mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022, M. B A, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision, en date du 9 mai 2022, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Cergy refusé de rétablir à son égard le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir rétroactivement dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros HT, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'irrégularités de procédure tirées de l'absence de prise en considération de sa vulnérabilité et de l'absence de formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien ;
- elle a été prise en application de l'arrêté du 23 octobre 2015 fixant le contenu du questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile qui méconnaît les dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le questionnaire ne comporte pas de questions visant à identifier effectivement les personnes vulnérables ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la modulation du degré de cessation des conditions matérielles d'accueil, en méconnaissance de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête, comme mal fondée.
Par une décision du 13 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- l'ordonnance n° 2207477 du 3 juin 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Huon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant afghan né le 25 mars 1986, a présenté une demande d'asile, le 25 juin 2020, enregistrée en guichet unique en procédure dite " Dublin ". Le même jour, M. A a accepté l'offre de prise en charge par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 6 novembre 2020, le directeur territorial de l'OFII de Cergy a suspendu à son égard le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait depuis l'enregistrement de sa demande d'asile au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. Le 15 février 2022, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée par les services de la préfecture du Val-d'Oise. Par courriel du 14 mars 2022, il a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil, demande qui a été rejetée par une décision du 9 mai 2022 du directeur territorial de l'OFII de Cergy. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 13 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, les conclusions du requérant tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
4. La décision attaquée a été prise au visa de l'article 20.1 de la directive accueil n°2013/33/UE du 26 juin 2013, de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la décision du Conseil d'État n° 428530 du 31 juillet 2019, au motif que M. A n'avait " pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile " en s'abstenant de se présenter à deux convocations, les 17 août 2020 et 4 septembre 2020. Toutefois, le requérant, qui au demeurant démontre s'être présenté à dix convocations, entre le 26 octobre 2020 et le 1er mars 2021, soutient ne jamais avoir été informé des deux convocations en cause. A supposer que l'OFII ait entendu faire valoir que l'intéressé ne s'est pas présenté à la convocation en vue de son transfert aux autorités autrichiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile, la seule production, d'une part, d'un extrait du fichier AGDREF faisant mention de ce que l'intéressé a manqué deux convocations et a été déclaré en fuite le 7 septembre 2020, et, d'autre part, de la fiche d'informations relatives à la prolongation des délais de transfert faisant mention de ce que l'intéressé a été déclaré en fuite, ne permet pas d'établir que ce dernier aurait été régulièrement convoqué. Par ailleurs, si l'OFII souligne qu'à la date de la décision attaquée, M. A n'était plus titulaire d'une attestation de demande d'asile, la possession de cette attestation constitue une condition du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, mais pas un motif de retrait ou de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil dans leur globalité, qui comprennent, en complément de l'allocation susmentionnée, une proposition d'hébergement. Dans ces conditions, dès lors que l'OFII ne justifie pas de l'existence d'un manquement précis reproché à l'intéressé, c'est à tort que l'administration a estimé que M. A n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de M. A et de la présentation d'une attestation de demande d'asile valide, il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date à laquelle il a refusé d'en rétablir le versement, le 9 mai 2022, jusqu'à la date à laquelle M. A a cessé de remplir les conditions pour en bénéficier, et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 000 euros qui sera versée à Me de Sèze, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 9 mai 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Cergy a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'OFII, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de M. A et de la présentation d'une attestation de demande d'asile valide, de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date à laquelle il refusé d'en rétablir le versement et jusqu'à la date à laquelle M. A a cessé de remplir les conditions pour en bénéficier, et ce, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il y a lieu de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me de Seze, de la somme de 1 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à B A, à Me de Seze, représentant M. A, et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 22 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026