mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2202518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET REIBELL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 février 2022 et le 4 août 2023, Mme C K et M. et Mme F, représentés par la SELARL Reibell Associés, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel le maire de Suresnes a délivré à Mme G le permis de construire enregistré sous le numéro 92073 21 10038 portant sur la surélévation et l'extension d'une maison individuelle sise 24 rue des Puits à Suresnes ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Suresnes une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de Mme G, une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient, en leur qualité de voisins immédiats du projet litigieux, d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'ils subiront une perte de vue et d'ensoleillement sur leur habitation ;
- la pétitionnaire n'avait pas qualité pour déposer la demande de permis de construire et devait, préalablement au dépôt de sa demande, obtenir l'autorisation de la copropriété à laquelle appartient la construction objet des travaux litigieux dès lors que ces travaux porteront notamment sur des parties communes de la copropriété sur lesquelles la pétitionnaire ne dispose que d'un droit de jouissance ;
- l'arrêté attaqué a été pris sur la base d'un dossier de demande de permis de construire incomplet dès lors que :
* le plan de masse joint au dossier ne précise pas la capacité des réseaux existants ni le pourcentage d'espaces verts ou de plantations sur le terrain d'assiette du projet ;
* les places de stationnement projetées ne sont pas représentées ;
* le document graphique ne permet pas d'apprécier l'impact visuel du projet et la hauteur de la construction projetée, en méconnaissance de l'article R. 431-10 c) du code de l'urbanisme ;
* la notice de présentation ne présente pas les rubriques dans l'ordre suivi par l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme de sorte qu'il est peu aisé d'apprécier l'étendue des travaux de construction projetés ;
* le dossier ne comporte aucun document photographique permettant de représenter l'insertion du projet par rapport aux deux bâtiments qui lui sont mitoyens ;
* il ne comporte aucun plan paysager détaillant les pourcentages d'espaces verts végétalisés ni de précision sur la localisation des locaux à déchets et espaces dédiés au stationnement des vélos et poussettes ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que l'inspection générale des carrières n'a pas été consultée et qu'aucune étude des sols n'a été jointe au dossier de demande de permis de construire en dépit de l'inclusion du terrain d'assiette du projet dans une zone de risques carrières du Plan de Prévention du Risque approuvé par arrêté R.111-3 du 7 août 1985 ;
- il méconnait l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ;
- il méconnait l'article UD 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ;
- il méconnait les prescriptions du plan de servitudes d'isolement acoustique annexé au règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ;
- il méconnait l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ;
- il méconnait l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes dès lors que le projet ne respecte pas la hauteur maximale de construction fixée par cet article à 7 mètres à l'égout du toit et à 10 mètres au faitage ;
- il méconnait l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes dès lors que les espaces verts de pleine terre représentent 13,02% du terrain d'assiette, ne que le projet ne précise pas les arbres ;
- il méconnait l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes dès lors que les plans joints au dossier de demande de permis de construire ne permettent pas d'identifier, parmi les places de stationnement de la copropriété au sein de laquelle est projetée la construction en cause, celles qui seront affectées à l'opération litigieuse.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 août 2022 et le 15 septembre 2023, Mme G, représentée par Me de Folleville, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 8 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas avoir régulièrement notifié la copie de leur recours contentieux dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, ni d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la commune de Suresnes, représentée par Me Margaroli, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas avoir régulièrement notifié la copie de leur recours contentieux dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, ni d'un intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, rapporteure,
- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
- les observations de Me Zerbib substituant Me Margaroli, représentant la commune de Suresnes ;
- et les observations de Me Maouche, représentant Mme G.
