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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2202855

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2202855

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2202855
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBENIFLA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2022, M. B A, représenté par Me Benifla, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer une attestation d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et a prolongé le délai au terme duquel il pourra être transféré vers l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent, d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de sa demande d'asile, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d'admission au séjour en tant que demandeur d'asile, dans le délai de huit jours à compter de la décision à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elles méconnaissent l'obligation d'information de l'Etat responsable de la prolongation du délai de transfert avant son expiration prévue par l'article 9 du règlement CE n°1560/2003 du 2 septembre 2003 tel que modifié par le règlement UE n°118/2014 du 30 janvier 2014 ;

- elles méconnaissent l'article 29 du Règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par une décision en date du 20 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.

Par courrier du 18 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'inexistence des décisions attaquées.

Le préfet du Val-d'Oise a produit des observations, enregistrées le 26 mars 2024, par lesquelles il conclut au non-lieu à statuer dès lors que M. A a obtenu le statut de réfugié le 20 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Richard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né le 4 mars 2002, entré à une date indéterminée en France, y a sollicité le bénéfice de l'asile. Le 7 avril 2021, le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes. Estimant qu'il avait, sans motif légitime, refusé d'embarquer le 16 juillet 2021 sur le vol à destination de Vienne, le préfet du Val d'Oise l'a déclaré en fuite. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise aurait refusé " lorsqu'il s'est présenté en préfecture à la fin du mois d'octobre 2021 " d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et prolongé le délai de transfert.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Par une décision du 20 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. A. Ainsi, les conclusions tendant à l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet du Val-d'Oise :

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé le statut de réfugié à M. A le 20 janvier 2023. Le requérant, à qui ont été communiquées les observations du préfet du Val-d'Oise, ne conteste pas ces éléments. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant sont devenues sans objet ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. M. A n'a pas obtenu l'aide juridictionnelle. Par suite, ses conclusions tendant à ce soit mise à la charge de l'Etat au profit de son conseil le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ni sur ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous d'astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

Mme Richard, première conseillère ;

M. Viain, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La rapporteure,

signé

A. RICHARD

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2202855

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