mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2204836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | COLMANT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 31 mars 2022 sous le n° 2204836, la société par actions simplifiées (SAS) Energie 95, représentée par Me Colmant, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé la fermeture administrative provisoire de l'établissement " LE WEEK END ", situé 13, rue de Neuville à Cergy (Val-d'Oise) à compter du 4 mars 2022 jusqu'au 18 avril 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de procédure contradictoire préalablement à son édiction ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas compte des mesures prises pour que l'établissement continue à accueillir des réceptions dans le respect des lois et de la réglementation en vigueur ;
- il impose une mesure manifestement disproportionnée dans sa durée au regard des reproches formulés par l'administration ;
- il méconnait le principe selon lequel on ne peut pas être sanctionné deux fois pour les mêmes faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée le 25 mai 2022 sous le n°2207876, et un mémoire complémentaire enregistré le 22 mars 2024, la société par actions simplifiées (SAS) Energie 95, représentée par Me Colmant, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé la fermeture administrative provisoire de l'établissement " LE WEEK END " à compter du 13 mai 2022 jusqu'au 13 août 2022 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2204836, et soutient, en outre, que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et méconnait le principe de la présomption d'innocence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, la mesure ayant pour objet de sanctionner l'établissement, et non de prévenir la continuation de désordres de fonctionnement ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'arrêté est fondé sur la commission d'un délit pour lequel la société a été relaxée.
Par des mémoires en défense, enregistrées les 13 septembre 2023 et le 5 avril 2024, le préfet conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- la rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- et les observations de Me Ponsard, substituant Me Colmant, représentant la SAS Energie 95.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Energie 95, exploite sous l'enseigne " LE WEEK END ", un établissement situé 13 rue de Neuville à Cergy. Par un arrêté du 2 mars 2022, le préfet du Val-d'Oise, qui reproche à la société d'utiliser sans autorisation ses salles de restauration et de séminaire pour organiser des réceptions pouvant accueillir jusqu'à deux cent personnes, a ordonné la fermeture administrative de cet établissement pour une durée de quarante-cinq jours à compter de sa notification intervenue le 4 mars suivant. Par un second arrêté du 13 mai 2022, le préfet du Val-d'Oise, reprochant à l'établissement d'accueillir du public malgré l'arrêté du 2 mars 2022, a ordonné une nouvelle fermeture administrative à l'établissement " LE WEEK END " pour une durée de trois mois. La société requérante demande au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Les requêtes n° 2204836 et n° 2207876 présentées pour la SAS Energie 95 exploitant l'établissement " LE WEEK END " sont relatives à la situation d'un même requérant et présentent à juger des questions similaires. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. / Cette fermeture doit être précédée d'un avertissement qui peut, le cas échéant, s'y substituer, lorsque les faits susceptibles de justifier cette fermeture résultent d'une défaillance exceptionnelle de l'exploitant ou à laquelle il lui est aisé de remédier. / 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois. Le représentant de l'Etat dans le département peut réduire la durée de cette fermeture lorsque l'exploitant s'engage à suivre la formation donnant lieu à la délivrance d'un permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1 () ./ 3. Lorsque la fermeture est motivée par des actes criminels ou délictueux prévus par les dispositions pénales en vigueur, à l'exception des infractions visées au 1, la fermeture peut être prononcée pour six mois. Dans ce cas, la fermeture entraîne l'annulation du permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1. / 4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. () ./ 5. A l'exception de l'avertissement prévu au 1, les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration (). ".
Sur l'arrêté du 2 mars 2022 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. L'arrêté préfectoral du 2 mars 2022 vise notamment le code de la santé publique ainsi que l'arrêté municipal du 18 janvier 2022 réglementant les activités de type O et N d'un établissement recevant du public de 3ième catégorie qui mentionne que l'établissement " LE WEEK END " ne pourra continuer à recevoir du public que s'il dépose un dossier de régularisation de cette activité et remplit un certain nombre d'obligations. Cet arrêté ajoute que, malgré un avertissement notifié le 8 février 2022, les services de police ont établi un rapport administratif le 28 février suivant attestant de l'utilisation des locaux sans avoir régularisé la situation les 22 janvier, 24 et 27 février 2022 par des groupes pouvant compter jusqu'à deux cent personnes. Ainsi, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211 2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; 2° Lorsque leur mise en œuvre serait de nature à compromettre l'ordre public ou la conduite des relations internationales; () ".
