Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2204606
mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2204606 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BREVAN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Brevan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2022 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui renouveler son titre de séjour " salarié " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui renouveler son titre de séjour " salarié ", dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans l'attente de ce réexamen, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne qui n'a produit aucune observation en défense.
Par courrier du 22 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'inexistence de la décision attaquée.
Mme A a produit des observations, enregistrées le 1er avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Richard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 21 octobre 1992, a bénéficié d'un titre de séjour mention " étudiant ", valable du 14 décembre 2018 au 13 décembre 2019. Elle a sollicité le 18 avril 2019 un changement de statut en vue de se voir délivrer un titre de séjour " salarié ". Mme A a reçu le 3 janvier 2020 un message de la préfecture du Val-de-Marne lui indiquant que son titre de séjour était prêt à être retiré. Le 20 janvier 2020, l'agent de guichet a informé l'intéressée que son titre n'était finalement pas encore disponible. Malgré des relances, Mme A fait valoir n'avoir appris que le 1er février 2022 que son titre de séjour avait été émis et avait expiré depuis le 5 juin 2020. Le même jour, elle indique qu'un refus oral de renouvellement de ce titre de séjour " salarié " lui aurait été notifié dont elle demande au tribunal l'annulation.
2. Si Mme A soutient s'être vue notifier le 1er février 2022 un refus de renouvellement de son titre de séjour, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de la sous-préfète de L'Haÿ-les-Roses en date du 7 avril 2022 que Mme A ne s'est vu remettre son titre de séjour " salarié ", expiré depuis le 5 juin 2020, que le 22 février 2022 et qu'elle n'a ainsi " pas été en mesure de déposer une demande de renouvellement avant cette date ". Dans ces conditions, et à supposer même que Mme A se soit rendue à la préfecture du Val-de-Marne le 1er février 2022, c'est tout au plus un refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qui a pu lui être opposé au guichet, et non un refus de renouvellement de son titre. Par suite, la décision attaquée doit être regardée comme inexistante. Dès lors, la requête de l'intéressée est irrecevable et ne peut, pour ce motif, qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
signé
A. RICHARD
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204606
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