de titres de séjour pour raisons médicales et que l'intéressé a confirmé être encore atteint d'une pathologie faisant obstacle à l'exercice d'une activité professionnelle. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 7, M. C, qui ne fait état d'aucune attache sur le territoire français, n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident son épouse et leurs quatre enfants, et où il a vécu à tout le moins jusqu'à l'âge de 43 ans. Par suite, et nonobstant la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français depuis 2007, à raison de laquelle le préfet a saisi la commission du titre de séjour, en application du deuxième alinéa de l'article L. 313-14 précité, laquelle a émis un avis défavorable le 31 janvier 2020 à la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que M. C ne peut bénéficier d'une mesure de régularisation à titre exceptionnel au sens de ces dispositions
10. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant doit également être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. C n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français qui l'assortit, serait elle-même, pour ce motif, entachée d'illégalité.
12. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. C et la décision lui faisant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachées d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision fixant le pays de renvoi qui les assortit, serait elle-même, pour ce motif, entachée d'illégalité.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. A et Mme D, premiers conseillers,
Assistés de Mme Lefebvre, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
C. D
La présidente,
signé
C. Bories
La greffière,
signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026