vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ZOUBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2022, Mme C B, épouse E, représentée par Me Zouba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de faire droit à sa demande de titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa demande, le tout dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que l'arrêté en litige a été abrogé par une décision du 23 décembre 2022.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, épouse E, ressortissante algérienne née le 13 septembre 1989, est entrée en France le 14 septembre 2018, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ". L'intéressée a sollicité le 21 octobre 2021 la délivrance d'un certificat de résidence algérien au titre de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 29 avril 2022, dont Mme B, épouse E, demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Par un arrêté du 23 décembre 2022, le préfet du Val-d'Oise a abrogé l'arrêté attaqué.
Sur l'exception de non-lieu :
2. S'il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la décision attaquée a été abrogée par un arrêté du 23 décembre 2022, ce dernier arrêté n'est pas devenu définitif à la date du présent jugement. Dès lors, les conclusions de la requête ne sont pas devenues sans objet. Par suite, il y a lieu d'y statuer.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat de mariage et des avis d'imposition produits par l'intéressée, que Mme B, épouse E, a épousé le 25 octobre 2019 un compatriote titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle vit depuis lors, et dont l'intéressée était enceinte de cinq semaines à la date de l'arrêté en litige. Dans ces conditions, au regard de la durée de vie commune de deux ans et demi ainsi que de l'état de grossesse de l'intéressée, la décision refusant de lui délivrer un certificat de résidence algérien, qui porte au droit de Mme B, épouse E, au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, méconnaît les stipulations précitées.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du préfet du Val d'Oise refusant de délivrer un certificat de résidence à Mme B, épouse E, doit être annulée. Par voie de conséquence, il y a lieu d'annuler les décisions subséquentes portant obligation de quitter le territoire et fiant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le motif d'annulation implique nécessairement que le préfet du Val-d'Oise, ou le préfet territorialement compétent, délivre à Mme B, épouse E, un certificat de résidence algérien au titre de sa vie privée et familiale. Il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée s'est vu délivrer un tel document de séjour à la date du présent jugement. Il y a donc lieu, en l'absence de changement de circonstances de fait, d'enjoindre au préfet de délivrer à l'intéressée un tel certificat de résidence, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B, épouse E, et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 avril 2022 du préfet du Val-d'Oise est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à Mme B, épouse E, un certificat de résidence algérien dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, conformément au point 6.
Article 3 : L'État versera à Mme B, épouse E, une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, épouse E, et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme Garona, première conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
L. D Le président,
Signé
L. Buisson
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206518
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026