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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2204779

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2204779

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2204779
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBULAJIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, Mme C A, épouse B, représentée par Me Bulajic, avocate, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident, née du silence gardé sur cette demande par le préfet du Val-d'Oise ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de résident dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A, épouse B soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier ;

- est entachée d'une erreur de fait au regard du montant et de la nature de ses ressources ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet du Val-d'Oise a été mis en demeure, le 6 octobre 2022.

Par une ordonnance en date du 7 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 décembre 2022.

Le mémoire défense du préfet du Val-d'Oise, enregistré le 3 mars 2023, après la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Prost, premier conseiller ;

- et les observations de Me Bulajic.

Mme A, épouse B a produit une note en délibéré, enregistrée le 28 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, épouse B, ressortissante serbe, a demandé au préfet du Val-d'Oise le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'une carte de résident. Le préfet du Val-d'Oise lui a remis, le 14 mars 2022, une carte de séjour pluriannuelle, valable du 25 janvier 2022 au 24 janvier 2026, et doit être regardé comme ayant, ainsi, implicitement rejeté sa demande de carte de résident.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Il est constant que l'administration a répondu, par un courriel en date du 17 mars 2022, à la demande de communication des motifs présentée, le 14 mars 2022, par Mme A, épouse B. Il ressort des pièces du dossier que ce courriel comprend l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée.

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas, avant de prendre l'arrêté contesté, procédé à un examen sérieux de la situation de Mme A, épouse B.

4. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail () ".

5. Il est constant que Mme A, épouse B, née le 17 avril 1978 en Serbie, est entrée en France, le 30 octobre 2015, sous couvert d'un visa long séjour, qu'elle s'est vu délivrer plusieurs cartes de séjour portant la mention " salarié ", dont la dernière était valable jusqu'au 20 octobre 2021, et qu'elle a demandé, le 12 octobre 2021, au préfet du Val-d'Oise, outre le renouvellement de son titre de séjour, la délivrance d'une carte de résident. Il ressort des pièces du dossier que la requérante justifie, au cours des cinq dernières années, de revenus fiscaux de référence de 41 150 euros en 2020, 45 719 euros en 2019, 46 505 euros en 2018, 43 653 euros en 2017 et 37 627 euros en 2016 et est fondée à soutenir que ses ressources étaient suffisantes. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que Mme A, épouse B a été licenciée, pour raisons économiques, par son employeur le 20 octobre 2020. Si la requérante fait valoir que le montant de ses allocations de retour à l'emploi, versées pour une période de 730 jours à compter du mois de mars 2021, étaient supérieures à celui du salaire minimum de croissance, le préfet du Val-d'Oise a, pour rejeter sa demande de carte de résident, estimé, le 25 janvier 2022, que l'intéressée, qui invoque un projet de reconversion tendant à l'ouverture d'une école de yoga, ne disposait pas " d'une stabilité professionnelle et donc de ressources stables, régulières et suffisantes sur au moins les trois dernières années. ". Il ressort des pièces du dossier que Mme A, épouse B ne produit aucune pièce à même de justifier des démarches entreprises, outre des actions de formation, en vue de l'ouverture de cette école et de perspectives effectives de retour à l'emploi. Dans ces conditions, le préfet du Val-d'Oise a pu considérer qu'à la date de la décision attaquée, les ressources de Mme A, épouse B ne présentait pas le caractère de stabilité requis par l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur de fait relative au montant et à la nature de ses ressources et méconnu les dispositions précitées.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme A, épouse B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E´ C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A, épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

F.-X. PROST

Le président,

signé

K. KELFANILa greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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