mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2205137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | NAVARRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 avril et 16 juin 2022, M. C B, représenté par Me Navarro, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a abrogé son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant abrogation de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'intéressé n'a pas été mis en mesure de présenter des observations préalables ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au caractère actuel de la menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur de fait quant à sa durée de présence en France et quant à la date à laquelle il a quitté son pays d'origine ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 16-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de retrait de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 16-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet suivant.
Vu :
- l'ordonnance n° 2206045 du 20 mai 2022 du juge des référés du tribunal ;
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Probert, rapporteur,
- et les observations de Me Navarro, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 4 septembre 1986, est entré en France le 19 août 2018, selon ses déclarations. Il s'est vu délivrer des certificats de résidence algériens d'un an, dont le dernier en date expirait le 31 mars 2022 et pour lequel il a sollicité le renouvellement en janvier 2022. Après avoir classé sans suite la demande de renouvellement présentée par l'intéressé, le préfet des Hauts-de-Seine, par un arrêté du 10 mars 2022, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par l'ordonnance susvisée du 20 mai 2022, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de la décision regardée comme abrogeant le certificat de résidence d'un an dont M. B était titulaire et a enjoint au préfet compétent de procéder au réexamen de la situation de l'intéressé et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire l'autorisant à travailler. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté en date du 10 mars 2022.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. Pour prononcer l'abrogation du certificat de résidence de M. B, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la menace pour l'ordre public que représenterait sa présence sur le territoire français, " eu égard à sa condamnation ", prononcée le 8 septembre 2017, à un an et six mois d'emprisonnement dont neuf mois avec sursis et 3 000 euros d'amende pour des faits de complicité de fourniture frauduleuse de document administratif par un chargé de mission de service public, de détention frauduleuse de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation et fourniture frauduleuse de document administratif par un chargé de mission de service public. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'aucun autre fait de nature à faire regarder la présence en France de M. B comme constituant une menace pour l'ordre public antérieurement ou postérieurement à la condamnation précitée, n'est utilement invoqué par le préfet des Hauts-de-Seine. Compte tenu du caractère ancien des faits ayant donné lieu à la condamnation pénale prononcée à l'encontre de l'intéressé, et de l'absence de réitération, la décision procédant au retrait du certificat de résidence algérien détenu par l'intéressé est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'existence actuelle d'une menace à l'ordre public.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision procédant au retrait du certificat de résidence algérien de M. B doit être annulée. Par voie de conséquence, il y a lieu d'annuler les décisions subséquentes portant respectivement obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination, et interdiction de retour sur le territoire.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
4. Il ne résulte pas de l'instruction que le préfet des Hauts-de-Seine ait effectivement procédé au réexamen de la situation de l'intéressé en exécution de l'ordonnance susvisée du juge des référés du tribunal. Dans ces conditions, le certificat de résidence dont était bénéficiaire M. B doit être regardé comme ayant expiré à la date du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, en l'absence de changement de circonstances de fait, l'annulation de la décision prononçant le retrait de ce certificat, qui a été prise après que l'intéressé en avait sollicité le renouvellement, implique seulement d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la demande de renouvellement de certificat de résidence algérien présentée par M. B et de le doter dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le tout, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a en outre lieu d'enjoindre à l'autorité préfectorale de procéder à la suppression du signalement de l'intéressé dans le système d'information " Schengen ", dans le même délai d'un mois. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 mars 2022 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer la demande de renouvellement de certificat de résidence algérien présentée par M. B, de le doter dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, et de procéder à la suppression du signalement de l'intéressé dans le système d'information " Schengen ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme Garona, première conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
L. Probert Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205137
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026