mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2205786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BUYNOWS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2018-230 du 30 mars 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Casa Verde a embauché Mme B C, par un contrat à durée déterminée conclu du 14 juin 2021 au 31 août 2021, puis par un contrat à durée indéterminée conclu le 1er septembre 2021. Le 16 octobre 2021, la SARL Casa Verde a formulé une demande d'aide dans le cadre du dispositif expérimental " emplois francs " concernant l'embauche de cette salariée. Par une décision du 29 octobre 2021, Pôle Emploi a refusé de lui octroyer cette aide au motif que " le contrat à durée déterminée doit être d'une durée supérieure ou égale à 6 mois ". Le 23 décembre 2021, la société a formé un recours administratif à l'encontre de cette décision, implicitement rejeté. Par sa requête n°2205786, la société requérante demande l'annulation de ces décisions. Par une décision du 16 mai 2022, Pôle emploi a " annulé et remplacé " la décision du 29 octobre 2021 et a, de nouveau, rejeté la demande formulée par la société Casa Verde, pour le même motif. Par ses requêtes n°2210595, 2210596, la SARL Casa Verde demande l'annulation des décisions du 29 octobre 2021 ainsi que celle du 16 mai 2022 en tant qu'elle lui refuse le bénéfice de l'aide sollicitée.
Sur la radiation des registres du greffe du tribunal :
2. Le document enregistré sous le numéro 2210596 constitue en réalité un doublon de la requête présentée par la SARL Casa Verde et enregistrée sous le n°2210595. Par conséquent, ce document doit être rayé des registres du greffe du tribunal et joint à la requête n°2210595.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées à l'encontre de la décision du 29 octobre 2021 :
3. En premier lieu, par une décision du 13 mai 2022, intervenue postérieurement à l'introduction de la requête n°2205786, France Travail a annulé et remplacé la décision du 29 octobre 2021. Ce retrait est devenu définitif. Il s'ensuit que les conclusions de cette requête aux fins d'annulation et ainsi, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
4. En second lieu, par sa requête n°2210595, enregistrée le 13 juillet 2022, soit postérieurement au retrait de la décision du 29 octobre 2021, la SARL Casa Verde sollicite l'annulation de cette même décision, laquelle a disparu de l'ordonnancement juridique par son retrait devenu définitif. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation dirigées à l'encontre de cette décision ne peuvent qu'être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre de la décision du 13 mai 2022 en tant qu'elle porte refus d'octroyer l'aide sollicitée :
5. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. /() ". En l'espèce, la décision litigieuse du 13 mai 2022 comporte la mention des nom, prénom et qualité de son signataire, M. D A, directeur du service aux employeurs, accompagnée de sa signature. D'autre part, par l'article 29 d'une décision PS n°2022-01, M. D A a reçu délégation de signature de la directrice de Pôle Emploi à l'effet de " prendre les décisions relatives au bénéfice des aides à l'emploi ou à l'embauche pour le compte de Pôle emploi et pour le compte de l'Etat ". Par conséquent, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une part, d'un vice de forme en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et d'autre part, d'une incompétence de l'auteur de l'acte.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du décret n°2018-230 du 30 mars 2018 relatif à l'expérimentation d'emplois francs : " Pour l'attribution de l'aide prévue à l'article 4, l'employeur doit satisfaire aux conditions suivantes : 1° Etre à jour de ses obligations déclaratives et de paiement à l'égard de l'administration fiscale et des organismes de recouvrement des cotisations et des contributions de sécurité sociale ou d'assurance chômage, ou avoir souscrit et respecter un plan d'apurement des montants restant dus ; 2° Ne pas avoir procédé, dans les six mois précédant l'embauche, à un licenciement pour motif économique sur le poste pourvu par le recrutement en emploi franc. L'employeur doit rembourser le cas échéant à l'Etat l'intégralité des sommes qui ont été perçues au titre de l'aide financière s'il apparaît que le recrutement d'un salarié en emploi franc a pour conséquence le licenciement d'un autre salarié ; 3° Ne pas bénéficier d'une autre aide de l'Etat à l'insertion, à l'accès ou au retour à l'emploi versée au titre du salarié recruté en emploi franc ; 4° Le salarié recruté en emploi franc ne doit pas avoir appartenu à l'effectif de l'entreprise au cours des six derniers mois précédant la date d'embauche sauf dans les cas prévus au II de l'article 6. Le salarié recruté en emploi franc doit être maintenu dans les effectifs de l'entreprise pendant six mois à compter du premier jour d'exécution du contrat ".
7. Aux termes de l'article 6 du même décret : " I. - Le montant de l'aide financière pour le recrutement d'un salarié en emploi franc à temps complet est égal à : 1° 5 000 € par an, dans la limite de trois ans, pour un recrutement en contrat à durée indéterminée ; 2° 2 500 € par an, dans la limite de deux ans, pour un recrutement en contrat à durée déterminée d'au moins six mois. II. Lorsque le contrat de travail à durée déterminée ayant ouvert droit à l'aide est renouvelé pour une durée d'au moins six mois, l'employeur continue de bénéficier de l'aide, dans la limite totale de deux ans fixée au 2° du I. du présent article. Lorsque, pour un même salarié, un contrat de travail à durée indéterminée succède à un contrat de travail à durée déterminée ayant ouvert droit à l'aide, l'employeur continue de bénéficier de l'aide, dans la limite totale de trois ans fixée au 1° du I. du présent article. Le montant de l'aide versée au titre de la période effectuée dans le cadre du contrat de travail à durée indéterminée est calculé conformément au 1° du I. du présent article. III. - Le montant de l'aide est proratisé en fonction de la durée effective du contrat de travail si le contrat de travail est interrompu en cours d'année civile et de la durée de travail hebdomadaire, lorsque cette durée est inférieure au temps plein. Il tient également compte des périodes d'absence du salarié qui n'ont pas donné lieu au maintien de la rémunération ".
8. En l'espèce, il est constant que la société Casa Verde a recruté Mme C au titre d'un contrat à durée déterminée conclu du 14 juin 2021 au 31 août 2021, puis au titre d'un contrat à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2021. Or, il résulte des dispositions précitées que pour bénéficier du versement de l'aide pour emploi franc pour un salarié déjà présent dans les effectifs de l'entreprise avant la date de la demande, ce dernier doit avoir bénéficié d'un contrat à durée déterminée ayant lui-même ouvert droit au bénéfice de cette aide. Par conséquent, en refusant à la société Casa Verde le bénéfice de l'aide emploi franc au motif que le contrat à durée déterminée de Mme C était d'une durée inférieure à six mois, France travail n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SARL Casa Verde au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans l'instance n°2205786.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme réclamée par la SARL Casa Verde dans l'instance n°2210595 soit mise à la charge de France Travail, qui n'est pas la partie perdante en l'espèce.
D É C I D E :
Article 1er : Les productions enregistrées sous le n°2210596 sont rayées du registre du greffe du tribunal pour être jointes à la requête n°2210595.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête n° 2205786.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n°2205786 est rejeté.
Article 4 : La requête n°2210595 est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Casa Verde et à France travail Services.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
Mme Fabas, conseillère ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
T. Debourg
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, le greffier
N°2205786, 2210595, 2210596
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026