jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 11 février 2022, sous le numéro 2201965, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 portant retrait de trois points sur son titre de conduite survenue à la suite d'une infraction commise le 5 septembre 2019 à 19 heures 45';
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points retirés et reconstituer le capital de point de son titre de conduite';
3)° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction°;
- la réalité de l'infraction n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée le 11 février 2022, sous le numéro 2201966, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 portant retrait de trois points sur son titre de conduite survenue à la suite d'une infraction commise le 5 septembre 2019 à 19 heures 46';
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les points retirés et reconstituer le capital de point de son titre de conduite';
3)° de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction°;
- la réalité de l'infraction n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
III. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 février 2022 et 11 avril 2022, sous le numéro 2201967, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision ministérielle de retrait de quatre points prise à la suite d'une infraction commise le 17 septembre 2020';
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les quatre points illégalement retirés de son permis de conduire';
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions ont été prises en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction°;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par des mémoires en défense enregistré le, 31 mars 2022 et le 29 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
IV. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 février 2022 et 11 avril 2022, sous le numéro 2201968, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision ministérielle de retrait de quatre points prise à la suite d'infractions commises les 28 octobre 2019 et 17 septembre 2020';
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les quatre points illégalement retirés de son permis de conduire';
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions ont été prises en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction°;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le, 31 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
V. Par une requête, et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juin 2022 et 3 octobre 2022, sous le numéro 2209392, M. B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision ministérielle référencée 48SI du 18 février 2022 portant notification d'un retrait de points sur son titre de conduire et l'informant de la perte de validité de son titre de conduire pour défaut de points, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique adressé au ministère de l'intérieur le 19 avril 2022';
2°) d'annuler les décisions ministérielles référencées 48 portant retrait de points prises à la suite des infractions en date du 29 juin 2021, 10 mai 2021, 17 septembre 2020 et 28 octobre 2019';
3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer son permis de conduire affecté d'un capital de points';
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions ont été prises en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction°;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route';
- le code de procédure pénale';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges mentionnés à cet article.
Le rapport de Mme Van Muylder, vice-présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes visées ci-dessus, introduites par le même requérant, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
2. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant des infractions des 5 septembre 2019 à 19 heures 45 et 19 heures 46 :
3. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé d'information intégral du 8 octobre 2021, afférent au permis de M. B, que les infractions commises le 5 septembre 2019 à 19 heures 45 et 19 heures 46 ont chacune été constatées au moyen d'un procès-verbal électronique et que l'intéressé a payé les amendes forfaitaires correspondantes. Ces paiements permettent d'établir que M. B a bien reçu les avis d'amende forfaitaire dont les formulaires reprennent l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le contrevenant n'établit pas que les avis reçus ne comportaient pas cette information. Il suit de là que le moyen tiré d'un défaut d'information doit, par suite, être écarté.
S'agissant de l'infraction du 17 septembre 2020 :
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de contravention M. B établi à la suite de l'infraction du 17 septembre 2020 produit en défense par le ministre, que celle-ci comporte la mention "'refus de signer'" du contrevenant par l'agent verbalisateur, qui revêt la même force probante que la signature de l'intéressé. Il suit de là que la preuve de la délivrance de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est rapportée par le ministre de l'intérieur. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant été destinataire de ce document. Ainsi, les décisions portant retrait de points prises à la suite des infractions susmentionnées ne sont pas entachées d'illégalités. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 28 octobre 2019 :
6 Il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé d'information intégral de M. B que, l'infraction commise le 28 octobre 2019 a été relevée par l'intermédiaire d'un radar automatique ainsi que l'atteste la mention "'CNT-CSA'", et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée devenue définitive. Le ministre produit l'attestation du trésorier du contrôle automatisé, certifiant l'encaissement de l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction. M. B, qui soutient sans l'établir, que la créance a fait l'objet d'un recouvrement forcé, n'avance aucun élément de nature à mettre en doute les faits ainsi attestés par les documents qui présentent un caractère probant. L'intéressé a ainsi nécessairement reçu le formulaires d'avis de contravention, dont il n'est pas établi qu'il aurait été inexact ou incomplet, qui comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le moyen tiré d'un défaut d'information doit, par suite, être écarté.
S'agissant des infractions des 29 juin 2021 et 10 mai 2021 :
7. Il ressort des pièces du dossier que les infractions commises les 29 juin 2021 et 10 mai 2021 ont été relevées par radar automatique, ainsi que l'atteste la mention "'CNT-CSA'" avec envoi d'un avis de contravention au domicile du titulaire de la carte crise du véhicule flashé et ont chacune donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Si M. B soutient qu'il n'a pas reçu les avis de contravention, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié à l'occasion de l'infraction du 28 octobre 2019 de l'ensemble des informations légalement exigées. Dans ces circonstances, l'omission de cette information lors de la constatation des infractions du 29 juin 2021 et du 10 mai 2021 n'a pas eu pour effet de priver le requérant d'une garantie substantielle instituée par la loi. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
9. En l'espèce, il ressort du relevé d'information intégral de M. B, dont les informations sont issues du système national des permis de conduire, d'une part que M. B a payé les amendes forfaitaires relatives aux infractions des 5 septembre 2019 et d'autre part, que des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée ont été émis à son encontre à la suite des infractions 17 septembre 2020, 28 octobre 2019, 29 juin 2021 et 10 mai 2021.
10. Si le requérant conteste la réalité de ces infractions, il n'établit ni même n'allègue, avoir formé une réclamation regardée comme recevable contre ces titres exécutoires devant l'officier du ministère public compétent, et ayant entrainé l'annulation du titre exécutoire. Il ne fait, par ailleurs, état d'aucun élément qui serait de nature à remettre en cause l'exactitude de ces mentions. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation ainsi que par voie de conséquence celles aux fins d'injonction et relative aux frais de l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. Van MuylderLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.-2201966, 2201967, 2201968, 220939
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026