LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2203869

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2203869

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2203869
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBIDNIC ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2022, M. B A, représenté par Me Bidnic, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le Premier ministre a prolongé son placement à l'isolement jusqu'au 10 mai 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de compétence dès lors que seul le garde des sceaux, ministre de la justice pouvait prendre une telle décision, et non le Premier ministre et que le signataire de l'acte n'avait pas reçu de délégation régulière ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance des dispositions du 3ème alinéa de l'article R. 57-7-64 du code de procédure pénale, et d'un défaut d'examen, l'autorité administrative n'ayant pas tenu compte des observations pour sa défense formulées lors de la phase contradictoire, ces dernières n'étant pas visées dans la décision attaquée et n'ayant pas été jointe à la procédure ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article 726-1 et R. 57-7-73 du code de procédure pénale ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation, en l'absence d'éléments susceptibles de caractériser un risque pour la sécurité de l'établissement, et dès lors que la décision ne tient pas compte de sa durée d'isolement et de son comportement en détention.

Par un mémoire enregistré le 10 mars 2023, la Première ministre conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale, dans sa version applicable jusqu'au 1er mai 2022 ;

- le code pénitentiaire ;

- le décret n° 59-178 du 22 janvier 1959 ;

- le décret n°2005-850 du 27 juillet 2005 ;

- le décret n° 2020-1293 du 23 octobre 2020 ;

- le décret n° 2020-1608 du 17 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,

-et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est incarcéré au centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine à Nanterre depuis le 5 février 2021. Placé en urgence à l'isolement le 10 février 2021 à titre provisoire, il a fait l'objet d'une mesure initiale de placement à l'isolement à compter du 15 février 2021 par une décision du 13 février 2021. Par la présente décision, le Premier ministre a décidé de prolonger cette mesure de placement à l'isolement du 10 février 2022 au 10 mai 2022. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions d'annulation :

2. Aux termes de l'article 726-1 du code de procédure pénale, dans sa rédaction alors applicable : " Toute personne détenue, sauf si elle est mineure, peut être placée par l'autorité administrative, pour une durée maximale de trois mois, à l'isolement par mesure de protection ou de sécurité soit à sa demande, soit d'office. () ". Aux termes de l'article R. 57-7-73 de ce code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. () ".

3. Il ressort des termes de la décision en litige que le placement à l'isolement de M. A est motivé par le risque que représenterait ce dernier compte tenu de son profil pénal, de la possibilité qu'il organise son évasion alors que sa situation pénale n'est pas encore définitive et de celui qu'il poursuive son activité illicite de trafic de stupéfiant en dépit de son incarcération, au regard des relations qu'il entretient avec le grand banditisme.

4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné en 2011 à vingt années de réclusion criminelle pour des faits de trafics de drogue en bande organisée, impliquant également de la détention d'armes et d'explosifs. Il ressort de ces mêmes pièces qu'après avoir bénéficié d'une mesure d'aménagement de peine en juillet 2020, il est soupçonné d'avoir repris des activités criminelles de même nature alors qu'il était encore placé sous bracelet électronique conduisant à une nouvelle interpellation en février 2021, puis à l'émission d'un mandat de dépôt ordonnant son placement en détention provisoire au centre pénitentiaire des Hauts-de-Seine. Si, à son arrivée en détention, M. A a pu légalement être placé à l'isolement et inscrit sur le registre des détenus particulièrement surveillés, au regard de l'écho médiatique suscité par son arrestation, de son appartenance au grand banditisme et des risques qu'il faisait en conséquence courir au maintien du bon ordre de la prison, il ressort des pièces du dossier que tant le magistrat instructeur, que la directrice de la maison d'arrêt de Nanterre et que le service d'insertion et de probation ont unanimement donné en janvier 2022 un avis favorable à la mainlevée de la mesure d'isolement qui durait alors depuis une année. Il ressort de ces avis que, d'une part, la mesure d'isolement n'était pas nécessaire à la poursuite de l'instruction, que cet isolement prolongé avait un impact psychologique délétère sur l'intéressé et que la maison d'arrêt disposait de possibilités alternatives, notamment d'un encellulement individuel dans un quartier spécifique de l'établissement, permettant de maîtriser les contacts de M. A avec les autres détenus et donc le risque de trafic au sein de la prison. Il ressort de ces mêmes avis que M. A adopte un comportement adapté à l'égard des personnels pénitentiaires. En outre et alors que M. A a été incarcéré à de nombreuses reprises depuis 2005, il est constant qu'il n'a jamais tenté d'évasion en milieu fermé. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, en décidant de prolonger, pour des motifs de protection et de sécurité, la mesure d'isolement de M. A, l'administration a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 10 février 2022 par laquelle le Premier ministre a décidé de prolonger son placement à l'isolement pour une durée de trois mois.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La décision du 10 février 2022 du Premier ministre est annulée.

Article 2 : L'État versera à M. A une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Première ministre.

Copie sera adressée au garde des Sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 1er juin 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

Mme Monteagle et M. C, premiers conseillers,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

La rapporteure,

signé

M. Monteagle La présidente,

signé

C. Van Muylder La rapporteure,

M. Monteagle La présidente,

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne à la Première ministre, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions