vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2207499 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 avril 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours préalable dirigé contre la décision du 8 février 2022 du directeur territorial de l'OFII de Cergy refusant de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ensemble cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas bénéficié d'un entretien visant à évaluer sa situation de vulnérabilité ;
- à supposer qu'elle ait bénéficié d'un tel entretien, il n'est pas démontré que l'agent l'ayant mené avait reçu une formation spécifique à cette fin, conformément aux dispositions de l'article L. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision contestée a été prise en application de l'arrêté du 23 octobre 2015 fixant le contenu du questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile qui méconnaît les dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le questionnaire ne comporte pas de questions visant à identifier effectivement les personnes vulnérables ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des articles L. 551-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle n'a pas été informée des modalités de refus ou de retrait des conditions matérielles d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle n'a pas refusé l'orientation en région qui lui a été proposée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 17 octobre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 23 octobre 2015 fixant le contenu du questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante haïtienne née le 2 septembre 1983, a présenté une demande d'asile en France qui a été enregistrée le 8 février 2022 en procédure normale. Par une décision du même jour, le directeur territorial de l'OFII de Cergy a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par un courrier du 5 avril 2022, Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, recours qui a été rejeté par une décision du directeur général de l'OFII du 19 avril 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise les articles L. 551-15, D. 551-17 et
L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle que les conditions matérielles d'accueil ont été refusées à Mme B au motif que l'intéressée avait refusé sans motif légitime la proposition d'orientation en région de l'OFII. Elle ajoute qu'un examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale effectué n'a pas fait apparaître de motifs d'octroi des conditions matérielles d'accueil. Ainsi, la décision en litige, qui n'avait pas à reprendre tous les éléments caractérisant la situation de l'intéressée, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée est manifestement infondé.
Au vu de cette motivation, est également manifestement infondé le moyen tiré de ce que l'OFII ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de l'intéressée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicables à la date de la décision attaquée : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. / L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. / Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. ".
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'enregistrement de sa demande d'asile en guichet unique le 8 février 2022, Mme C a bénéficié, le même jour, d'un entretien destiné à évaluer sa vulnérabilité, lequel a été mené par un agent de l'OFII, comme en atteste le formulaire d'offre de prise charge qu'elle a signé et que produit le directeur général de l'OFII en défense. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure du fait de l'absence d'entretien visant à évaluer sa situation de vulnérabilité doit être écarté comme manifestement infondé.
6. En troisième lieu, aucune pièce du dossier ne permettant de tenir pour établi que cet entretien n'aurait pas été mené par une personne ayant reçu une qualification à cette fin, ce moyen n'est manifestement pas assorti des faits susceptibles de venir à son soutien.
7. En quatrième lieu, Mme B ne peut utilement invoquer à l'encontre de la décision attaquée l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 visé ci-dessus, qui ne constitue pas la base légale de cette décision et qui n'a pas davantage été prise pour son application.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. ". Aux termes de l'article L. 551-10 de ce code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. ". Aux termes de l'article D. 551-16 de ce code : " L'offre de prise en charge faite au demandeur d'asile en application de l'article L. 551-9 fait mention de la possibilité pour le demandeur d'asile de se voir refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou qu'il y soit mis fin dans les conditions prévues par les articles L. 551-15, L. 551-16 et D. 551-17 à R. 551-23. ".
9. Il ressort de l'offre de prise en charge signée le 8 février 2022 par Mme B que cette dernière a été informée dans une langue qu'elle comprend, le français, des conditions et modalités de refus des conditions matérielles d'accueil. Si elle affirme que la proposition d'orientation qu'elle a refusée lui a été faite antérieurement à l'information des conditions et modalités de refus des conditions matérielles d'accueil, ou encore qu'elle ne sait pas lire, elle n'apporte à l'appui de ces allégations aucun élément susceptible d'en démontrer la véracité. Dans ces conditions, ce moyen n'est manifestement pas assorti de faits manifestement susceptibles de venir à son soutien.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article () prend en compte la vulnérabilité du demandeur ".
11. Mme B soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions, dès lors qu'elle n'a pas refusé l'orientation en région qui lui a été proposée. Il ressort toutefois clairement de l'offre de prise en charge que l'intéressée a effectivement refusé cette orientation. Si elle fait valoir qu'elle n'a pas compris la proposition qui lui a été faite ni les conséquences d'un refus, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il vient d'être dit, que l'intégralité de la procédure devant l'OFII s'est déroulée en langue française, langue que la requérante a déclaré comprendre. Enfin, l'intéressée ne fournit aucun motif légitimant le refus de cette orientation, Dans ces conditions, les moyens énoncés ci-dessus ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête par Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au directeur général de l'OFII.
Fait à Cergy-Pontoise, le 25 octobre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026