Mme C K et M. et Mme F n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 juillet 2021, Mme G a déposé une demande de permis de construire enregistrée sous le numéro 92073 21 10038 portant sur la surélévation et l'extension d'une maison individuelle sise 24 rue des Puits à Suresnes. Par un arrêté du 27 septembre 2021, le maire de Suresnes lui a délivré le permis de construire sollicité. Par courrier réceptionné le 29 novembre 2021, Mme C K, M. et Mme F, M. H, Mme I et M. B ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par une décision du 17 décembre 2021, le maire de Suresnes a rejeté ce recours gracieux. Par la présente requête, Mme C K et M. et Mme F demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incomplétude du dossier :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En premier lieu, en se bornant à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris sur la base d'un dossier incomplet dès lors que les pièces qui y sont jointes ne précisent pas la capacité des réseaux existants, la localisation des places de stationnement projetées et des locaux à vélos, poussettes et déchets, la notice de présentation est d'une lecture difficile dans la mesure où elle ne présente pas les rubriques dans l'ordre de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme et que le dossier ne comporte pas de représentation de la surélévation projetée permettant de voir les deux bâtiments qui lui sont mitoyens sans invoquer la méconnaissance d'aucune disposition, les requérants n'assortissent pas ce moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. () "
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comporte de nombreuses photographies de l'environnement proche et lointain du terrain d'assiette du projet référencées PCMI7 et PCMI8, un document graphique référencé PCMI4.2 et un document d'insertion référence PCMI6 qui ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet notamment par rapport aux constructions mitoyennes.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet n'est pas situé dans la zone de risques de carrière représentée sur le document graphique annexé au plan local d'urbanisme de Suresnes. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'avis de l'inspection générale des carrières et d'étude de sol ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'il vise le plan de servitudes d'isolement acoustique annexé au règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes et que son article 4 rappelle que le bâtiment est soumis aux conditions d'isolation acoustique définies par l'arrêté préfectoral du 11 mai 2020 portant classement des infrastructures de transports terrestres et prescrivant l'isolement acoustique des bâtiments dans les secteurs affectés par le bruit. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucune disposition spécifique permettant de s'assurer du respect des prescriptions du plan de servitudes d'isolement acoustique. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme :
8. Aux termes de l'article UD 4 - Desserte par les réseaux du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes : " () 4.3 - Autres réseaux : A l'occasion de toute construction neuve, extension ou surélévation soumise à permis de construire, les réseaux, raccordements (électricité, câble, téléphone), les installations nouvelles et branchements seront obligatoirement réalisés en souterrain ou s'intègreront au bâti. ( ) 4.4. Déchets : Pour les nouvelles constructions de plus de deux logements, des locaux poubelles, correctement dimensionnés pour accueillir l'ensemble des bacs de la collecte sélective nécessaires aux usagers, doivent être aménagés de préférence à rez-de-chaussée des constructions, avec accès direct sur le domaine public. Dans le cas où les locaux ne permettent pas l'accès direct sur rue, il est vivement recommandé de prévoir un lieu de stockage sur le domaine privé, facilitant l'accès aux bacs les jours de collecte. / Un cahier des charges est joint à l'annexe 6 de la pièce 4.2. " Annexes du règlement ". "
9. En premier lieu, en se bornant à soutenir qu'aucun puit d'infiltration n'est mentionné sur les plans joints au dossier de demande de permis de construire alors que le projet prévoit d'imperméabiliser certaines surfaces, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes et ne mettent dès lors pas le tribunal en mesure d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. En deuxième lieu, si, les requérants soutiennent que le plan de masse ne comporte pas de représentation des modalités de raccordement aux réseaux publics et des branchements, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux porte sur l'extension et la surélévation d'une construction existante dont il n'est ni établie ni allégué qu'elle ne serait pas desservie par les réseaux publics. En outre, aucune des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire ne permet de démontrer que les travaux en cause modifierait les modalités de raccordement et de branchement existants. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative n'a pas pu apprécier conformité du projet aux règles prévues à l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ne peut qu'être écarté.
11. En troisième lieu, les dispositions de l'article UD 4.4 ne s'appliquent qu'aux nouvelles constructions de plus de deux logements et non au construction existante comme en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4.4. du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes est inopérant et doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme :
12. En application des dispositions de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes, les constructions projetées en zone UDa doivent respecter une hauteur maximale à l'égout du toit pour les toitures à la Mansart ou à deux pentes ou à l'acrotère, de 7 mètres et une hauteur totale maximale au faîtage, définie par rapport au niveau du terrain naturel, de 10 mètres. Le lexique annexé au plan local d'urbanisme de Suresnes définit la hauteur totale maximale (Ht) par " la différence d'altitude entre le niveau du terrain naturel avant travaux et le point le plus élevé, en tout point de la construction, y compris édicules techniques " et précise qu'il s'agit du faîtage ou du niveau supérieur de la terrasse (acrotère) tandis que la hauteur maximale intermédiaire (Hi) correspond à la " différence d'altitude entre le niveau du terrain naturel avant travaux et le point le plus élevé, en tout point de la façade verticale " c'est-à-dire, " l'égout dans le cas de toiture à pente ou le niveau supérieur de la terrasse (acrotère) ". Enfin, ce lexique précise que " sur les terrains en pente, la hauteur totale maximale, la hauteur maximale intermédiaire et la hauteur de façade doivent être conformes aux prescriptions de l'article 10 en tout point du bâtiment et notamment de part et d'autre de la pente. ".
