jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | PAEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2022, M. A B, représenté par Me Paëz, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Montrouge a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif pour la période allant du 23 février 2021 au 25 novembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif à compter du 24 février 2021 ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 17 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Weiswald, rapporteur ;
- les observations de Me Paëz, représentant M. B ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant afghan né le 10 janvier 1993, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 12 juin 2018 en procédure dite " Dublin " par les services de la préfecture de police de Paris qui a été requalifiée en procédure dite " normale " par les services de de la préfecture des Hauts-de-Seine le 7 septembre 2018. Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date jusqu'en janvier 2021. Sa demande d'asile ayant été rejeté par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 26 mars 2019, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 9 décembre 2020, il a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été enregistrée le 18 février 2021 par la préfecture des Hauts-de-Seine en procédure dite " accélérée ". La demande de réexamen de sa demande d'asile, enregistrée par l'OFPRA le 24 février 2021 a été rejetée par le directeur général de cet établissement le 26 février suivant. Le 25 novembre 2021, il s'est vu attribuer le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la CNDA. Par un courrier du 18 janvier 2022, reçu par les services de l'OFII à Montrouge le 20 janvier 2022, il a sollicité l'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif pour la période allant du 23 février 2021 au 25 novembre 2021. Sa demande ayant été implicitement rejetée par la directrice territoriale de l'établissement, il demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Le bénéfice de l'aide juridictionnelle a été accordé à M. B par une décision du 17 octobre 2022. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, dont les dispositions sont applicables, sauf texte législatif contraire, à toute décision administrative qui doit être motivée en vertu d'un texte législatif ou réglementaire ou d'une règle générale de procédure administrative : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".
4. En l'espèce, il n'est ni établi ni même allégué que M. B a sollicité la communication des motifs de la décision implicite lui refusant l'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif dans les conditions prévues à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier qu'avant de refuser d'octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B, l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
7. Il résulte de ces dispositions que dès lors qu'un demandeur d'asile fait l'objet d'une décision de rejet définitif de sa demande d'asile, que cette décision ait été prise en France ou par un autre Etat-membre, l'OFII est fondé à lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil si l'évaluation de sa vulnérabilité n'y fait pas obstacle. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du mémoire présenté en défense par le directeur général de l'OFII, que, pour refuser de d'octroyer à M. B à titre rétroactif le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé, qui n'a produit aucun document attestant d'une vulnérabilité particulière à l'appui de sa demande, a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision en litige au regard des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant dès lors que cette décision n'a pas été prise sur le fondement de ces dispositions.
9. En cinquième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la situation de vulnérabilité de M. B a été évaluée au cours d'un entretien réalisé par un agent de l'OFII lors de son passage en guichet unique le 12 juin 2018. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, l'intéressé n'a produit aucun document attestant d'une vulnérabilité particulière à l'appui de sa demande d'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif présentée le 18 janvier 2022. Enfin, le requérant ne fournit aucune précision sur sa situation et ses conditions de vie entre la date à laquelle il a cessé de percevoir les conditions matérielles d'accueil, à compter du 1er février 2021 et celle à laquelle il a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, le 25 novembre suivant, ainsi que sur les raisons pour lesquelles il ne s'est pas manifesté auprès des autorités pendant cette période de près de dix mois. Dans ces conditions, en prenant la décision contestée, la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge ne saurait être regardée comme ayant méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ou comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge lui a refusé l'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. Weiswald et Mme D, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
J.-B. Weiswald
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026