7. Par une décision du 2 février 2022, notifiée le 8 février suivant, le préfet du Val-d'Oise a adressé à la société requérante l'avertissement prévu par les dispositions du 1° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique au motif qu'il lui avait été signalé que l'établissement poursuivant ses activités alors qu'il ne pouvait plus accueillir de public sans s'être préalablement conformé aux obligations rappelées dans l'arrêté municipal du 18 janvier 2022. Si ce courrier indiquait qu'en cas de nouvelle infraction l'établissement pourrait être fermé, il n'est pas contesté que le préfet du Val-d'Oise n'a pas, préalablement à l'adoption de la décision querellée, mis à même la SAS Energie 95 de présenter ses observations. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport défavorable à la poursuite de l'activité établi par la commission communale de sécurité le 14 janvier 2022 à la suite d'une visite inopinée de l'établissement, que les vérifications techniques des installations de gaz et d'électricité n'ont pas été réalisées, que certaines zones de l'établissement ne disposent pas d'extincteur, que la chaufferie présente une fuite de gaz, que différents dépôts obstruent les espaces de circulation ou que les alarmes ne sont pas adaptées à une salle de réception. Dans ces conditions, eu égard à dangerosité de la poursuite de l'activité de l'établissement constatée par les services de police les 22 janvier, 24 et 27 février 2022, sans que les très nombreuses observations de la commission de sécurité n'aient été levées, et à l'urgence d'y mettre fin, le préfet du Val-d'Oise a pu légalement prendre son arrêté du 2 mars 2022 en se dispensant de procédure contradictoire en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration cité au point précédent.
8. En troisième lieu, d'une part, l'arrêté du 2 mars 2022 du préfet du Val-d'Oise, pris sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, a ordonné la fermeture administrative en urgence, pour une durée de quarante-cinq jours de l'établissement exploité sous l'enseigne " LE WEEK END " pour les motifs qui ont été rappelés précédemment. Eu égard à la gravité des faits reprochés et à la méconnaissance de la règlementation concernant les activités de type O et N d'un établissement recevant du public de 3ième catégorie, le préfet du Val-d'Oise n'a ni méconnu les dispositions précitées en décidant de la fermeture administrative temporaire de l'établissement, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant la durée de cette fermeture à quarante-cinq jours.
9. En dernier lieu, les mesures de fermeture de débits de boissons ordonnées par le préfet sur le fondement de dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique doivent être regardées non comme des sanctions présentant le caractère de punitions mais comme des mesures de police qui ont pour objet de prévenir la continuation ou le retour de désordres liés au fonctionnement de l'établissement, indépendamment de toute responsabilité de l'exploitant. Par suite, les principes de la procédure pénale et les principes applicables en cas de sanction administrative ne sont pas applicables à la procédure en cause. En particulier, la société requérante ne peut utilement soutenir que la mesure contestée méconnaîtrait le principe de la présomption d'innocence qui ne trouve application qu'en matière répressive. Par suite, le moyen tiré de la violation du principe selon lequel on ne peut pas être sanctionné deux fois pour les mêmes faits ne saurait être utilement invoqué à l'encontre d'une mesure de fermeture administrative.
Sur l'arrêté du 13 mai 2022 :
10. En premier lieu, l'arrêté préfectoral du 13 mai 2022 vise les dispositions pertinentes du code de la santé publique, et plus spécifiquement son article L. 3332-15, ainsi que, notamment, l'arrêté préfectoral du 2 mars 2022 prononçant la fermeture administrative de l'établissement " LE WEEK END " pour une durée de quarante-cinq jours, de même que le rapport établi le 16 avril 2022 par les services de la police municipale constatant l'accueil d'une cinquantaine de personnes dans l'établissement malgré la mesure de fermeture administrative. Il ajoute, d'une part, que cette ouverture malgré un précédent arrêté de fermeture constitue une infraction délictuelle au sens du 3° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, et d'autre part, que les services de police ont constaté le 24 avril 2022 que l'établissement était de nouveau ouvert pour une fête d'anniversaire en méconnaissance de l'arrêté municipal du 18 janvier 2022, les manquements à la réglementation applicable aux établissements recevant du public n'étant toujours pas levés, alors que ces faits constituent une infraction aux lois et règlements relatifs aux débits de boisson et aux restaurants. Ainsi, l'arrêté du 13 mai 2022 comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et par suite, est suffisamment motivé au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
11. En deuxième lieu, il est constant que le préfet du Val-d'Oise n'a pas, préalablement à l'adoption de la décision querellée, mis à même la SAS Energie 95 de présenter ses observations et n'a pas ainsi respecté les obligations liées à l'engagement préalable d'une procédure contradictoire. En outre, eu égard à la durée du délai qui s'est écoulé entre la date à laquelle l'autorité préfectorale a été informée de l'ouverture de l'établissement par des rapports des 16 et 24 avril et la décision préfectorale de fermeture, intervenue le 13 mai suivant, le préfet ne pouvait valablement se prévaloir de l'urgence pour se dispenser de recourir à la procédure contradictoire imposée par l'article L. 121-1 précité au point 5 ci-dessus. Toutefois, eu égard à la gravité des manquements constatés à la réglementation concernant les établissements recevant du public de 3ième catégorie, dont il ressort des pièces du dossier qu'ils n'ont pas été levés à la date de la décision querellée, et à la dangerosité en découlant pour les occupants de la salle, parfois nombreux, pour leur santé et leur sécurité, les nécessités de l'ordre public commandaient de mettre fin, dans les meilleurs délais, aux risques ainsi encourus. Par suite, et alors même que la décision ordonnant la fermeture a été prise un mois et plus de quinze jours après que la poursuite desdits manquements se soient produits, l'administration pouvait, sans entacher sa décision d'illégalité, ne pas recourir à la procédure contradictoire prévue en application du 2° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration.
