jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2203473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 10 mars 2022, le 16 mars 2022, le 22 août 2022 et le 13 septembre 2022, M. C A D, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays auquel il pourra être remis ou le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, la mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer dans un délai de sept jours à compter de la décision, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié.
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale, dès lors que la décision portant refus de lui délivrer un titre de séjour est illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle.
La décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
- est dépourvue de base légale, dès lors que la décision portant refus de lui délivrer un titre de séjour est illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Poyet, premier conseiller ;
- les observations de Me Cabral, substituant Me Monconduit, représentant M. A D, qui insiste sur le moyen tiré d'un défaut d'examen, la kafala dont le requérant a fait l'objet n'étant pas mentionnée dans la décision attaquée, tout comme sa prise en charge par une de ses sœurs en situation régulière sur le territoire français et disposant d'un emploi et de ressources stables ;
- et les observations de M. A D, requérant, qui précise qu'il a obtenu son baccalauréat en juin 2022 et est actuellement inscrit en première année de licence de mathématiques à l'Université Saint-Quentin-en-Yvelines.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A D, ressortissant algérien né le 16 novembre 2003 à El Biar (Algérie), est entré en France le 4 septembre 2019 muni d'un visa de type " C " valable jusqu'au 5 décembre 2019. En vertu d'un acte de recueil légal kafala, le chef de section affaires sociales auprès du tribunal de Sidi M'hamed a décidé, le 31 décembre 2019, de le confier à sa sœur, Mme F A D, titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 16 décembre 2031. Le 21 septembre 2021, il a sollicité son admission au séjour au titre de ses études, sur le fondement du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et, subsidiairement, au titre de la vie privée et familiale sur le fondement du 5° de l'article 6 du même accord. Par un arrêté du 9 février 2022, le préfet du Val-d'Oise a rejeté cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser à M. A D la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " au titre du III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le préfet s'est fondé sur le motif tiré de ce qu'il ne justifie pas de la production du visa long séjour mentionnée à l'article 9 du même accord en précisant que sa demande a également été examinée " dans le cadre du pouvoir général d'appréciation sans texte détenu par le préfet ", mais qu'il ne pouvait être regardé comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à permettre sa régularisation, qu'il était célibataire et sans charge de famille est qu'il n'était pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident ses parents.
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise n'a pas mentionné la Kafala judiciaire du 31 décembre 2019 déléguant l'autorité parentale sur M. A D, alors mineur, à l'une de ses sœurs, présente en France en situation régulière depuis 2015 et disposant d'un emploi et de ressources stables, décision qui n'était pas caduque à la date de la décision attaquée dès lors que la majorité légale est atteinte à l'âge de dix-neuf ans aux termes de l'article 40 du code civil algérien, ni que l'intéressé a suivi, avec succès, sa scolarité au lycée Camille Saint-Saëns de Deuil-la-Barre de la classe de seconde à la classe de terminale. Par suite, M. A D est fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'un défaut d'examen.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A D est fondé à soutenir que la décision du 9 février 2022 portant refus de titre de séjour est illégale et doit être annulée. Il y a lieu d'annuler également, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de M. A D. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente de ce réexamen, de délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour à M. A D.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A D.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 9 février 2022 du préfet du Val-d'Oise est annulé.
Article 2 :Il est enjoint au préfet au préfet du Val-d'Oise de réexaminer la demande de M. A D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. A D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D et au préfet du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. B et Mme E, premiers conseillers,
Assistés de Mme Lefebvre, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
M. BLa présidente,
signé
C. BoriesLa greffière,
signé
S. Lefebvre
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026