vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BRINDEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Brindel, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la restitution de la somme de 2 000 euros correspondant aux acomptes versés pour le paiement de la pénalité appliquée à la SARL Green Side France, sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts, dont elle s'est acquittée en sa qualité de codébitrice solidaire, au titre du 3. du V de l'article 1754 du même code ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision rejetant sa réclamation préalable est insuffisamment motivée ;
- elle est en droit d'obtenir le remboursement de la somme dont elle s'est acquittée, dès lors que la pénalité dont elle était codébitrice solidaire a fait l'objet d'une remise sur le fondement de l'article 1756 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Green Side France, dont Mme A était la gérante, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 11 janvier 2016 au 31 mars 2018, étendue jusqu'au 30 septembre 2019 en matière de taxe sur la valeur ajoutée, à l'issue de laquelle l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 7 janvier 2021, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2017 et 2018 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période 1er avril 2016 au 30 septembre 2019. Par ailleurs, dans le cadre de cette proposition de rectification, le service vérificateur a, en application de l'article 117 du code général des impôts, demandé que lui soient désignés les bénéficiaires des revenus distribués par cette société. En l'absence de réponse, l'administration fiscale a, par un courrier du 18 février 2021, informé la SARL Green Side France de l'application de l'amende pour distribution occulte prévue à l'article 1759 du code général des impôts, d'un montant de 50 430 euros. Par un avis de mise en recouvrement du 17 mai 2021, l'amende pour distribution occulte susmentionnée a été mise à la charge de Mme A, sur le fondement du 3. du V de l'article 1754 du même code, en sa qualité de débitrice solidaire des amendes dues par la société, à hauteur du montant non acquitté, à savoir 40 892 euros. Mme A a, entre le 13 octobre 2021 et le 13 janvier 2022, procédé au paiement de cette amende, à hauteur d'une somme de 2 000 euros. Une procédure de liquidation judicaire ayant été ouverte à l'encontre de la SARL Green Side France, par un jugement du Tribunal de commerce de Pontoise, en date du 17 janvier 2022, la requérante a, par une réclamation du 24 février 2022, demandé à l'administration de lui restituer la somme de 2 000 euros, en se prévalant des dispositions de l'article 1756 du code général des impôts. Cette réclamation a été rejetée par l'administration fiscale par une décision du 10 mars 2022. Mme A demande au Tribunal de de prononcer la restitution de la somme de 2 000 euros correspondant aux acomptes versés pour le paiement de la pénalité appliquée à la SARL Green Side France, sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts, dont elle s'est acquittée en sa qualité de codébitrice solidaire, au titre du 3. du V de l'article 1754 du même code.
Sur les conclusions aux fins de restitution :
2. Les irrégularités susceptibles d'avoir entaché la décision de rejet de la réclamation par laquelle le contribuable a demandé la restitution d'une somme versée en paiement d'une pénalité fiscale est sans incidence sur le bien-fondé de cette demande de restitution. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet du 10 mars 2022 ne peut qu'être écarté comme inopérant.
3. Aux termes de l'article 1759 du code général des impôts : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées () ". Aux termes du 3. du V de l'article 1754 de ce code : " Les dirigeants sociaux mentionnés à l'article 62 et aux 1°, 2° et 3° du b de l'article 80 ter ainsi que les dirigeants de fait gestionnaires de la société à la date du versement ou, à défaut de connaissance de cette date, à la date de déclaration des résultats de l'exercice au cours duquel les versements ont eu lieu, sont solidairement responsables du paiement de l'amende prévue à l'article 1759. ". Aux termes de l'article 1756 du même code : " I. - En cas de sauvegarde ou de redressement ou de liquidation judiciaires, les frais de poursuite et les pénalités fiscales encourues en matière d'impôts directs et taxes assimilées, de taxes sur le chiffre d'affaires et taxes assimilées, de droits d'enregistrement, taxe de publicité foncière, droits de timbre et autres droits et taxes assimilés, de retenue à la source prévue à l'article 204 A, dus à la date du jugement d'ouverture, sont remis, à l'exception des majorations prévues aux b et c du 1 de l'article 1728 et aux articles 1729 et 1732 et des amendes mentionnées aux articles 1737 et 1740 A ainsi qu'aux 3° et 4° de l'article 1759-0 A () ".
4. Mme A demande la restitution de la somme de 2 000 euros qu'elle a acquittée, au titre de la solidarité de paiement prévue par les dispositions du 3. du V de l'article 1754 du code général des impôts, en paiement de la pénalité appliquée à la SARL Green Side France sur le fondement de l'article 1759 de ce code. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette somme a été acquittée au moyen de paiements intervenus entre les 13 octobre 2021 et 13 janvier 2022, avant l'ouverture de la procédure de liquidation judiciaire de la SARL Green Side France, prononcée par un jugement du Tribunal de commerce de Pontoise du 17 janvier 2022. Dès lors, cette somme de 2 000 euros n'étant, à cette dernière date, plus due, elle ne pouvait faire l'objet de la remise prévue à l'article 1756 du code général des impôts.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de restitution présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026