13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des différents plans joints au dossier de demande de permis de construire que la construction projetée présente une hauteur totale maximale qui varie entre 9 mètres et 9,80 mètres en fonction de la déclivité ascendante de son terrain d'assiette. Il s'ensuit que la hauteur totale maximale du projet est conforme aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme :
14. Il ressort du dossier de demande de permis de construire, qui comporte des photographies de l'environnement proche et lointain du terrain d'assiette (PCMI7 et PCMI8), plusieurs vues d'insertion de ce projet (PCMI4.2 et PCMI6), une notice architecturale décrivant précisément les matériaux et couleurs utilisés pour réaliser les travaux litigieux ainsi qu'un plan de clôture a permis au service instructeur de la commune de Suresnes d'apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UD 11. Dans ces conditions, les requérants qui ne précisent au demeurant pas quelles sont les caractéristiques du projet litigieux qui ne lui permettrait pas de s'insérer dans l'environnement bâti proche et lointain existant, ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
15. Les dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes ne sont applicables qu'aux demandes de permis de construire portant sur des constructions nouvelles, des constructions visées par l'article L. 151-35 du code de l'urbanisme et les transformations et modifications de logements sociaux. Or, il est constant que le projet litigieux n'entre pas dans l'une de ces trois catégories de travaux de construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes est inopérant et doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme :
16. Aux termes de l'article 6 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes : " Travaux sur bâtiments existants et transformation de bureaux en logements : Les travaux sur les bâtiments existants sont autorisés, sous réserve de ne pas aggraver les non-respects des règles définies aux articles 1 à 16, dans chaque zone du PLU ". En outre, l'article UD 13 de ce même règlement dispose : " 13.1 Espaces verts : / 13.1.1. Les superficies minimales suivantes d'espaces vert doivent être aménagées comme suit :
Espaces libres* : espaces non construits, non occupés par de la voirie, de la circulation piétonne ou du stationnement obligatoire. / Les toitures végétalisées compteront dans le calcul de la superficie des espaces verts à hauteur de 40% maximum de cette superficie. / 13.2. Plantations : 13.2.1. S'ils existent, les espaces verts doivent être paysagers et plantés à raison d'un arbre par tranche de 100 m2. Cette disposition s'applique à partir de 100 m2. Afin de favoriser la biodiversité, la plantation d'essences différentes est à privilégier. / 13.2.2. Les aires de stationnement de surface doivent être plantées à raison d'un arbre pour 3 places. / 13.2.3. Les dalles de parc de stationnement et des constructions à rez-de-chaussée devront faire l'objet d'un traitement végétalisé, et recevoir pour cela 50 cm au moins de terre végétale. () "
17. En l'espèce, il est constant que l'arrêté attaqué a pour objet d'autoriser la réalisation de travaux sur une construction existante. Il ressort en outre des pièces du dossier que seuls 13,05 % de l'unité foncière existante avant travaux, est traitée en espaces verts. Ce coefficient d'espaces verts est ainsi largement inférieur au coefficient minimal de 40% de l'unité foncière fixé par l'article UD 13.1.1 précité pour les terrains d'assiette qui présentent, comme en l'espèce, une superficie supérieure à 300 mètres carrés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan masse que le projet n'a ni pour objet ni pour effet de modifier l'emprise au sol de la construction existante ou les espaces verts existants sur le terrain d'assiette en cause. Dans ces conditions, le maire de Suresnes qui, après avoir constaté que les travaux en cause, qui portaient sur une construction existante non conforme à cet article, n'aggravaient pas la non-conformité à l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme, a pu autoriser le permis de construire sollicité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Suresnes doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 423-5 du code de l'urbanisme :
18. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; () ". Le dernier alinéa de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme dispose : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ". En vertu de l'article R. 431-4 du même code, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations et pièces limitativement énumérées aux articles R. 431-5 à R. 431-33-1, aucune autre information ou pièce ne pouvant être exigée par l'autorité compétente. Par ailleurs, comme le rappelle le dernier alinéa de l'article A. 424-8 du même code, le permis est délivré sous réserve du droit des tiers, il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme, il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme.
19. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte également de ces dispositions qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Une telle contestation ne saurait, par elle-même, caractériser une fraude du pétitionnaire entachant d'irrégularité la demande d'autorisation d'urbanisme.
20. Il ressort des pièces du dossier qu'il comporte l'attestation prévue par les dispositions précitées, par laquelle Mme G a déclaré être habilitée à déposer la demande de permis de construire. Par suite, et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune disposait au moment où elle a statué d'informations de nature à établir un caractère frauduleux de la demande de permis de construire, le moyen tiré de l'absence de qualité de Mme G pour entreprendre les travaux de construction en l'absence d'autorisation de la part du syndic des copropriétaires doit donc être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la pétitionnaire et la commune de Suresnes, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel le maire de Suresnes à délivré le permis de construire sollicité par Mme G.
Sur les frais liés au litige :
22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Suresnes et de Mme G, qui ne sont pas parties perdantes à l'instance, la somme demandée par les requérants au titre des frais qu'ils ont exposés et non compris dans les dépens.
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire des requérants le versement d'une somme de 600 euros à la commune de Suresnes et d'une somme de 600 euros à Mme G, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais non compris dans les dépens qu'elles ont exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C K et autres est rejetée.
Article 2 :Mme C K et M. et Mme F verseront solidairement une somme de 600 euros à la commune de Suresnes et une somme de 600 euros à Mme G en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme L C K, à Mme E F, à M. D F, à Mme J G ainsi qu'à la commune de Suresnes.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Chaufaux, première conseillère,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin La présidente,
signé
S. Edert
La greffière,
signéc
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22025182
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026