jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | GALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 17 mai 2022 et 17 mai 2023, M. A B, représenté par Me Gall, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 17 mars 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Montrouge a rejeté sa demande tendant au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter de la requalification de sa demande d'asile en procédure normale ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 17 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu :
- l'ordonnance n° 2207029 du 2 juin 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Weiswald a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 30 mai 1973, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 21 février 2019 en procédure dite " Dublin " par les services de la préfecture des Yvelines. Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Par un arrêté du 29 mai 2019, le préfet des Yvelines a prononcé son transfert vers l'Espagne. Après l'avoir informé, par un courrier du 21 novembre 2019, de son intention de suspendre les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait et l'avoir invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours, la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge a suspendu, par une décision du 25 juin 2020, le bénéfice de ces conditions au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à ces autorités. A l'expiration du délai de transfert, M. B s'est présenté auprès des services préfectoraux et sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée le 22 février 2021. Par un courriel du 16 février 2022, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, demande qui a été rejetée par une décision du 17 mars 2022 de la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Le bénéfice de l'aide juridictionnelle a été accordé à M. B par une décision du 17 octobre 2022. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision en litige, qui vise notamment les dispositions de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la décision du Conseil d'État n° 428530 en date du 31 juillet 2019, point 18, mentionne que M. B ne justifie pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII. Elle énonce également que l'examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale effectué le 22 février 2021 ne permet de donner une suite favorable à sa demande. Ainsi, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée rappelée au point précédent ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B, le directeur territorial de l'OFII à Montrouge n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle au regard notamment de sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
6. M. B soutient que sa situation de vulnérabilité n'a pas été prise en considération dès lors qu'il ressort du certificat médical établi le 4 mai 2022 par un médecin généraliste qu'il produit à l'appui de sa requête qu'il souffre de plusieurs pathologies chroniques, à savoir un diabète de type 2, une infection au virus de l'hépatite B, un psycho traumatisme en lien avec les violences subies dans son pays et une incontinence urinaire avec impériosité mictionnelle. Toutefois, ce certificat médical, qui est postérieur à l'intervention de la décision attaquée, ne permet pas, compte tenu des termes dans lesquels il est rédigé, d'évaluer la gravité de son état santé. En outre, l'intéressé n'établit pas qu'en l'absence de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, il ne pourrait plus bénéficier d'un traitement et d'un suivi médical adapté à ses pathologies alors qu'à la date de la décision attaquée, il disposait d'une attestation de demandeur d'asile en cours de validité qui lui ouvre droit à une prise en charge médicale. Par ailleurs, l'intéressé, dont la situation a été évaluée lors de son passage en guichet unique le 21 février 2019, a bénéficié préalablement à la décision litigieuse, d'une réévaluation de sa vulnérabilité réalisée par un agent de l'OFII le 22 février 2021 ainsi que par le médecin coordonnateur de la zone Île-de-France de l'OFII qui, dans son avis rendu par le 18 février 2022 a reconnu que son état de santé nécessitait une priorité pour un hébergement mais sans caractère d'urgence. Enfin, M. B, qui ne conteste pas sérieusement avoir omis de se rendre aux convocations que lui ont adressé les autorités chargées de l'asile pour les 23 et 29 octobre 2019, ne fournit aucune de précisions sur sa situation et ses conditions de vie entre la date de suspension de ses conditions matérielles d'accueil le 25 juin 2020, décision qu'il n'a au demeurant pas contestée, et sa demande de rétablissement le 16 février 2022. Par suite, le moyen tiré des erreurs de fait dont serait entachée la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil attaquée doit être écarté.
7. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, la décision attaquée n'a pas davantage méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en date du 17 mars 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge lui a refusé le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. Weiswald et Mme D, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
J.-B. Weiswald
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026