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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2201316

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201316

vendredi 3 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2201316
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantACHELI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2022, M. A B, représenté par Me Acheli, avocat, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision, en date du 28 octobre 2021, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer une carte de résident et la décision confirmative, prise sur recours gracieux, en date du 2 décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de résident ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il remplit les conditions pour bénéficier d'une carte de résident.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Le préfet du Val-d'Oise fait valoir que la requête de M. B est irrecevable, dès lors que les décisions des 28 octobre et 2 décembre 2021 ne font pas grief.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Prost, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant mauricien, a demandé, le 29 juin 2021, le renouvellement de sa carte de résident. Le préfet du Val-d'Oise lui a délivré un récépissé valable du 29 juin 2021 au 28 septembre 2021, puis remis, le 14 septembre 2021, une carte de séjour pluriannuelle pour une durée de cinq ans. Par un courriel en date du 28 octobre 2021, les services de la préfecture du Val-d'Oise ont informé M. B, en réponse à son courriel du 27 octobre 2021, que la carte de résident lui avait été refusé au motif qu'il ne justifiait pas d'un niveau de maîtrise du français de niveau A2. Ce dernier a formé un recours gracieux en date du 12 novembre 2021 qui a été rejeté par une décision en date du 2 décembre 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Le refus implicite opposé à la demande de carte de résident présentée par M. B est réputé avoir été pris par le préfet du Val-d'Oise, auquel était adressée la demande, et non par une autre autorité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 428-17 du même code : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / Les années de résidence sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " retirée par l'autorité administrative sur le fondement d'un mariage ayant eu pour seules fins d'obtenir un titre de séjour ou d'acquérir la nationalité française ne peuvent être prises en compte pour obtenir la carte de résident prévue au premier alinéa. / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / La condition de ressources prévue au premier alinéa n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code. ". Aux termes de l'article L. 413-7 du même code : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10 ou L. 423-16 ( ) est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. () Les étrangers âgés de plus de soixante-cinq ans ne sont pas soumis à la condition relative à la connaissance de la langue française. ". Enfin, l'article R. 413-15 du code mentionné ci-dessus dispose : " Pour l'appréciation de la condition d'intégration prévue à l'article L. 413-7, l'étranger doit fournir : / 1° Une déclaration sur l'honneur par laquelle il s'engage à respecter les principes qui régissent la République française ; / 2° Les diplômes ou certifications permettant d'attester de sa maîtrise du français à un niveau égal ou supérieur au niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues du Conseil de l'Europe tel qu'adopté par le comité des ministres du Conseil de l'Europe dans sa recommandation CM / Rec (2008) 7 du 2 juillet 2008, dont la liste est définie par un arrêté du ministre chargé de l'accueil et de l'intégration () ".

4. Il est constant que M. B, né le 12 octobre 1984 à l'Île Maurice, n'a présenté aucun des diplômes ou certifications, prévus par les dispositions précitées, permettant de justifier de sa maîtrise de la langue française au niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues, et par conséquent son intégration républicaine dans la société française. Dans ces conditions, c'est donc à bon droit que le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer la carte de résident demandée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 428-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Val-d'Oise, que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

7. L'État n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par M. B doivent, par suite, être rejetées.

D E´ C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2023.

Le rapporteur,

signé

F.-X. PROST

Le président,

signé

K. KELFANILa greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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