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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2205006

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2205006

mercredi 1 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2205006
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation11ème Chambre
Avocat requérantFEVRIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 7 avril, 7 mai et 22 juillet 2022, Mme E B, représentée par Me Fevrier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions en date du 1er mars 2022 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français ans un délai de trente jours et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'une année ;

3°) d'enjoindre au préfet de Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Mme B soutient que :

* La décision portant refus de titre de séjour :

- est illégale en l'absence de communication de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, l'avis litigieux ne permet pas d'identifier le médecin auteur du rapport, n'est pas signé par les médecins composant le collège et ne comporte pas les éléments de procédure tel qu'il résulte du modèle figurant à l'annexe C de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, que, d'autre part, le préfet n'établit ni la date de transmission du rapport médical au collège des médecins, ni la composition et la compétence du collège de médecins, et que le dit avis a bien été émis à la suite d'une délibération collégiale ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors que le défaut de soins entrainera des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et en raison de l'indisponibilité des soins en cas de retour dans son pays d'origine.

* La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit et d'asile.

* La décision fixant le pays d'éloignement :

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit et d'asile.

* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est disproportionnée eu égard à sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique les pièces utiles en sa possession.

Il fait valoir que la requête n'appelle aucune observation particulière de sa part.

Vu :

- l'ordonnance du 29 juin 2022 fixant la clôture de l'instruction au 29 juillet 2022 à 16 h00 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 de la ministre des affaires sociales et de la santé et du ministre de l'intérieur relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur ;

- et les observations de Me Fevrier, représentant Mme B.

Une note en délibéré, présentée par Me Fevrier pour Mme B, a été enregistrée le 26 janvier 2023 à 10h43.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E B, née le 14 février 1982 en Côte d'Ivoire, pays dont elle a la nationalité, déclare être entrée en France le 3 mars 2016 et a sollicité le 26 octobre 2021, un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er mars 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'une année.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. (). ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre le titre de séjour " portant la mention vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application des dispositions précitées : " () le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". Et aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : " () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. (). ".

5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays d'éloignement, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays d'éloignement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

6. En premier lieu, d'une part, en versant aux débats, l'avis du 18 janvier 2022 du collège de médecins de l'OFII, composé des docteurs Sébille, Benazouz et Horrach, le préfet des Hauts-de-Seine justifie de l'existence de l'avis médical exigé par la législation en vigueur, alors qu'il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe qu'il aurait dû procéder à la communication de cet avis. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le docteur D, auteur du rapport médical, en date du 12 janvier 2022, qui a été transmis au collège des médecins le lendemain, n'a pas siégé en tant que membre du collège des médecins de l'OFII. D'autre part, lorsque l'avis médical porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve contraire, ce qui est le cas en l'espèce. En outre, l'avis est signé par les trois médecins composant le collège des médecins de l'OFII, qui ont été régulièrement nommés à cette fin par le directeur général de l'OFII par décision du 10 août 2021 modifiant la décision du 17 janvier 2017, portant désignation au sein du collège de médecins à compétence nationale de l'OFII, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Dans ces conditions, et en l'absence de commencement de preuve contraire, Mme B n'établit pas que l'avis médical du 18 janvier 2022 a été émis à la suite d'une procédure irrégulière. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

7. En second lieu, pour refuser de délivrer le titre de séjour à Mme B sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Hauts-de-Seine s'est notamment fondé sur l'avis précité du collège des médecins de l'OFII, mentionnant que si l'état de santé de Mme B, qui souffre d'un état de stress post-traumatique majeur, nécessite une prise en charge médicale, le défaut de traitement de sa pathologie ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si l'intéressée fait valoir que son état de santé s'est dégradé, notamment à la suite de la naissance sans vie de son l'enfant le 16 janvier 2020, et qu'elle exprime des idées suicidaires de plus en plus persistantes ainsi que cela ressortirait d'un compte rendu d'hospitalisation, lors de son accueil aux urgences le 24 janvier 2020 à l'hôpital Saint-Cloud, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII du 18 janvier 2022. Il en va de même des pièces produites par la requérante, dont les certificats médicaux, en date des 5 et 19 novembre 2011, établis par le docteur A, exerçant au service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Avicenne, dans le cadre du programme parcours, dispositif d'accompagnement des femmes et hommes aux parcours d'exil rugueux et violents présentant des psycho traumatismes. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de solliciter la communication de l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le moyen tiré de ce que le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'était pas tenu de s'assurer que l'intéressée bénéficie effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aurait commis une erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions, inopérant à l'encontre de la décision portant refus de séjour, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. L'intéressée ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

10. La requérante, en se bornant à indiquer qu'elle risque de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Côte d'Ivoire, n'établit pas la réalité des craintes et risques auxquels elle serait exposée dans son pays d'origine. Dans ces conditions et en complément des motifs également exposés au point 7, Mme B, dont l'état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine, n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

11. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". L'article L. 612-10 de ce code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

12. Mme B qui est célibataire, sans charge de famille, ne démontre pas avoir noué des liens personnels et familiaux en France anciens, intenses et stables. En outre, elle n'établit pas être démunie d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Par ailleurs, la requérante ne justifie pas être particulièrement insérée socialement et professionnellement à la société française. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 7, la circonstance qu'elle ne pourrait pas bénéficier dans son pays d'origine des soins appropriés à son état de santé est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que le défaut de traitement de sa pathologie ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Ainsi, Mme B, qui ne justifie d'aucune circonstance humanitaire au regard de son état de santé, n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse est disproportionnée eu égard à sa situation personnelle. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées.

Sur les conclusions accessoires :

14. Les conclusions à fin d'annulation de Mme B ayant été rejetées, il en va de même, par voie de conséquence, pour ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que pour celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

M. Robert, premier conseiller,

M. Dupin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.

Le président-rapporteur,

signé

T. BertonciniL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

D. Robert

La greffière,

signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2205006

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