vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2205830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DES LIGNERIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 avril 2022, 18 juillet et 19 septembre 2023, M. A et la société en nom collectif JAN, représentés par Me Des Ligneris, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision n°DM-2021-094 du 17 décembre 2021 par laquelle le maire de Colombes a décidé d'exercer son droit de préemption urbain sur les lots n°5, 35 et 36 d'une copropriété sise 8 place Louis Aragon à Colombes ensemble, la décision par laquelle le maire de Colombes a implicitement rejeté du recours gracieux exercé par M. B A ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colombes une somme de 4 000 euros pour M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article
L. 210-1 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 213-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est illégale dès lors que d'une part, elle n'est justifiée par aucun des objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme et que, d'autre part, la réalité du projet poursuivi n'est pas établie.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 mai et 10 août 2023, la commune de Colombes conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Garona, rapporteure publique,
- les observations de M. B F A, requérant et de M. C A, gérant de la SNC JAN,
- et les observations de Mme E, responsable du service des affaires juridiques et de M. D, juriste au sein du service des affaires juridiques, représentant la commune de Colombes sous couvert d'un mandat de représentation signé par le maire de Colombes.
Considérant ce qui suit :
1. Par une déclaration d'intention d'aliéner du 5 octobre 2021, la société civile immobilière ARC EN CIEL a fait connaître à la commune de Colombes son projet de cession des lots n°5, 35 et 36 d'une copropriété sise 8 place Louis Aragon à Colombes, à M. B F A, pour le prix de 980 000 (neuf cent quatre-vingt mille) euros. Par une décision du 17 décembre 2021, le maire de Colombes a décidé d'exercer sur ce bien son droit de préemption urbain. Le 27 décembre 2021, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été implicitement rejeté le 27 février 2022. Par la présente requête, M. A, acquéreur évincé, et la SNC JAN dont M. A est associé, demandent au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. Toutefois, lorsque le droit de préemption est exercé à des fins de réserves foncières dans le cadre d'une zone d'aménagement différé, la décision peut se référer aux motivations générales mentionnées dans l'acte créant la zone. () " Aux termes de l'article L. 300-1 de ce code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain () de permettre le renouvellement urbain () L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations. " Il résulte de ces dispositions que, pour exercer légalement ce droit, les collectivités titulaires du droit de préemption urbain doivent, d'une part, justifier, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, faire apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption.
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse est motivée par la volonté de la commune de proposer un nouveau projet de requalification urbaine en poursuivant notamment " une réflexion " sur le secteur d'implantation des lots préemptés, " notamment en termes de fonctions urbaines à maintenir, développer et introduire ". Si cette décision fait ainsi apparaître la nature du projet d'action ou d'opération d'aménagement poursuivi, à savoir le programme de rénovation urbaine, il ne ressort pas de ce programme qu'il envisagerait pour la période considérée, dans le secteur de la parcelle préemptée, un projet d'équipement, de logements ou même d'aménagement. En outre, ni le support de l'étude de la SEMAEST, ni l'étude urbaine du Petit Colombes/Grèves, ni aucune autre pièce du dossier ne fait ressortir l'existence d'un projet sur les lots préemptés. A cet égard, les pièces du dossier révèlent que la parcelle préemptée ne fait pas partie de la ZAC Marine 1 achevée, ni davantage de la ZAC Marine 2, en cours d'élaboration à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, la réalité, à la date de la décision de préemption, du projet d'action ou d'opération d'aménagement l'ayant justifiée ne peut être regardée comme établie pour cette parcelle.
4. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision du 17 décembre 2021 par laquelle le maire de Colombes a décidé de préempter les lots n°5, 35 et 36 d'une copropriété sise 8 place Louis Aragon à Colombes et de la décision du 27 février 2022 par laquelle le maire de Colombes a implicitement rejeté le recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas partie perdante, la somme demandée par la commune de Colombes au titre de ses frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Colombes, une somme globale de 1 500 euros qu'elle versera à M. A en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision n°DM-2021-094 du maire de Colombes en date du 17 décembre 2021 est annulée.
Article 2 :La commune de Colombes versera à M. A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B F A, à la SNC JAN, à la commune de Colombes et à la SCI Arc en Ciel.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
Mme Zaccaron Guérin, première conseillère,
Mme Beauvironnet, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
C. Zaccaron Guérin La présidente,
S. Edert
La greffière,
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 22058302
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026