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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2205239

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2205239

mardi 24 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2205239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème Chambre
Avocat requérantKHAFIF

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 13 avril 2022, M. A B, représenté par Me Khafif, demande au tribunal : 1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ; 2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise : - à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ; - à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et, dans l'attente du réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus d'un certificat de résidence : - le signataire de la décision n'avait pas compétence pour ce faire ; - elle est insuffisamment motivée ; - elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ; - elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne qu'il travaille depuis mai 2020 ; - le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ; - elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; - elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire : - elle a été prise sur le fondement d'une décision portant refus d'un titre de séjour illégale ; - le signataire de la décision n'avait pas compétence pour ce faire ; - elle est insuffisamment motivée ; - elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ; - elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne qu'il travaille depuis mai 2020 ; - le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ; - elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; - elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; S'agissant de la décision déterminant le pays de destination : - elle a été prise sur le fondement d'une décision portant refus d'un titre de séjour illégale ; - le signataire de la décision n'avait pas compétence pour ce faire ; - elle est insuffisamment motivée ; - elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ; - elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne qu'il travaille depuis mai 2020 ; - le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ; - elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ; - elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par une ordonnance du 13 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 octobre 2022. Le préfet du Val-d'Oise a produit un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; - l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - le code de justice administrative. La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. B, ressortissant algérien né le 5 mars 1988 et entré en France le 14 janvier 2019 selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en application du b de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 11 mars 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement. Sur les conclusions à fin d'annulation : En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et détermination du pays d'éloignement : 2. En premier lieu, par un arrêté n° 21-038 du 21 octobre 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment toutes décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté. 3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application notamment l'article 7-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que les articles L. 611-1 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que la demande de certificat de résidence de M. B a également été examinée par le préfet dans le cadre de son pouvoir général d'appréciation sans texte. L'arrêté comporte en outre les considérations de fait qui en constituent le fondement. De même, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. B. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation doivent être écartés. 4. En troisième lieu, si les ressortissants algériens ne peuvent se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et bien que l'accord franco-algérien ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, le préfet peut néanmoins délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. 5. En l'espèce, en soutenant être entré en France en janvier 2019, M. B ne se prévaut que d'une ancienneté de présence de trois années à la date de l'arrêté attaqué. Si le requérant fait également valoir qu'il est marié à une compatriote, il n'établit ni même n'allègue que son épouse, également de nationalité algérienne, séjournerait régulièrement sur le territoire français. S'il n'est pas contesté que le couple a trois enfants nés respectivement les 20 avril 2014, 23 janvier 2017 et 24 janvier 2020 et que les deux plus âgés sont scolarisés, ces éléments sont insuffisants, compte tenu de l'arrivée récente de la famille sur le territoire français, pour établir que M. B a fixé en France le centre de ses intérêts privés. Il ne ressort en outre pas des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Algérie. Sur le plan professionnel, il ressort des pièces du dossier que le requérant a travaillé entre avril 2019 et mars 2020 comme mécanicien pour la société SARL CRM Auto. Si l'intéressé soutient qu'il travaille à temps plein pour la société Inéo en qualité de technicien de service rapide depuis mai 2020, il ne justifie pas, en se bornant à produire six bulletins de salaire, de la stabilité de cette activité professionnelle. Par suite, M. B ne démontre ainsi pas, par les pièces qu'il produit, qu'il présentait, à la date de l'arrêté en litige, une insertion professionnelle particulière à la société française. Enfin, M. B n'établit ni même n'allègue qu'il serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en adoptant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise a, commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation au titre du travail et une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté en litige sur sa situation personnelle. 6. En quatrième lieu, si l'arrêté attaqué mentionne de manière erronée que M. B ne travaille que depuis mai 2020 alors, ainsi qu'il a été indiqué au point 5, qu'il ressort des pièces du dossier que celui-ci a travaillé, pour le compte de la société SARL CRM Auto entre avril 2019 et mars 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette erreur matérielle a eu une incidence sur l'appréciation des faits de l'espèce par le préfet du Val-d'Oise ni, par suite, sur la légalité de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen doit être écarté. 7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. En l'espèce, si M. B soutient que ses deux enfants ainés sont scolarisés en France, il n'est ni établi ni même allégué que ces derniers seraient dans l'incapacité de poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine alors qu'aucun motif ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale en Algérie. Compte tenu du jeune âge des enfants, et dès lors que la décision n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. B de ceux-ci ou de l'empêcher de pourvoir à leur éducation et leurs intérêts matériels et moraux, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté. En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : 9. L'illégalité de la décision portant refus de son certificat de résidence n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté. En ce qui concerne la décision portant détermination du pays d'éloignement : 10. Ainsi qu'il a été indiqué au point précédent, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de son certificat de résidence, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant détermination du pays d'éloignement doit être écarté. 11.Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Sur les conclusions accessoires : 12.Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. B ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :Article 1er : La requête de M. B est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise. Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :Mme Coblence, présidente,Mme Fléjou, première conseillère,et M. Goupillier, premier conseiller, assistés de Mme Charleston, greffière.Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.Le rapporteur,signéC. CLa présidente,signéE. CoblenceLa greffière,signéD. CharlestonLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.- 2 -No 2205239

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