LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2201478

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201478

mercredi 10 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2201478
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation10ème Chambre
Avocat requérantPLACE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, M. F E, représenté par Me Place, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. E soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- le préfet n'a pas saisi l'office français de l'immigration et de l'intégration eu égard à l'état de santé de sa fille ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant refus de délivrance d'un certificat de résidence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 mars 2023.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 novembre 2022.

Vu :

- le jugement n°1909108 du tribunal du 19 novembre 2020 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Jirod, substituant Me Place, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et du requérant, qui précise que la carte de séjour de son épouse a été renouvelée jusqu'au 11 février 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. F E, ressortissant algérien né le 12 décembre 1979, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien en qualité d'accompagnant d'enfant malade dans le cadre des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 13 décembre 2021, dont il demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent utilement être invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. E est le père d'une enfant, B E, née le 7 octobre 2015, qui souffre d'une encéphalopathie épileptique sévère d'origine néonatale. Il est constant que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme E, épouse du requérant, est entrée en France en 2017 avec cet enfant, afin que sa fille puisse y recevoir les soins rendus nécessaires par son état de santé. A cet égard, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé par jugement n°1909108 du 19 novembre 2020, devenu définitif, la décision du 26 mars 2019 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de délivrer un certificat de résidence à Mme E en qualité d'accompagnant d'enfant malade, au motif qu'elle portait atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, qui n'était pas susceptible de pouvoir bénéficier en Algérie des soins rendus nécessaires par son état de santé. L'intéressée s'est alors vu remettre un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " et était titulaire d'un tel certificat de résidence à la date de l'arrêté en litige. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant B bénéficie encore d'une prise en charge pluridisciplinaire consistant notamment en la mise en place d'une prise en charge en kinésithérapie, en psychomotricité, de séances de rééducation en orthophonie et en orthoptie, d'un suivi éducatif spécialisé et d'un accompagnement psychologique. Par ailleurs, l'état de santé de l'enfant justifie également un lourd traitement nécessitant la mise en place d'appareillages en orthopédie, neurologie et gastrologie, avec des contrôles réguliers, du fait d'une nutrition entérale par sonde nasogastrique et la mise en place d'une oxygénothérapie à domicile avec aérosol. En outre, alors que le couple a donné naissance à une autre enfant le 6 juillet 2020, M. E verse, à l'appui de sa requête, de nombreux certificats médicaux attestant que sa présence aux côtés de sa fille malade est indispensable. Il verse notamment un certificat médical établi le 24 octobre 2020 par le Dr G médecin au service de pneumologie pédiatrique de l'hôpital Armand Trousseau, qui indique que l'état de santé de la jeune B nécessite " des soins spécialisés dont l'absence pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, de l'handicap physique jusqu'au décès " et qu'" elle a également besoin de ses parents à ses côtés pour l'assister dans la prise en charge thérapeutique ", un certificat médical en date du 25 novembre 2020 du Dr D, praticien hospitalier au sein du service de nutrition et de gastroentérologie pédiatrique de l'hôpital Armand Trousseau, qui précise que l'état de santé de l'enfant B " nécessite des soins spécialisés tels qu'une nutrition entérale sur gastrostomie " et que " la présence de son père () est nécessaire à ses côtés ", un certificat médical en date du 8 janvier 2022 lequel mentionne que l'état de santé de la jeune B " nécessite la présence de son père en France pour participer à son suivi de soins ", celle-ci ayant " des soins quotidiens lourds qui ne peuvent être gérés uniquement " par sa mère, et un certificat médical du 19 janvier 2022 du Dr C, chef de clinique au service de pneumologie pédiatrique de l'hôpital Armand Trousseau, lequel énonce que l'enfant B " est en situation de handicap sévère avec un état nutritionnel et respiratoire extrêmement précaire qui nécessite des soins médicaux qui ne peuvent être assurés dans son pays d'origine ainsi que la présence continue de son père auprès d'elle ". Dans ces conditions, eu égard aux multiples prises en charge dont l'enfant du requérant a fait l'objet depuis son arrivée en France à l'âge de deux ans, et dont elle fait toujours l'objet à la date de la décision contestée, et dans l'intérêt de cette enfant, dont l'état de santé nécessite la présence de ses deux parents à ses côtés, M. E est fondé à soutenir que la décision contestée de refus de délivrance d'un certificat de résidence a été prise en méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé à M. E la délivrance d'un certificat de résidence algérien doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement, eu égard au motif sur lequel il se fonde, implique nécessairement que le préfet du Val-d'Oise, ou le préfet territorialement compétent, délivre à M. E un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu de fixer au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, pour procéder à la délivrance de ce titre, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais du litige :

6. M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Place, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Place de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien à M. E, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. E un certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'État versera une somme de 1 000 euros à Me Place, avocate de M. E, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Me Place et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, président,

M. Poyet, premier conseiller,

Mme Saïh, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

Z. A

La présidente,

signé

C. BoriesLa greffière,

signé

S. Lefebvre

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions