mercredi 6 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RIVIERE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 janvier, 3 février et 15 septembre 2022, le syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres, représenté par Me Laroche, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a délivré à la société par actions simplifiées (SAS) Le Gallo Boulogne un permis de construire en vue de la démolition partielle d'un bâtiment à usage de bureau, sa réhabilitation et sa surélévation sur un terrain sis 48, quai Alphonse Le Gallo à Boulogne-Billancourt, ensemble la décision du 1er décembre 2021 ayant rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le permis de construire devait être instruit au vu des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme dans sa version approuvée le 19 décembre 2018, dès lors :
o d'une part, que le certificat d'urbanisme dont le pétitionnaire se prévaut était caduc à la date de dépôt de sa demande de permis de construire ;
o d'autre part, à supposer que la durée de validité du certificat d'urbanisme ait été prorogée par l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020, la SAS Le Gallo n'a pas déposé un dossier de demande complet dans le délai de validité du certificat d'urbanisme ;
- les visas de l'arrêté de permis de construire en litige ne mentionnent pas le caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire déposé le 24 juillet 2020 ;
- l'arrêté de de permis de construire en litige méconnait les dispositions de l'article UC a,b 8 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC a,b 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC a,b 12.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la commune de Boulogne-Billancourt, représentée par Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 28 mars et le 15 septembre 2022, la SAS Le Gallo Boulogne, représentée par Me Bonneau, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou, à défaut, de l'article L. 600-5 de ce code, et à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
o elle est tardive ;
o le syndicat ne justifie pas de sa qualité pour agir ;
o la notification des recours gracieux et contentieux en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme est irrégulière ;
o elle présente le caractère d'un recours parallèle ;
- les autres moyens invoqués par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chaufaux,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- et les observations de Me Laroche, représentant le syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres, de Me Herpin, substituant Me Lherminier, représentant la commune de Boulogne-Billancourt et de Me Bonneau, représentant la SAS Le Gallo Boulogne.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 22 mars 2021, le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a délivré à la société par actions simplifiées (SAS) Le Gallo Boulogne un permis de construire en vue de la démolition partielle d'un bâtiment à usage de bureau, sa réhabilitation et sa surélévation sur un terrain sis 48, quai Alphonse Le Gallo à Boulogne-Billancourt. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres, représenté par son syndic la société Quenot, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne le défaut de qualité pour agir :
2. La SAS Le Gallo fait valoir que le syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres ne justifierait pas de sa qualité pour agir dès lors que la résolution du 14 mars 2022 autorisant le syndic à agir en justice mentionne le permis de construire du 24 juillet 2020, correspondant à la date de dépôt de la demande et non à la date de délivrance du permis de construire en litige. Toutefois, la résolution du 14 mars 2022 identifie la nature de l'acte en litige, le titulaire de ce dernier et l'autorité l'ayant délivré. Ainsi, cette seule erreur de date, pour regrettable qu'elle soit, n'a pas à elle seule pour effet de ne pas conférer au syndic la qualité pour agir en justice à l'encontre de l'arrêté en litige. Par suite la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut de qualité pour agir du syndicat requérant doit être écartée.
En ce qui concerne l'exception de recours parallèle :
3. L'introduction d'un recours contentieux par le syndicat des copropriétaires principal du 18-20 rue de Sèvres et du 48-49 quai Alphonse Le Gallo, dont au surplus le requérant n'est pas membre, ne présente pas le caractère d'un recours parallèle et ne rend pas irrecevable la présente requête.
En ce qui concerne la tardiveté du recours :
4. Il n'est pas contesté que la mention de l'arrêté de permis de construire en litige a été affichée à compter du 7 août 2021. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a, dans le délai de recours contentieux, exercé un recours gracieux auprès du maire de Boulogne-Billancourt le 30 septembre 2021, réceptionné le 1er octobre 2021. Ce recours a été implicitement rejeté le 1er décembre 2021. Ainsi, le recours gracieux exercé par le requérant a valablement prorogé le délai de recours contentieux. Il s'ensuit que la présente requête, enregistrée le 28 janvier 2022, n'est pas tardive. La circonstance que le syndicat requérant ait participé au vote désignant le syndic en charge de la gestion du syndicat des copropriétaires principal du 18-20 rue de Sèvres et du 48-49 quai Alphonse Le Gallo, lequel a exercé un recours gracieux le 17 mai 2021, n'a pas eu pour effet de faire courir à l'égard du requérant le délai de recours contentieux, dès lors qu'il n'en est pas l'auteur.
