mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206055 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022, Mme D A, représentée par Me Rochiccioli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande et de la munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les dispositions alors en vigueur de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux critères d'admission exceptionnelle au séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012, cette même circulaire lui est opposable dès lors qu'elle a fait l'objet d'une publication ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'intensité de ses liens privés et familiaux en France ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant un délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'éloignement ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort tenu de fixer un délai de départ volontaire de trente jours ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions, alors en vigueur, du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 9 juin 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête n'appelle aucune observation particulière de sa part.
Par une ordonnance du 17 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juin suivant.
Vu :
- la décision n° 2020/012791 du 31 janvier 2022 prononçant l'admission à l'aide juridictionnelle totale ;
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante ivoirienne née le 1er janvier 1979, est entrée en France le 22 octobre 2017, selon ses déclarations. Elle a sollicité le 3 septembre 2020 son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 5 novembre 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui réside depuis 2017 en France, est la mère de trois enfants qui habitent avec elle, dont deux enfants mineurs. L'un né en 2008, scolarisé en France depuis le 7 novembre 2017, et l'autre né le 1er août 2013, également scolarisé depuis la rentrée scolaire 2017/2018. L'aînée, âgée quant à elle de 19 ans et titulaire d'une bourse d'études, suit des études au lycée professionnel dans le domaine des soins à la personne. En outre, le père des deux aînés de la fratrie est décédé. Par ailleurs, l'intéressée justifie à la date de la décision, pour une période de treize mois, de deux emplois à temps partiel auprès de particuliers, lui procurant un total de revenus mensuels moyen d'environ 500 euros nets. Enfin, il ressort de l'attestation de la délégation des Hauts-de-Seine de l'Ordre de Malte que l'intéressée effectue depuis 2017 des activités bénévoles au profit de l'Ordre de Malte, consistant en l'accueil hebdomadaire d'enfants et mères. Dans les circonstances particulières de l'espèce, en particulier au regard du parcours scolaire des enfants de l'intéressée en France, ainsi que, pour deux d'entre eux, de l'absence d'attaches familiales dans leur pays d'origine, la décision de refus de séjour porte au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive au regard des buts qu'elle poursuit. Par suite, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du préfet des Hauts de Seine refusant de délivrer un titre de séjour à Mme A doit être annulée. Par voie de conséquence, il y a lieu d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le délai de départ volontaire à trente jours.
Sur les autres conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Le motif d'annulation implique nécessairement, en l'absence de changement de circonstances de fait, que soit délivré à Mme A un titre de séjour. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à l'intéressée un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Rochiccioli de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 novembre 2020 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Rochiccioli une somme de 1 000 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Rochiccioli et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme Garona, première conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
L. C Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206055
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026