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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2206910

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2206910

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2206910
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDEVAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2022, M. B, représenté par Me Deval, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son certificat de résidence et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de lui délivrer un titre de séjour.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Oriol, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Deval, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 1er mars 1989, déclare être entré en France en janvier 2018. Il a bénéficié d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 25 septembre 2020. Le 29 septembre 2020, il a sollicité son renouvellement sur le fondement des stipulations du g) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de faire droit à cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par un arrêté n° 22-073 du 28 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.

3. En second lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / () Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins, à l'échéance de son certificat de résidence d'un an ; / () ". Selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. B, qui déclare résider en France depuis 2018, se prévaut de sa vie familiale auprès de sa compagne et de sa fille A née le 7 décembre 2018 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ainsi que de son insertion professionnelle. Toutefois, alors que M. B ne vit pas avec sa fille, il n'apporte aucun élément lui permettant de justifier d'une communauté de vie avec sa compagne, tandis que la mère de sa fille a déposé plainte contre lui le 12 octobre 2021 pour violences conjugales en présence de leur enfant. Par ailleurs, s'il a créé le 15 décembre 2019 une entreprise individuelle de coursier à vélo, M. B ne justifie pas des revenus qu'il en aurait tirés. S'il fait en outre état d'un contrat à durée déterminée conclu avec l'hôtel Oasis établi à Drancy (Seine-Saint-Denis), celui-ci n'a été signé que le 10 mai 2022, postérieurement à la date de l'arrêté attaqué. De plus, M. B ne justifie d'aucun effort d'insertion abouti et ne conteste pas que ses parents et sa sœur résident en Algérie. Enfin, M. B ne conteste pas les termes de l'arrêté attaqué selon lesquels il a fait l'objet de condamnations pénales, en dernier lieu pour vol en réunion, ce qui lui a valu une condamnation du tribunal correctionnel de Paris, le 20 novembre 2019, à quatre mois d'emprisonnement. Eu égard au caractère récent de cette dernière condamnation et aux nombreuses inscriptions de M. B au fichier " traitement d'antécédents judiciaires " (TAJ) produit en défense, le préfet du Val-d'Oise a pu à bon droit se fonder sur la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire français pour lui refuser le renouvellement de son certificat de résidence, sans porter une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, et dès lors en outre que la commission du titre de séjour a émis le 18 février 2022 un avis défavorable à la poursuite de son séjour en France, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en décidant de ne pas renouveler son certificat de résidence et de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

Mmes C et Gay-Heuzey, conseillères,

Assistées de Mme Ricaud, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé

C. ORIOL

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L. C

La greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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