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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2201571

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201571

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2201571
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre (JU)
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS IOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2022, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48SI " en date du 4 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions constatées les 6 juin 2021, 21 octobre 2020, 16 octobre 2020, 27 juillet 2020, 12 mars 2021, 23 avril 2020, 4 janvier 2020, 30 juin 2019 à 6 heures 49 et à 5 heures 57 et le 11 décembre 2019 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route avant l'intervention des décisions de retrait de points ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un courrier du 7 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tenant à l'annulation des décisions de retrait de points suite aux infractions commises les 21 octobre 2020, 11 décembre 2019 et le 30 juin 2019 à 6 heures 49 dès lors que les points en litige ont été restitués.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Drevon-Coblence a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'infractions au code de la route, le ministre de l'intérieur a retiré des points au capital affecté au permis de conduire de M. A. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l'intérieur a, par décision " 48SI " du 4 décembre 2021, prononcé l'invalidation de ce permis et ordonné à M. A de restituer son titre de conduite. M. A demande l'annulation des retraits de points prononcés suite aux infractions constatées les 6 juin 2021, 21 octobre 2020, 16 octobre 2020, 27 juillet 2020, 12 mars 2021, 23 avril 2020, 4 janvier 2020, 30 juin 2019 à 6 heures 49 et 5 heures 57 et le 11 décembre 2019 et de la décision " 48SI " susmentionnée.

Sur la recevabilité :

2. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral que les points retirés à la suite des infractions constatées les 21 octobre 2020, 11 décembre 2019 et 30 juin 2019 à 6 heures 49 ont été restitués en application de l'article L. 223-6 du code de la route. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions successives de retrait de points :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :

3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

4. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public.

S'agissant de l'infraction commise le 4 janvier 2020 (3 points) :

5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

6. Le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique établi le 4 janvier 2020, signé par le requérant. Il suit de là que la preuve de la délivrance de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est rapportée par le ministre s'agissant de cette infraction.

S'agissant de l'infraction commise le 12 mars 2021 (1 point) :

7. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

8. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que l'infraction commise le 12 mars 2021 a été relevée sans interception du véhicule à l'aide d'un système de contrôle automatisé et qu'il a payé l'amende forfaitaire afférente à cette infraction. Ce paiement permet d'établir que l'intéressé a bien reçu l'avis de contravention, qui est établi selon les indications prévues par l'article A. 37-8 du code de procédure pénale et comporte les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le requérant n'apportant aucun élément tendant à démontrer que les documents qui lui ont été envoyés seraient inexacts ou incomplets au regard des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve que les informations requises ont été délivrées au contrevenant. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

S'agissant des infractions commises les 27 juillet 2020 (1 point), 16 octobre 2020 (1 point) et le 6 juin 2021 (4 points) :

9. Il résulte de l'instruction, d'une part, que les infractions commises le 27 juillet 2020 et le 6 juin 2021 ont été constatées par radar automatique et ont donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à un avis d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit en défense lesdits avis s'agissant de ces infractions, que M. A a envoyés dans le cadre de ses requêtes en exonération présentées les 10 février 2022. Ces avis permettent d'établir que les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont été régulièrement délivrées à l'intéressé à l'occasion de ces infractions.

10. D'autre part, l'infraction commise le 16 octobre 2020 a été constatée par radar automatique et a donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à un avis d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que M. A aurait reçu l'avis de contravention ou l'avis d'amende forfaitaire majorée, réputés comporter les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 9, il résulte de l'instruction que, s'agissant de l'infraction similaire du 27 juillet 2020, M. A a eu connaissance des informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 précités puisqu'il a produit lui-même la copie de l'avis d'amende forfaitaire majorée au moment de sa contestation. Dès lors, il doit être regardé comme ayant été dûment informé de l'existence d'un traitement automatisé et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, le requérant n'a pas été privé de la garantie qui s'attache à la délivrance de l'information préalable à l'occasion de l'infraction commises le 16 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté s'agissant des trois infractions mentionnées ci-dessus.

S'agissant de l'infraction commise le 23 avril 2020 (1 point) :

11. Il résulte de l'instruction que cette infraction a été constatée par radar automatique et a donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire, à un avis d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que M. A aurait reçu l'avis de contravention ou l'avis d'amende forfaitaire majorée, réputés comporter les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. En l'espèce, il résulte de l'instruction et notamment de l'attestation de paiement de la trésorerie automatisée produite en défense que M. A a payé l'amende forfaitaire majorée à l'occasion d'une infraction similaire commise le 30 juin 2019. Il doit ainsi être regardé comme ayant été dûment informé de l'existence d'un traitement automatisé et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, le requérant n'a pas été privé de la garantie qui s'attache à la délivrance de l'information préalable à l'occasion de l'infraction commise le 23 avril 2020. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.

S'agissant de l'infraction commise le 30 juin 2019 à 5 heures 57 (1 point) :

12. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que cette infraction a été relevée par radar automatique. Il résulte également des mentions de ce relevé que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que M. A a payé l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à cette infraction. Dans ces conditions, le ministre n'apporte pas la preuve qui lui incombe que le contrevenant aurait reçu l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. M. A est, dès lors, fondé à soutenir que le retrait de point afférent à cette infraction doit être annulé.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que la réalité de l'infraction ne serait pas établie :

13. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

14. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une requête en exonération, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment nommé " bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires ", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.

15. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, que le requérant s'est acquitté de l'amende forfaitaire à la suite de l'infraction commise le 12 mars 2021 établissant ainsi, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité de cette infraction.

16. Il résulte de l'instruction, et notamment des mêmes mentions que les infractions des 6 juin 2021, 16 octobre 2020, 27 juillet 2020, 23 avril 2020 et 4 janvier 2020 ont donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée établissant ainsi, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité des infractions. En se bornant à se prévaloir de plusieurs réclamations relatives à ces infractions, et notamment à celles des 23 avril 2020 et 6 juin 2021, M. A n'avance aucun élément de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions. Dans l'hypothèse où la juridiction pénale, statuant sur le recours supposément introduit, le jugerait recevable et annulerait la condamnation postérieurement au rejet par le juge administratif du recours dirigé contre les décisions de retrait de points ou celle constatant la perte de validité du permis, il appartiendrait à l'administration de retirer cette décision. En l'état de l'instruction, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 30 juin 2019 à 5 heures 57.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " en date du 4 décembre 2021 en tant qu'elle constate la perte de validité du permis de conduire :

18. La décision du ministre constatant l'invalidation du permis de conduire de M. A récapitule les décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. Or, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Ainsi, dès lors que, par le présent jugement, il est procédé à l'annulation de la décision de retrait d'un point précitée, le solde de points rattaché au permis de conduire de M. A est redevenu positif. Dès lors, la décision du 4 décembre 2021 doit aussi être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. L'annulation contentieuse d'une décision portant invalidation d'un permis de conduire à raison de l'illégalité d'un ou de plusieurs des retraits de points qui la fondent implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.

20. Dans ces circonstances, et compte tenu des motifs de l'annulation retenus, si l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer prenne une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement, elle n'implique en revanche pas nécessairement que le ministre procède à la reconstitution du capital de points affecté au permis de conduire de M. A et qu'il restitue à ce dernier son titre de conduite. Dès lors, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer, après avoir tiré toutes les conséquences du présent jugement, de prendre une nouvelle décision sur le capital de points et le droit de conduire de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré des points du permis de conduire de M. A à la suite de l'infraction commise le 30 juin 2019 à 5 heures 57 est annulée.

Article 2 : La décision référencée " 48 SI " du 4 décembre 2021, en tant qu'elle constate que le permis de conduire de M. A a perdu sa validité, est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. A le bénéfice du point retiré à la suite de l'infraction mentionnée à l'article 1er ci-dessus, sous réserve qu'il ait déjà été restitué, et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation du requérant pour en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présente jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

La vice-présidente,

signé

E. Drevon-CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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