LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2204402

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2204402

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2204402
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantNUMBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 25 mars 2022, 20 février et 20 mars 2023, M. A D, représenté par Me Numbi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a mis fin à ses fonctions et l'a licencié à l'issue de son stage ;

2°) d'enjoindre au ministre de le réintégrer dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence ;

- la décision de le licencier pour insuffisance professionnelle à l'issue de son stage est entachée d'erreur d'appréciation au regard, notamment, des conditions de déroulement de celui-ci qui n'ont pas permis de l'évaluer dans des conditions normales, ainsi que des qualités dont il a fait preuve durant son stage, du caractère ponctuel de ses carences et du défaut de matérialité de l'insubordination alléguée ;

- pour le même motif, elle méconnaît l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 ;

- ces dispositions sont également méconnues dès lors qu'il a été licencié pour insuffisance professionnelle avant d'avoir atteint la moitié de son stage ;

- en application de l'article 26 du décret du 7 octobre 1994, la durée de son stage aurait dû être prolongée de quarante-deux jours de sorte qu'il n'était pas achevé à la date à laquelle son licenciement a été prononcé ;

- l'arrêté est entaché de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le décret n° 2019-49 du 30 janvier 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de Me Numbi, pour M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D a obtenu le bénéfice du concours externe sur titre d'éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse et a débuté son stage le 1er février 2021 au sein de l'unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Malakoff. Le 23 août 2021, il a été affecté au sein de l'UEMO de Bourg-la-Reine. Après un avis de la commission administrative paritaire rendu le 16 décembre 2021, par un arrêté du 8 février 2022 dont M. D demande l'annulation, le garde des sceaux, ministre de la justice, a mis fin à ses fonctions et l'a licencié pour inaptitude professionnelle.

2. En premier lieu, il ressort de l'article 35 de la décision du 6 avril 2021, régulièrement publiée, que Mme E, cheffe de la section de la gestion des corps spécifiques au sein du bureau des carrières et du développement professionnel et signataire de la décision attaquée, s'est vue déléguer la signature du ministre de la justice pour prendre l'arrêté litigieux, de sorte que le moyen tiré de son incompétence ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, tout fonctionnaire stagiaire a le droit d'accomplir son stage dans des conditions lui permettant d'acquérir une expérience professionnelle et de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il est destiné.

4. M. D soutient que les conditions de déroulement de son stage ont méconnu le principe rappelé au point 3. Il fait valoir que son tuteur a été désigné tardivement, que l'UEMO de Malakoff ne comptait pas de responsable d'unité éducative, qu'elle était dirigée par un directeur par intérim qui a au demeurant changé au bout d'un mois de présence, que l'équipe a connu des modifications du fait de l'arrivée de nouveaux éducateurs en cours de stage, que ses collègues étaient trop fréquemment absents, que le recours important au télétravail a conduit à son isolement, que de ce fait il n'a pas eu de directives ni de suivi adéquat et enfin que ses horaires de travail ont été mouvants.

5. D'une part, si l'absence de responsable de l'unité éducative ressort des pièces du dossier, le ministre de la justice fait valoir sans être contesté que le directeur de service a assuré son intérim, ainsi que cela ressort d'ailleurs du rapport d'évaluation intermédiaire. De même, il est constant que la direction de l'UEMO a été assurée par intérim et que le contexte épidémique a conduit à un recours accru au télétravail. Toutefois, M. D ne produit pas de pièce ni d'élément circonstancié de nature à établir que cela aurait eu un retentissement négatif quant aux conditions de déroulement de son stage. D'autre part, le requérant ne produit aucune pièce ou élément au soutien de ses autres allégations. En outre, s'il a alerté la direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse quant aux conditions de déroulement de son stage le 18 juin 2021, quatre mois après le début de son stage, ce signalement n'avait été précédé d'aucune manifestation de sa part et a eu lieu quelques jours après son évaluation intermédiaire, qui lui était défavorable. Enfin, alors que son affectation a été modifiée à sa demande à compter du 23 août 2021, et que M. D n'établit ni même n'allègue la persistance des difficultés décrites au sein de l'UEMO de Bourg-la-Reine, les mêmes insuffisances de sa part ont été relevées après ce changement d'affectation. Dans ces conditions, le moyen d'erreur d'appréciation tiré de ce que le stage ne se serait pas déroulé dans des conditions normales et ne lui aurait pas permis de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il est destiné doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 : " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. ". L'article 5 du même décret dispose que : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par le statut particulier du corps dans lequel le fonctionnaire stagiaire a vocation à être titularisé. " Pour les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse recrutés par la voie du concours externe sur titre, l'article 9 du décret du 30 janvier 2019 fixe la durée du stage à douze mois. Par ailleurs, le second alinéa de l'article 26 du décret du 7 octobre 1994 prévoit que : " le total des congés rémunérés de toute nature accordés aux stagiaires en sus du congé annuel ne peut être pris en compte comme temps de stage que pour un dixième de la durée statutaire de celui-ci. ".

7. D'une part, il ressort des écritures de M. D, étayées par les certificats d'arrêt de travail qu'il produit, non utilement contestées, que, entre le 10 novembre 2021 et le 31 décembre 2022, il a été placé en congé de maladie durant soixante-seize jours. Cette période excédant le dixième de la durée statutaire de son stage, soit trente-six jours, celui-ci aurait dû être prolongé de quarante jours et se terminer le 12 mars 2022. Il en résulte que le 8 février 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, a licencié l'intéressé au cours de son stage. Si cette circonstance, par elle-même, n'entache pas l'arrêté litigieux d'illégalité, elle a pour conséquence qu'il incombe au juge de l'excès de pouvoir d'opérer un entier contrôle quant au bien-fondé de la décision litigieuse et d'apprécier si l'autorité administrative a commis une erreur d'appréciation en licenciant M. D pour inaptitude.

8. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 qu'il y a lieu, pour apprécier la condition de délai prévue à l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 précité, de tenir compte de la période de stage qui s'est déroulée au sein de l'UEMO de Malakoff. Ainsi, à la date du licenciement de M. D, plus de six mois s'étaient écoulés depuis le début de son stage, de sorte que le moyen tiré de ce que celui-ci serait intervenu en méconnaissance du délai prévu par ces dispositions ne peut qu'être écarté.

9. En quatrième lieu, M. D soutient que la décision de le licencier pour inaptitude professionnelle est entachée d'une erreur d'appréciation. Toutefois, il ressort des deux rapports d'évaluation produits que les compétences attendues de sa part étaient pour la plupart " non acquises " ou, pour certaines, " en cours d'acquisition ". Lui étaient notamment reprochés ses difficultés à comprendre le cadre institutionnel et les différents types de mesure dont il devait assurer la mise en œuvre, les déficiences de ses capacités d'expression écrites et orales ou encore son autonomie et son esprit d'initiative insuffisants. A l'appui de son moyen, M. D ne produit que des allégations dénuées de pièce ou d'élément matériel, à l'exception de deux rapports adressés au juge pour enfants qui ne suffisent pas à établir que ces appréciations, concordantes et portées par deux directeurs différents, seraient entachées d'erreur d'appréciation. Le moyen ne peut par suite qu'être écarté.

10. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision litigieuse, motivée par l'inaptitude professionnelle de M. D qui, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, n'est pas entachée d'erreur d'appréciation, serait entachée de détournement de pouvoir.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient

M. Dussuet, président,

Mme B et M. C, premiers conseillers,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

G. CLe président,

signé

J-P. DussuetLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions