jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2204177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CLERC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 19 mars, le 11 mai, le 21 juin, le 28 juillet, le 23 août et le 9 octobre 2022, le 16 janvier, le 12 février et le 21 octobre 2023, ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 17 janvier 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle la commission disciplinaire d'appel de la fédération française de golf (FFG) a annulé la décision de la commission disciplinaire de première instance du 30 novembre 2021 et a infligé à M. A une sanction ;
2°) de condamner la FFG à lui attribuer trois " wild cards " pour participer aux trois prochaines éditions de l'Open de Bretagne en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait du traitement de son dossier par la fédération ;
3°) d'enjoindre à la FFG d'engager une procédure disciplinaire à l'encontre des trois personnes ayant produit des faux-témoignages et de s'assurer qu'une sanction exemplaire soit prise à leur encontre.
Il soutient que :
- la décision est entachée de plusieurs vices de procédure ;
- la matérialité des faits n'est pas établie ;
- la sanction est disproportionnée ;
- elle est entachée d'abus de pouvoir ;
- la commission disciplinaire d'appel n'a pas fait preuve d'équité.
Le comité national olympique et sportif français a produit des observations le 13 avril 2022.
Par des mémoires en défense enregistrés le 31 mai, le 27 juillet, le 16 septembre 2022, le 24 janvier et le 6 février 2023 ainsi qu'un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés le 16 janvier et le 5 février 2024, la fédération française de golf, représentée par Me Clerc, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Une pièce complémentaire a été enregistrée le 13 mars 2024 pour M. A et n'a pas été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourragué, rapporteur,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- et les observations de Me Clerc, représentant la fédération française de golf.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, golfeur amateur, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle la commission disciplinaire d'appel de la fédération française de golf (FFG) lui a infligé une sanction d'interdiction temporaire de participer à des compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFG, jusqu'au 21 décembre 2022, ainsi qu'une interdiction temporaire de participer à des compétitions et manifestations sportives comptant pour l'index jusqu'au 21 décembre 2022 et enfin de retrait temporaire effectif de licence d'une durée de douze mois avec sursis pendant une durée de trois ans. Il doit également être regardé comme demandant la condamnation de la FFG à lui octroyer trois " wild cards " pour les trois prochaines éditions de l'Open de Bretagne de golf en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait du comportement de la FFG à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 18 du règlement disciplinaire de la fédération française de golf : " L'organe disciplinaire de première instance doit se prononcer dans un délai de dix semaines à compter de l'engagement des poursuites disciplinaires. En cas de circonstances exceptionnelles, le délai de dix semaines peut être prorogé d'un mois par une décision motivée du président de l'organe disciplinaire et notifiée à la personne poursuivie. ". L'article 21 du même règlement précise que : " L'organe disciplinaire d'appel doit se prononcer dans un délai de quatre mois à compter de l'engagement initial des poursuites. ".
3. M. A soutient que la FFG n'a pas respecté son règlement disciplinaire, dès lors que la commission disciplinaire de première instance n'a pas statué dans le délai de dix semaines prévu par l'article 18 de son règlement précité. Toutefois, ce moyen est inopérant pour contester la légalité de la décision attaquée du 20 janvier 2022 prise par la commission disciplinaire d'appel de la fédération, qui s'est substituée à la décision de première instance de la commission disciplinaire de la fédération du 30 novembre 2021. Le moyen doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, la circonstance que le procès-verbal de la commission disciplinaire d'appel de la FFG cite plusieurs extraits de la décision de première instance n'est pas de nature à entacher la décision attaquée d'illégalité.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient que deux membres de la commission disciplinaire d'appel de la FFG se sont prononcés sur sa situation sans avoir lu son dossier, il ne l'établit pas. Au demeurant, ainsi que l'a relevé le conciliateur du comité national olympique et sportif français (CNOSF), les circonstances que ces deux membres de la commission aient posé des questions sur le dossier et que l'audience n'ait duré que trente minutes ne sont pas de nature à révéler un défaut d'examen sérieux de sa situation.
6. En quatrième lieu, la circonstance que deux membres de la FFG ont utilisé des moyens personnels au cours de l'instruction de son dossier, à la supposer établie, n'est pas davantage de nature à remettre en cause la procédure disciplinaire engagée à l'encontre de M. A.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 6 que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée de vices de procédure.
8. En cinquième lieu, si M. A soutient que le rapporteur de la commission disciplinaire d'appel aurait failli à son devoir d'impartialité et d'objectivité, il n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 10 du règlement disciplinaire de la fédération française de golf : " Les poursuites disciplinaires sont engagées par le Président de la ffgolf sur demande expresse et motivée d'un licencié de la ffgolf ou par le Comité d'Ethique et de déontologie de la ffgolf. Les affaires disciplinaires qui doivent faire l'objet d'une instruction sont les suivantes : - Comportement contraire aux règles de l'étiquette ; - Mauvais comportement ou non-respect des règles d'organisation de la compétition ou de l'entraînement ; - Mauvais comportement envers les co-compétiteurs ou coéquipiers ; - Infractions à la règlementation relative aux paris sportifs en ligne et prévus dans les règlements sportifs concernés. ". L'article 12 du même règlement prévoit que : " Lorsque les circonstances le justifient, notamment au regard de la gravité des faits, le Président de la ffgolf peut prononcer à l'encontre de la personne poursuivie, à tout moment de la procédure disciplinaire de première instance et par décision motivée, une mesure conservatoire dans l'attente de la notification de la décision de l'organe disciplinaire. ". L'article 22 du même texte précise enfin que : " Les sanctions applicables sont notamment : 1° Un avertissement ; () 10° Une interdiction temporaire ou définitive de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par la fédération ; 11° Une interdiction temporaire ou définitive de participer directement ou indirectement à l'organisation et au déroulement des compétitions et manifestations sportives autorisées par une fédération délégataire ou organisées par la fédération agréée ; () 13° Un retrait provisoire de la licence pendant la durée de l'interdiction ; () / Une ou plusieurs sanctions peuvent être choisies parmi les sanctions énumérées ci-dessus dans le respect du principe de proportionnalité. Elles sont prononcées en considération de la gravité des faits et du comportement de leur auteur. ".
10. Pour sanctionner M. A, la commission disciplinaire d'appel de la FFG a relevé qu'au cours du mois d'août 2021, il avait eu un comportement intrusif et intempestif à l'encontre des deux membres de son club de golf au sujet de l'inscription à une compétition, qu'il avait commis des agissements inacceptables en utilisant des identifiants informatiques appartenant à ces licenciés pour effectuer de fausses saisies à leur place et que, sans exprimer le moindre regret, son comportement avait été indigne d'un sportif, qui plus est se revendiquant d'un haut niveau.
11. M. A conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Il fait valoir que l'enquête de la fédération française de golf a été bâclée, que le rapport d'instruction n'est ni partial ni objectif et qu'il contient des faux témoignages et des dénonciations calomnieuses. Toutefois, d'une part, le requérant ne précise pas quelles parties du rapport d'instruction seraient fausses, incomplètes ou partiales. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'un rappel à la loi par le procureur de la République le 12 janvier 2022, mesure qui, nonobstant l'absence de signature par le requérant, constitue une peine au sens du droit pénal, qu'il a reconnu s'être introduit le 14 août 2021 chez un couple de personnes âgées sans leur autorisation, et qu'il a reconnu également avoir utilisé leurs identifiants informatiques, le même jour, afin de les désinscrire de trois compétitions de golf devant avoir lieu au cours du mois d'août 2021. Par suite, la matérialité des faits reprochés à M. A doit être regardée comme établie.
12. Il résulte des énonciations du point précédent que, contrairement à ce qu'il soutient, M. A a commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.
13. En sixième lieu, M. A se prévaut de la disproportion de la sanction prononcée à son encontre, et soutient que la commission disciplinaire d'appel n'a pas tenu compte des circonstances atténuantes du dossier et que des faits plus graves auraient déjà donné lieu à des sanctions moins lourdes. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des deux dépôts de plainte du 16 août 2021 des époux victimes, du certificat médical établi le 14 août 2021 ayant constaté des blessures sur les plans orthopédique, abdominal et psychique de l'une des deux victimes et du rappel à la loi proposé par le délégué du procureur le 12 janvier 2022, que le requérant, a, pour des prétextes futiles, pénétré illégalement au domicile de personnes âgées, les a violentées physiquement et verbalement, puis a utilisé leurs identifiants informatiques pour modifier des inscriptions à des compétitions sportives, sans faire preuve ultérieurement, malgré une condamnation pénale, du moindre remord ou de la moindre reconnaissance de la gravité de ses actes. Par ailleurs, les agissements en cause apparaissent tout aussi contraires aux valeurs du sport dans le cadre duquel elles ont trouvé leur origine, sport dont le requérant se prétend être un représentant de haut niveau. Dans ces conditions, la sanction d'interdiction temporaire de participer à des compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFG, jusqu'au 21 décembre 2022, ainsi que d'interdiction temporaire de participer à des compétitions et manifestations sportives comptant pour l'index jusqu'au 21 décembre 2022 et enfin de retrait temporaire effectif de licence d'une durée de douze mois avec sursis pendant une durée de trois ans n'apparait pas disproportionnée eu égard à la nature des faits en cause et au comportement de M. A. Par suite le moyen tiré de la disproportion de la sanction doit être écarté.
14. En septième lieu, le moyen tiré de ce que la commission disciplinaire d'appel n'aurait pas sanctionné des manquements plus graves observés par le requérant au cours de sa pratique est inopérant.
15. En huitième lieu, le requérant soutient que la décision attaquée révèle un abus de pouvoir de la part de la FFG, dès lors que celle-ci a pris une sanction non prévue par le règlement disciplinaire, que les mesures conservatoires ont duré au-delà de la période prévue et que la sanction prononcée excède le périmètre d'action de la fédération.
16. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'elle aurait eu pour objet de bloquer la licence du requérant pendant cinq jours. Par ailleurs, si le requérant fait valoir que la FFG n'avait pas le pouvoir de lui interdire de jouer en compétition à l'étranger, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'elle aurait pour effet de lui infliger une telle interdiction. Par suite, le moyen tiré de l'abus de pouvoir doit être écarté en toutes ses branches.
17. En neuvième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A était accompagné de sa mère au cours des faits ayant conduit à l'ouverture d'une enquête disciplinaire à son encontre. Le requérant fait valoir que sa mère a été relaxée partiellement par la commission disciplinaire d'appel et qu'il ne pouvait, dès lors, faire l'objet d'une sanction plus sévère. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la mère du requérant a été poursuivie par l'instance disciplinaire pour ne pas avoir empêché les violences commises par son fils, et non pas en tant qu'autrice principale de ces violences. Dès lors, s'agissant de faits différents, et s'agissant d'instances différentes, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commission disciplinaire d'appel n'aurait pas fait preuve d'équité. Le moyen doit ainsi être écarté.
18. En dixième lieu, la circonstance que la décision attaquée ait été communiquée aux victimes du requérant est sans incidence sur la légalité de celle-ci.
19. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la proposition du conciliateur ne serait pas " recevable ", que les deux commissions disciplinaires n'auraient pas statué sur son cas en équité, que la fédération française de golf n'examinerait pas des faits plus graves que ceux en litige, que sa licence aurait été bloquée de façon illégale entre le 8 et le 13 octobre 2021, que les mesures conservatoires auraient excédé la durée prévue par le règlement disciplinaire, que l'interdiction de prendre part à des compétitions aurait perduré au-delà du 21 décembre 2022, l'ensemble de ces moyens étant inopérants.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 3 000 euros à verser à la fédération française de golf au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 3 000 euros à la fédération française de golf au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la fédération française de golf.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué et Mme C, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024
Le rapporteur,
signé
S. Bourragué
La présidente,
signé
C. Bories
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2204177
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026