12. En troisième lieu, et ainsi qu'il a été énoncé au point 8, les mesures de fermeture de débits de boissons ordonnées par le préfet ont toujours pour objet de prévenir la continuation ou le retour de désordres liés au fonctionnement de l'établissement, indépendamment de toute responsabilité de l'exploitant. De telles mesures doivent être regardées non comme des sanctions présentant le caractère de punitions mais comme des mesures de police. En particulier, la société requérante ne peut utilement soutenir que la mesure contestée méconnaîtrait le principe de la présomption d'innocence qui ne trouve application qu'en matière répressive.
13. Toutefois, si, en principe, l'autorité de la chose jugée au pénal ne s'impose aux autorités et juridictions administratives qu'en ce qui concerne les constatations de fait que les juges répressifs ont retenues et qui sont le support nécessaire de leurs décisions, il en est autrement lorsque la légalité d'une décision administrative est subordonnée à la condition que les faits qui servent de fondement à cette décision constituent une infraction pénale. Dans cette dernière hypothèse, l'autorité de la chose jugée s'étend exceptionnellement à la qualification juridique donnée aux faits par le juge pénal. Il en va ainsi des mesures de fermeture prononcées sur le fondement du 3 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique.
14. Il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 14 février 2023, le tribunal correctionnel de Pontoise a relaxé les gérants du délit d'ouverture du débit de boissons malgré une décision administrative, ayant constaté que le 16 avril 2022, l'établissement avait été mis à disposition d'une tierce personne en vue de la tenue d'une soirée, faits qui ne pouvaient être analysés en ouverture d'un débit de boisson. Il résulte de ce qui précède que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait pas légalement prendre la décision contestée en se fondant sur le motif tiré du non-respect de l'arrêté de fermeture d'un débit de boisson et le 3° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique.
15. Néanmoins, ainsi qu'il a été dit précédemment, le préfet du Val-d'Oise a également ordonné la fermeture de l'établissement " LE WEEK END ", au motif que, selon les constatations des services de police des 16 et 24 avril, l'établissement a accueilli du public alors que les régularisations au titre de la réglementation des établissements recevant du public n'avaient pas été effectuées conformément aux prescriptions de l'arrêté municipal du 18 janvier 2022. Ainsi, compte tenu de la gravité des risques encourus par l'ouverture d'un établissement dont il est établi qu'il ne respecte pas la réglementation technique et de sécurité inhérente à l'ouverture d'un site au public, il résulte de l'instruction que le préfet du Val-d'Oise aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif, fondé sur le 1° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, pour prononcer la fermeture de l'établissement.
16. A cet égard, compte tenu de la nature et à de gravité des infractions relevées à la réglementation des établissements recevant du public de 3ième catégorie, à l'absence de régularisation de certaines de ces infractions relevées à plusieurs reprises au cours des contrôles successifs malgré l'interdiction d'exploitation prononcée par arrêté municipal et en l'absence d'avis favorable de la commission de sécurité communale, et alors même que des travaux auraient été entrepris par la SAS Energie 95, le préfet du Val-d'Oise a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, décider de la fermeture administrative temporaire de l'établissement " LE WEEK END " en se fondant sur le 1° de l'article L. 3332-15 précité. Il n'a pas, pour les mêmes motifs, entaché cette décision d'erreur manifeste d'appréciation en fixant la durée de cette nouvelle fermeture à trois mois.
17. En dernier lieu, la liberté d'entreprendre, dont la liberté du commerce et de l'industrie n'est qu'une composante, s'entend de celle d'exercer une activité économique dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur et conformément aux prescriptions qui leur sont légalement imposées. Par suite, et en tout état de cause, elle ne faisait pas obstacle à ce que le préfet prenne la décision de fermeture attaquée, compte tenu des infractions constatées à l'encontre de la SAS Energie 95.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SAS Energie 95 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés aux instances.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2204836 et 2207876 de la SAS Energie 95 sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Energie 95 et au préfet du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le président-rapporteur,
signé
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
Z. Saïh
La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2207876
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026