vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2202073 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
F une requête et un mémoire, enregistrés les 15 février et 19 juillet 2022, M. B A, représenté F Me Nombret, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite F laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa demande tendant au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros F jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement de cette somme à son profit.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 et est entachée d'erreur de droit au regard de ces dispositions ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
F un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais né le 2 mars 1986, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 8 novembre 2019 F les services de la préfecture du Val-d'Oise en procédure dite " Dublin ". Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées F l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Le 9 décembre 2019, sa demande d'asile a été requalifiée " en procédure accélérée ". F une décision du 17 mars 2021, le directeur territorial de l'OFII de Cergy lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait refusé une proposition d'hébergement le 2 mars 2021. A l'appui de sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé F le directeur général de l'OFII sur la demande qu'il lui a adressée F courriel daté du 15 octobre 2021 et tendant au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, M. A ayant été initialement admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 8 novembre 2019, sa situation est régie F les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018. Si dans sa décision du 31 juillet 2019, Association La Cimade et autres, n° 428530, 428564, visée ci-dessus, le Conseil d'Etat a jugé que ces articles étaient partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, il a également jugé qu'il reste néanmoins possible à l'OFII, F une décision motivée, après examen de la situation particulière du demandeur d'asile et après l'avoir mis, sauf impossibilité, en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil lorsqu'il a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. D'autre part, aux termes de l'article 20 de la directive du 26 juin 2013 visée ci-dessus : " () lorsque le demandeur est retrouvé ou se présente volontairement aux autorités compétentes, une décision dûment motivée, fondée sur les raisons de sa disparition, est prise quant au rétablissement du bénéfice de certaines ou de l'ensemble des conditions matérielles d'accueil retirées ou réduites. () ".
5. Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, dont les dispositions sont applicables à toute décision administrative qui doit être motivée en vertu d'un texte législatif ou réglementaire ou d'une règle générale de procédure administrative : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
6. En l'espèce, d'une part, M. A produit un courriel daté du 15 octobre 2021, adressé F son conseil à l'OFII à l'adresse " asile.cergy@ofii.fr " et tendant au rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil, ainsi qu'un courriel daté du 17 décembre 2021, envoyé à la même adresse, F lequel son conseil a sollicité la communication des motifs de la décision implicite F laquelle sa demande a été rejetée. Si le directeur général de l'OFII fait valoir que le requérant n'apporte aucun élément permettant de prouver que l'établissement a accusé réception de ces courriels, il ne conteste pas que l'adresse à laquelle ceux-ci ont été adressés correspond à la messagerie de la direction territoriale de l'OFII de Cergy et se borne à indiquer, sans autre précision, qu'en raison de la saturation de la boîte de messagerie de l'OFII, ses services doivent supprimer quotidiennement des messages pour pouvoir en recevoir d'autres. En outre, M. A produit un courriel de l'OFII en date du 20 décembre 2021, en réponse au courriel précité du 17 décembre 2021, F lequel l'établissement informe son conseil que l'intéressé allait être convoqué. A la suite de courriel, le requérant a été reçu en entretien le 22 décembre 2021. Ainsi, M. A doit être regardé comme établissant la réception des courriels précités des 15 octobre 2021 et 17 décembre 2021 F les services de l'OFII.
7. D'autre part, le silence gardé sur la demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil a fait naître une décision implicite de rejet le 15 décembre 2021. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, la demande de communication des motifs de cette décision, présentée F courriel du 17 décembre 2021, soit dans le délai de recours contentieux, est restée sans réponse. F suite, le requérant est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation et à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Eu égard au motif qui le fonde et alors qu'en l'état de l'instruction, aucun autre moyen n'apparaît de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, l'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à l'OFII de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. M. A ayant été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus. Dans les circonstances de l'espèce, il y lieu de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Nombret, avocate du requérant, de la somme de 1 000 euros, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant F le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision implicite F laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Nombret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, cet établissement versera à Me Nombret, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A F le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. C et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public F mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. CLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026