mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2202178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | BAVIBIDILA KOUSSENGOUMOUNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2022, M. C A, représenté par Me Bavibidila-Kousseng, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 décembre 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui renouveler son titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissant français ou en qualité de parent d'enfants français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet n'a pas consulté la commission du titre de séjour préalablement à l'édiction de la décision litigieuse ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-1, L. 423-6, L. 423-7 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une ordonnance du 28 février 2022, enregistrée le 10 mars suivant, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par M. C A.
Par cette requête, enregistrée le 12 février 2022 au greffe du tribunal administratif de Versailles, M. C A, représenté par Me Bavibidila-Kousseng, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que ceux de sa requête enregistrée le 16 février 2022 au greffe du tribunal administratif.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 26 janvier 2023.
Par courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dès lors que le courriel du 24 décembre 2021, informant le requérant que sa demande de délivrance d'un titre de séjour relève de la compétence exclusive du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, ne faisant pas grief, est insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n°2202157 du juge des référés en date du 1er mars 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Saïh a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais, né le 3 janvier 1964, était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 2 septembre 2019. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité soit de conjoint de français, soit de parent d'enfant français. Le 8 août 2019, l'intéressé s'est vu remettre une convocation pour qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de sa carte temporaire de séjour, le 5 novembre 2019. Son rendez-vous a ensuite été fixé au 26 février 2020 puis au 4 mars 2020. Le 25 juin 2021, M. A a présenté une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français ou de parent d'enfant français. Sa demande a été enregistrée le 2 novembre 2021 sous le numéro 6630109. Par un courriel du 24 décembre 2021, sa demande a été classée sans suite au motif qu'il a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour et que sa demande " relève de la compétence exclusive du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement ". Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 311-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable jusqu'au 1er mai 2021 : " La demande est présentée par l'intéressé dans les deux mois de son entrée en France. S'il y séjournait déjà, il présente sa demande : () 4° Soit dans le courant des deux derniers mois précédant l'expiration de la carte de séjour dont il est titulaire, sauf s'il est titulaire du statut de résident de longue durée-UE accordé par la France en application des articles L. 314-8, L. 314-8-1 et L. 314-8-2. / A l'échéance de ce délai et en l'absence de présentation de demande de renouvellement de sa carte de séjour, il justifie à nouveau des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national lorsque la possession d'un visa est requise pour la première délivrance de la carte de séjour. (). ".
3. En l'espèce, pour classer sans suite la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour et que sa demande " relève de la compétence exclusive du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement ".
4. Il ressort, en effet, des pièces du dossier que M. A, qui se maintient en situation irrégulière depuis le 2 septembre 2019, date d'expiration du titre de séjour dont il était titulaire, et n'a sollicité le renouvellement de son titre de séjour que le 25 juin 2021. Ainsi, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été placé dans l'impossibilité de se rendre au rendez alors fixé le 5 novembre 2019, le 26 février 2020 puis le 4 mars 2020 en vue du renouvellement de son titre de séjour, M. A doit être regardé comme ayant présenté une première demande de titre de séjour le 25 juin 2021. Ainsi, la décision contestée du 24 décembre 2021, qui se borne à indiquer à M. A qu'il lui appartient de formuler sa demande de titre de séjour auprès du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement et ne constitue pas un refus de renouvellement de titre de séjour, ne fait pas grief. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de cet acte sont irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 15 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
Z. Saïh
Le président,
Signé
T. BertonciniLa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026