En ce qui concerne l'irrégularité des notifications des recours gracieux et contentieux effectuées en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. () ".
6. D'une part, la SAS Le Gallo Boulogne soutient que la notification du recours gracieux à son égard est irrégulière au motif qu'elle ne permettait pas d'identifier la décision contestée dès lors que la lettre de notification vise l'arrêté de permis de construire du 27 juillet 2021 et que le recours gracieux mentionne en première page l'arrêté de permis de construire du 24 juillet 2020. Toutefois, pour regrettables que soient ces deux erreurs, la lettre de notification au pétitionnaire comme le recours gracieux, qui à l'exception de la première page mentionne l'arrêté de permis de construire du 22 mars 2021, précisent le numéro de l'arrêté de permis de construire, l'identité du pétitionnaire ainsi que l'adresse à laquelle s'implante le projet contesté, de sorte que la SAS Le Gallo ne pouvait se méprendre sur la décision objet du recours gracieux.
7. D'autre part, la SAS Le Gallo Boulogne soutient que la notification du recours contentieux à son égard est irrégulière au motif qu'elle ne lui a pas permis d'identifier la décision contestée, dès lors que la lettre de notification et la requête font référence à un arrêté du 24 juillet 2020. Toutefois, la décision attaquée, comme l'ensemble des pièces jointes à la requête, sont relatives à l'arrêté de permis de construire en date du 22 mars 2021. Au surplus, il ne ressort pas du premier mémoire en défense du pétitionnaire que ce dernier aurait eu des doutes quant à la décision objet du recours.
8. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrégularité des notifications des recours gracieux et contentieux au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la caducité du certificat d'urbanisme dont se prévaut le pétitionnaire :
9. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. ".
10. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Les mesures administratives ou juridictionnelles suivantes et dont le terme vient à échéance au cours de la période définie au I de l'article 1er sont prorogées de plein droit jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois suivant la fin de cette période : () 3° Autorisations, permis et agréments ; () ".
11. Il résulte de ces dispositions combinées que les certificats d'urbanisme dont la durée de validité arrivait à échéance au cours de la période d'urgence sanitaire, à savoir entre le 12 mars et le 23 juin 2020 inclus, ont été prorogés jusqu'au 23 septembre 2020.
12. Il ressort des pièces du dossier que le certificat d'urbanisme dont se prévaut la SAS Le Gallo Boulogne a été délivré le 15 novembre 2018. Sa durée de validité est arrivée à échéance durant la période d'urgence sanitaire et a été prorogée jusqu'au 23 septembre 2020 en application des dispositions de l'article 3 de l'ordonnance du 25 mars 2020 précitées. Il s'ensuit que le certificat d'urbanisme n'était pas caduc le 24 juillet 2020, date à laquelle la SAS Le Gallo Boulogne a déposé sa demande de permis de construire.
13. En second lieu, le requérant soutient que le dossier de demande de permis de construire a été complété postérieurement à la date de caducité du certificat d'urbanisme de sorte que le dépôt d'un dossier de demande de permis de construire incomplet le 24 juillet 2020 n'a pu avoir pour effet de suspendre le délai de dix-huit mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du récépissé du dépôt de la demande de permis de construire, qu'un dossier a bien été déposé le 24 juillet 2020, soit dans le délai de validité du certificat d'urbanisme délivré le 15 novembre 2018 ainsi qu'il a été dit au point 12. La circonstance que la notice décrivant le terrain et présentant le projet, dite PC4, ait été complétée et qu'une attestation certifiant que l'étude requise par le plan de prévention des risques inondation a été réalisée et que le projet la prend en compte, dite PC13, ait été produite postérieurement est en l'espèce sans incidence sur la date de dépôt de la demande de permis de construire.
14. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que la demande de permis de construire a été instruite au regard du plan local d'urbanisme approuvé le 8 avril 2004, dans sa version issue de la mise en compatibilité approuvée le 28 septembre 2016.
En ce qui concerne l'incomplétude des visas de l'arrêté de permis de construire :
15. Aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation de mentionner dans les visas d'un arrêté de permis de construire les demandes de pièces complémentaires effectuées par le service instructeur et, au demeurant, l'omission d'un visa ou une erreur dans les visas est sans influence sur la légalité de l'acte. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boulogne-Billancourt dans sa version applicable au litige :
16. En premier lieu, aux termes de l'article UC a,b 8.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions ou parties de construction implantées sur un même terrain doivent l'être de sorte que : / face à une partie de construction comportant des baies principales de logement, la partie de construction en vis-à-vis respecte le prospect H ( L + 3 m, () H étant la hauteur de la façade en vis-à-vis par rapport au niveau de référence, L étant la distance mesurée perpendiculairement de la partie de façade concernée à la façade en vis-à-vis. ".
17. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan masse, que l'épannelage du projet, caractérisé par une augmentation de la hauteur en fonction de la distance par rapport aux façades des bâtiments voisins, respecte les règles de prospect fixées par les dispositions de l'article UC a,b 8.2.1 précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC a,b 8.2.1 manque en fait et doit être écarté.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article UC a,b 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les matériaux employés doivent contribuer à l'expression architecturale des constructions à édifier. L'emploi de matériaux dits réfléchissants teints ou opaques est interdit. () ".
19. Il ressort du photomontage des assemblages projetés et de la planche relative à la matérialité des façades que les matériaux employés pour les façades ne sont pas réfléchissants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC a,b 11.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme manque en fait et doit être écarté.
20. En dernier lieu, aux termes de l'article UC a,b 12.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement : " En cas de travaux sur bâtiments existants, il ne sera exigé que la différence entre les besoins nouveaux et les besoins avant travaux, c'est à dire après démolition, tels que définis à l'article 12.2.1. Le nombre des places préexistantes aux travaux devra être conservé dans la limite des besoins réglementaires. ".
21. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
22. Si l'arrêté de permis de construire en litige autorise la suppression de trente places de stationnement, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des déclarations du pétitionnaire, que les places de stationnement conservées répondront aux besoins réglementaires à l'échelle du terrain d'assiette, à savoir de la parcelle AG 0031 et non du seul lot sur lequel s'implante le projet. Par ailleurs, dès lors que l'arrêté en litige autorise la suppression de trente places de stationnement, la SAS Le Gallo Boulogne comme la commune de Boulogne-Billancourt ne peuvent utilement soutenir que les travaux seraient étrangers aux dispositions de l'article UC a,b 12.3.3 précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC a,b 12.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
23. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
24. En l'espèce, il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de Boulogne-Billancourt a délivré à la SAS Le Gallo Boulogne un permis de construire n'est entaché d'illégalité qu'en tant qu'il méconnait, ainsi qu'il a été dit au point 22, les dispositions de l'article UC a,b 12.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boulogne-Billancourt. Eu égard à l'illégalité retenue, dont la régularisation n'apporterait pas un bouleversement tel à l'économie générale du projet qu'il en modifierait la nature, il y a lieu d'annuler la décision attaquée seulement dans cette mesure.
Sur les frais du litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, les sommes que la SAS Le Gallo Boulogne et la commune de Boulogne-Billancourt demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt une somme de 1 200 euros à verser au requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 mars 2021 du maire de la commune de Boulogne-Billancourt, ainsi que sa décision rejetant le recours gracieux du requérant, sont annulés partiellement, au sens des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, en tant qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article UC a,b 12.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Boulogne-Billancourt.
Article 2 : La commune de Boulogne-Billancourt versera au syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Boulogne-Billancourt présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions de la SAS Le Gallo-Boulogne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires secondaire du 18-20 rue de Sèvres, à la commune de Boulogne-Billancourt et à la SAS Le Gallo-Boulogne.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2024.
La rapporteure,
signé
E. Chaufaux
La présidente,
signé
S. EdertLa greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026